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MHSC, Montpellier : le nouveau stade de Pérols, bientôt la concertation

Hérault Tribune Pro Reportage

Pourquoi le MHSC veut-il construire un stade de football à Pérols, à la place du centre commercial Shopping Promenade de Frey ? Alors que le projet va entrer en phase de concertation, le club détaille ses arguments.

Une concertation de juillet à septembre

Ça avance. La phase de concertation relative à la construction du nouveau stade de football Louis-Nicollin du MHSC (Ligue 1, 8e cette saison), projet porté directement par le club présidé par Laurent Nicollin, devrait débuter « courant juillet, pour se terminer fin septembre », indique le MHSC à Hérault Tribune. Les garantes de la concertation viennent d’être désignées : il s’agit de Nicole Klein et Sophie Giraud. Parmi les arguments que le MHSC compte mettre en avant, pendant cette concertation : « l’accessibilité du site, l’insertion environnementale du stade, les modalités et activités du stade », explique le club.

Un stade jugé vital par le club

Un nouveau stade est jugé vital pour le développement sportif et économique du MHSC. Et l’urgence ne date pas d’hier. « C’est un arrachement que de quitter La Paillade. C’est là-bas qu’on a créé le club. C’est là-bas qu’on a nous-mêmes construit la tribune en bois sur une butte en terre. Mais il faut vivre avec son temps », déclarait en 2016 Louis Nicollin, fondateur du club en 1974, décédé en juin 2017. L’objectif est de faire revenir un public familial, qui fait aujourd’hui défaut dans les travées du stade de la Mosson. Le stade actuel, obsolète, a certes accueilli les grandes heures du MHSC. Mais, en 2021, il ne répond plus aux attentes actuelles et futures des spectateurs. L’un des enjeux est donc de rajeunir le public, et de le féminiser davantage. D’après le document élaboré par le MHSC en vue de la concertation, que Hérault Tribune s’est procuré, le futur stade améliorera la « fan expérience », introduira des services digitaux et exploitera les ailes de match (avant et après), trois dimensions quasi absentes de l’actuel stade de La Mosson. L’équipement se voudra à la fois moderne, écoresponsable et culturel, sans folie architecturale. « On ne veut pas d’un stade qui clignote partout », glissait, non sans humour, Laurent Nicollin il y a quelques années.

Un outil pour sécuriser le business model du club

Le projet immobilier, construit sur des fonds exclusivement privés locaux (Groupe Nicollin, MHSC, François Fontès, GGL, FDI Tissot et Oc Santé…), ne prévoit pas de commerces, pour ne pas concurrencer le centre-ville, mais des restaurants, une crèche, un pôle médical, un hôtel et le musée du sport Louis-Nicollin. L’actuel stade de la Mosson devrait être réhabilité en pôle sportif, cette partie-là relevant de la Métropole de Montpellier, propriétaire de l’enceinte, et devant également faire l’objet d’une concertation publique. Le futur stade viendra sécuriser le business model du club. Il est censé développer les recettes de billetterie – lorsque les supporters pourront retourner au stade, une fois la crise sanitaire passée. Les quatre clubs de football français de Ligue 1 récemment dotés d’un nouveau stade- Lyon, Bordeaux, Nice et Lille – ont ainsi gagné en fréquentation par rapport aux anciennes enceintes, et ce dans des proportions significatives, fait valoir le MHSC : + 109 % pour Lille, + 24 % pour les Girondins de Bordeaux, + 115 % pour Nice et + 47 % pour l’Olympique Lyonnais.

Par ailleurs, l’exploitation directe du stade par le MHSC apportera au club une diversification de ses sources de revenus : merchandising, organisation de séminaires, concerts, autres manifestations sportives… Autre intérêt, une attractivité accrue vis-à-vis des partenaires, qui devraient être séduits par la localisation et la modernité de la future enceinte. Il s’agit de sortir d’une dépendance grandissante aux droits télévisuels, qui pèsent aujourd’hui 64 % du budget annuel (qui s’élève à 53 millions d’euros pour la saison 2020-2021). La récente déconvenue essuyée par les clubs professionnels français, avec le retrait du diffuseur Mediapro, doit servir de leçon pour l’avenir.

Enfin, le stade créera des actifs complémentaires au bilan. Pour l’instant, les principaux actifs sont le centre d’entraînement, acquis en 2011, et le prix des joueurs, par définition volatile. « Grâce aux revenus supplémentaires générés par le stade, le MHSC aura moins l’obligation ou la nécessité de vendre ses meilleurs joueurs pour équilibrer son budget, et pourra à terme jouer les premiers rôles dans le championnat de France », projette une source proche.

L’exemple de l’Olympique Lyonnais
Le Groupama Stadium de l’Olympique Lyonnais, inauguré en janvier 2016, a généré 70 à 100 millions d’euros de revenus supplémentaires, et, hors Covid-19, une progression de 60 % des recettes billetterie. « Tous les grands clubs européens deviennent propriétaires de leur stade ou le sont déjà, indique Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique Lyonnais. Ceux qui veulent maîtriser complètement la gestion du club doivent maîtriser complètement leur infrastructure. » Sans oublier les fortes retombées économiques (recettes fiscales et créations d’emplois) pour la métropole lyonnaise.

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