Stéphane Bordarier, la liberté dans la contrainte, à la Galerie Clémence-Boisanté Montpellier

Clémence Boisanté présente en permanence des tableaux de Stéphane Bordarier et plus particulièrement jusqu'au 2 juin, à l'occasion de l'exposition collective "It might as well be spring". Incursion dans l'univers de ce peintre nîmois…

Une volonté plastique, un processus de création…

Stéphane Bordarier a suivi un cursus en faculté de lettres. En matière artistique, il est autodidacte. A ses débuts, il a été intéressé par la peinture abstraite américaine des années 60, 70, par Rothko, Pollock. Et par certains artistes de Supports-Surfaces comme de BMPT et des autres mouvements d’avant-garde des années 60-70. Il a  côtoyé des artistes qui ont fait partie du groupe « Radical Painting », comme Phil Sims, ou proches de ce groupe, comme Ulrich Wellmann.

Il pratique une peinture non figurative, non narrative, qui s’attache au processus de réalisation sur la toile. Il accorde la primauté à la couleur. Il a d’abord été un peintre abstrait. Depuis plusieurs années, il tend sa toile sur le châssis et l’enduit de colle de peau fraîche et applique ensuite la couleur. Le temps de prise de la colle correspond à son temps de travail. La couleur est à moitié prise dans la substance. Son caractère de couleur est affirmé. son tableau est fini quand la colle de peau est prise. Il n’a pas la possibilité de revenir sur son tableau, de rajouter de la peinture par-dessus. Ayant peint son tableau à l’horizontale, il le redresse ensuite, et décide alors s’il le garde ou s’il le jette.

Des contraintes

Stéphane Bordarier se pose dès le début plusieurs contraintes, lorsqu’il crée un tableau. D’abord la colle de peau conditionne le temps qu’il passe sur chaque tableau ; c’est le temps de séchage qui détermine quand le tableau est fini. Ensuite les formats carrés. Il les pose à l’horizontale et tourne autour quand il peint. Il n’y a pas de haut ni de bas, pas de gauche ni de droite. Il a délibérément choisi toutes ces contraintes, et considère qu’elles lui donnent une grande liberté.

La marge blanche

Stéphane Bordarier assure ne pas peindre de monochromes ! Pour lui, les monochromes sont des découpes dans de la couleur pure. Ils appartiennent au passé. Ce n’est pas ce qu’il fait. Par exemple, il fabrique du violet de mars sur la toile ; il ne fait pas une découpe dans du violet de mars pur. Quand il travaille sa couleur sur la toile, il lui donne une qualité, une tension, qu’il obtient par la forme qu’elle prend. La partie non peinte donne la forme. La réserve – la marge – exprime son refus du monochrome. Il dit observer que les formes ne sont pas les mêmes en fonction des couleurs. 

Musique et vibration

Certains, comme la galeriste Clémence Boisanté, disent des peintures de Stéphane Bordarier qu’elles vibrent. Peut-être parce que le mélange avec la colle a donné une densité à la couleur, lui octroyant une certaine qualité picturale vibratoire. 

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Des proximités artistiques

« Il serait faux de lire un travail comme étant uniquement une démarche solitaire. Je me reconnais des proximités artistiques avec mon ami Italien Antonio Scaccabarozzi, malheureusement disparu, ou encore avec l’Allemand Ulrich Wellmann et la Suissesse Renée Lévi, par exemple », indique-t-il.

Pourquoi peindre ?

« Par la peinture, je creuse quelque chose qui a à voir avec moi et mon rapport au monde. Je dis mon rapport au monde dans un registre que les mots ne rempliraient pas. Ma peinture a un aspect politique. Il y a l’affirmation d’une éthique, d’une morale dans le travail. Je m’accorde avec cette idée Cézanienne qui consiste à vouloir dire la vérité en peinture », explique Stéphane Bordarier.

 

Informations pratiques

En permanence à la Galerie Clémence-Boisanté
10, boulevard Ledru-Rollin 
34000 Montpellier
Tel. : 04 99 61 75 67.

Galerie ouverte le mardi après-midi de 14h30 à 19h
et du mercredi au samedi de 11h à 12h30 et de 14h30 à 19h.

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