Vécu, Béziers : Patrick, "au chômage, je me suis accordé un an pour voyager et je me suis trouvé"

Reportage

Patrick est un ancien cadre qui a très bien gagné sa vie durant de nombreuses années. Licencié lors d'un changement de gouvernance de son entreprise, disposant de la compensation confortable qu'elle lui a versé, il en profite pour se remettre en question et parcourir le monde.

Photo © Pexels / Pixabay.

Un temps de réflexion

“Lorsque j’ai été licencié, cela a été extrêmement douloureux pour moi, se souvient Patrick. J’ai fait une mini-dépression. Je me suis senti inutile, nul, même si je savais au fond de moi que l’on ne m’avait pas viré pour manque de compétences. C’était juste une stratégie d’entreprise. Puis un jour, après avoir touché le fond, je me suis dit que plutôt que de me lamenter, je ferais mieux de profiter de cette situation, de la considérer comme une opportunité. Après tout, je disposais désormais de tout mon temps ! Alors autant l’utiliser pour faire ce que je n’avais pas eu le temps de faire toutes ces années : penser à moi.

“Les premiers temps, je me suis reposé à fond. J’ai beaucoup réfléchi à ce qui me ferait du bien et j’ai compris que j’allais enfin pouvoir étancher ma soif de voyages. J’ai eu envie de découvrir le monde, de rencontrer des gens vrais, pas formatés par le cadre et les codes de l’entreprise, d’explorer des cultures… et peut-être, à cette occasion, d’en apprendre davantage sur moi”.

carte du monde

Financièrement, la compensation versée par mon entreprise à mon départ me permettrait de budgétiser ce projet. Alors j’ai décidé de me lancer. Célibataire, rien ne me retenait d’entreprendre ce périple”, s’enthousiasme Patrick.

En route pour l’aventure

Des injustices et atrocités

Il raconte : “Attiré par l’Inde, c’est le premier pays où je me suis rendu. J’en avais beaucoup entendu parler, j’avais beaucoup lu et vu de photos, mais rien ne m’avait préparé au choc que j’ai ressenti en arrivant à Calcutta. L’agitation, le bruit, la pollution, les couleurs vives des tenues, les sourires des gens, l’extrême misère… Tout cela se côtoyait et s’entrechoquait. J’ai été très touché par le sort de tous ces enfants pauvres des rues, orphelins pour la plupart, et par le système de castes qui exclut les ‘intouchables’. Toute cette injustice m’a permis de relativiser ma propre situation. Après tout, j’avais été licencié, mais j’avais une famille, des amis, et personne ne me considérait comme un paria ! Ça a été le premier enseignement de ce voyage”.

Des enfants pauvres en Inde © Billy Cedeno / Pixabay
© Billy Cedeno / Pixabay

Puis vient la Thaïlande… “Là, le contraste était encore plus saisissant entre riches et pauvres. Des villas de luxe de plusieurs centaines de mètres carrés avec piscine, Jacuzzi et domestiques, qui côtoient des bidonvilles et la prostitution des enfants, garçons et filles, vendus par leur famille. Le tourisme sexuel m’a particulièrement effaré. Il suffisait d’être assis à une terrasse de café pour observer le manège de certains touristes étrangers qui proposaient de l’argent à des enfants de 6 ans, avant de les emmener avec eux ! Ce séjour m’a énormément appris sur la nature humaine. Plus que tout, j’ai compris que la cause de l’enfance méritait d’être défendue”.

Des merveilles

“D’autres pays ont occasionné de fantastiques découvertes, se réjouit Patrick. Je n’y voyais que de la beauté, de belles personnes, de magnifiques paysages. En Mongolie par exemple. Les gens y mènent une vie simple, parfois très rude. Mais ils ne semblent pas connaître la tristesse.

Des cavaliers en Mongolie © Kanenori / Pixabay
© Kanenori / Pixabay

Pareil au Mexique. J’ai eu le bonheur de rencontrer des gens satisfaits de leur vie, pas comme les Français, qui sont dans une insatisfaction chronique. Des personnes éloignées de la société de consommation et qui n’en ressentaient pas le besoin. Des habitants très accueillants, avec un sens poussé de l’hospitalité”.

Autre expérience qui le marque : “Au Japon, j’ai appris à quel point le respect peut être une notion prédominante dans cette société : respect poussé des traditions, des aînés, de la propreté, des horaires des trains… Et ce raffinement qui constitue l’un des apanages de ce pays”.

L’heure du bilan

Revenu en France depuis un an, Patrick confie : “Au fil de mes nombreux voyages sur plusieurs continents, j’ai l’impression d’avoir énormément appris sur les autres et sur moi-même. J’ai décidé de ne plus vivre dans l’insatisfaction chronique, d’apprécier ma vie, de la savourer au lieu de la vivre à toute vitesse. Je pense que j’éviterai à l’avenir les pièges de la surconsommation”.

Il ajoute : Sur le plan professionnel, j’ai repris un poste à responsabilité… mais en télétravail. Cela me permet de ne plus avoir à prendre ma voiture matin et soir pour les trajets domicile-travail. Ainsi je gagne du temps et je suis plus détendu. Je me suis aménagé un espace de travail très agréable, qui me permet d’être concentré tout en étant dans le bien-être”.

Patrick évoque un engagement qui lui tient à cœur : Depuis six mois, je suis bénévole dans une association qui accompagne des enfants en danger ou qui ont subi des violences. J’essaie d’une certaine façon de réparer le mal qui leur a été fait, à ma modeste mesure”.

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Si comme Patrick vous souhaitez vous investir pour les enfants, voici quelques noms d’associations qui se consacrent à leur cause : Unicef, Enfance et Partage, SOS Villages d’enfants, La Voix de l’enfant

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