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TGV l’avenir de nos territoires…

Le débat public sur l'utilité, le tracé, les dessertes, les performances et les attentes…

Le débat public sur l’utilité, le tracé, les dessertes, les performances et les attentes diverses de la création d’une Ligne à Grande Vitesse en Languedoc Roussillon a posé ses pénates dans notre bonne ville d’Agde ce Mardi 14 Avril. Assistance peu nombreuse, hélas, mais interventions nombreuses et pertinentes du public. Est-ce l’absence des édiles qui a  freiné l’engouement populaire habituel pour une affaire d’une importance incontestable.

En effet, pas de Député Maire, pas de premier adjoint, pas d’adjoints du tout  comme si le tourisme et le confort des agathois n’était pas concerné par les transports du futur. Seul un vice-président de l’agglo chargé des transports a accueilli extrêmement sommairement les membres de la Commission idoine sans aucune excuse à propos de l’absence de ces élus et sans dire un mot sur l’intérêt de la Ville d’Agde et de la CAHM  pour une installation de dimension européenne créée pour tout le 21ème siècle et même au-delà. Curieux, pour le moins, et irresponsable devant l’enjeu.

Bref, ce sont des citoyens ordinaires et des représentants d’associations qui ont posé des questions ou fait valoir des points de vue souvent étayés par des arguments concrets.

L’unanimité s’est faite, et c’est tant mieux, sur l’exigence de la création d’une gare TGV dans une zone comprise entre Béziers et Agde, le long d’un tracé Sud longeant les structures actuelles des autoroutes A9 et A75, les anciennes routes nationales et la voie SNCF actuelle. La nécessité de dévier carrément cette voie vers la gare à créer s’est également bien faite sentir. Pour respecter la loi sur le développement durable et freiner la production de gaz à effet de serre, il est impératif de drainer vers cette nouvelle gare « Béziers Agde Méditerranée » les clients et usagers par des TER plutôt que par des trajets en véhicules automobiles.

Des différents scénarios présentés par RFF, deux ont plus particulièrement soulevés  l’intérêt des participants. Le premier avec la grande vitesse uniquement réservée aux TGV voyageurs, le second modulant cette vitesse pour accepter le passage des certains trains de Fret dont la caractéristique est d’être internationaux. Evidemment s’y ajoute les conditions financières différentes suivant l’option choisie in fine.
Comme président de CiViC, j’ai exprimé une opinion franche pour une vitesse limitée 220 km/h, quand même, pour ce tronçon de voies entre Montpellier et Perpignan. Il faut savoir que de Perpignan vers l’Espagne ce sera la vitesse retenue ainsi que de Montpellier à Nîmes. Autant dire que de Barcelone à Nîmes la Ligne Grande Vitesse sera mixte avec des TGV et des trains de Fret. Ceux qui plaident pour les 350km/h le font pour un tronçon très court et peuvent contribuer à l’abandon d’une gare dans l’Est biterrois car la distance avec Montpellier est trop courte pour justifier l’arrêt des TGV européens. Le risque est là de vouloir trop grand et de tout perdre.

La bataille que nous devons mener est l’implantation de cette gare nouvelle entre Agde et Béziers, sur les territoires de Portiragne, Vias ou Cers dans la zone qui permettra une déviation totale de la ligne SNCF actuelle au moindre coût.
Nous savons que les migrations de population du Nord vers nos côtes méditerranéenne sont en grand développement. Nos villes et villages commencent à se saturer et s’obligent à multiplier les infrastructures et tous les réseaux à des coûts faramineux.
L’implantation intelligente de la nouvelle gare TGV peut devenir le Centre de la création d’une nouvelle agglomération moderne, écologique et rationnelle comme cela s’est fait ailleurs, en région parisienne notamment.

Dégagés des contraintes des villes anciennes-patrimoine historique, étroitesse des voies de circulation, manque de parcs paysagers, de parkings etc…cette cité à créer pourrait attirer des activités non polluantes créatrices d’emplois nouveaux. En fait cette affaire de LGV doit être l’occasion de réfléchir à un aménagement harmonieux du territoire et lutter contre l’extension sans fin de nos cités anciennes par la création de lotissement sans âmes et sans vrais services à la personne.

Il reste à convaincre les édiles de toutes collectivités de porter un regard conquérant pour satisfaire notre demande dans l’Ouest héraultais. Les forces économiques locales qui se sont exprimées ce soir-là ont bien compris l’enjeu. Mais la  CCI de Béziers St Pons et la Ville de Béziers optent pour la voie exclusivement « voyageurs ». J’y vois pour ma part une petite contradiction avec leur volonté de sauver l’aéroport Béziers Cap d’Agde.

Dans 20 ou 30 ans, l’avion aura pris « du plomb dans l’aile » les énergies fossiles seront en passe de disparaître. La traction électrique a, elle, de beaux jours à vivre qu’elle soit produite par le nucléaire ou par les énergies intermédiaires renouvelables. Restons raisonnables dans notre demande, sachant par ailleurs que la présence de trains Fret sur la ligne nouvelle entraîne des subventions très conséquente de l’Etat et de l’Europe alors que le seul trafic voyageurs sera condamné à s’autofinancer par le privé. La clientèle aura à payer cher le remboursement de ces investissements. Et ne sont pas les aides régionales et départementales qui seront à la hauteur de l’enjeu ; elles ont d’autres chats à …alimenter !

Louis-Paul DELPECH
Président de CiViC

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