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VIAS - Visite du littoral de la côte Ouest de Vias

Madame Chaudoir, maire de Portiragnes, a proposé à l’association Agathe de visiter la reconstitution…

Madame Chaudoir, maire de Portiragnes, a proposé à l’association Agathe de visiter la reconstitution du cordon dunaire, dans ce quartier littoral de Vias. C’est la CAHM (Communauté d’Agglomération Hérault Méditerranée) qui supervise, es qualité, la réalisation de l’ensemble du projet qu’elle porte avec les communes de Portiragnes et de Vias. Une visite commentée par une spécialiste de l’écologie et des problématiques des territoires littoraux. En effet, c’est madame Drai, responsable du service Environnement et Développement durable de la CAHM qui s’est rendue disponible pour nous exposer les tenants et aboutissants de ce récent aménagement.

Ce jour-là, nous étions une dizaine de personnes, in situ, à l’écoute des explications relatives à la première tranche de travaux qui se sont achevés en juin 2015. Rappelons que le projet global fait partie des cinq expérimentations retenues par le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, comme suite à son appel à projets, lancé en 2012.

Nous nous étions donnés rdv à Portiragnes-plage, sur le parking du front de mer. Lieu qui se situe à proximité du site ciblé. En nous y rendant, nous avons découvert les nouveaux casiers, récemment implantés sur la commune de Portiragnes,  en lieu et place de l’ancien ‘’blockaus’’. Et les équipements, à l’identique, ancrés sur la commune de Vias, à proximité de l’ancien grau du Libron, côté ouest. C’est-à-dire : des ganivelles pour piéger le sable provenant de la mer ou porté par le vent, des filets provisoires pour le stabiliser, des plantes psammophiles pour stabiliser ledit sédiment, et des passages piétonniers pour permettre l’accès à la mer. Autrement dit, les techniques efficaces qui ont fait leur preuve depuis plus de trente ans. Les accumulations sableuses à l’intérieur des casiers, doivent être stabilisées par le système racinaire desdites plantes. Or, pour se développer, les racines ont besoin de temps. La biologie le démontre. Mais l’homme ne partage pas toujours sa logique. Il est trop pressé, car les enjeux économiques à court terme priment sur l’incontournable durabilité sur laquelle sont fondées ces techniques. Nous avons appris que, hormis l’oyat, la CAHM expérimente la plantation de plusieurs espèces constituant la flore idoine, comme la roquette de mer, la petite centaurée maritime, l’euphorbe des dunes, le panicaut maritime, la luzerne marine, ….

C’est côté Est dudit grau que démarre le linéaire aménagé. Lequel couvre un espace d’environ neuf cents mètres de long sur une distance totale de 3,4 km, que compte la côte Ouest. Nous avons emprunté un passage, aménagé pour les piétons, entre la dune reconstituée et le camping Méditerranée (cf. photo ci-jointe). Depuis le sommet dunaire, nous avions une vue sur l’ensemble du linéaire. Et nous avons pu constater la délimitation du DPM (Domaine Public Maritime). Lequel a été actualisé sur toute la zone. Ce qui est déterminant pour borner la bande des cent mètres imposée par la loi Littoral depuis 1986. Rappelons qu’en bordure du DPM, doit exister un sentier littoral que la loi de 1976 a repris d’un usage napoléonien du Code civil. Il s’agit d’une servitude, a minima de trois mètres, parfois surnommé le « sentier des douaniers ».

Chemin faisant, Mesdames Chaudoir et Drai explicitaient les éléments de fond que recouvrent les phénomènes dunaires, les effets des courants, les agitations de la houle, l’impact de la dérive littorale, les problématiques d’érosion et de submersion marines. Ainsi que les raisons à partir desquelles s’est fondée la décision de reconstituer le cordon dunaire. Et aussi, les moyens d’assurer la pérennité des ouvrages construits. Propos desquels se dégageaient la singularité et la complexité de la situation de la Côte Ouest. En fait, ce qui explique pourquoi il est indispensable de relocaliser les activités et les biens. Une vision que nous partageons depuis les effets induits par les tempêtes qui ont sévi sur notre littoral entre les 6 et 8 novembre 1982. Nous avons retrouvé, dans leurs commentaires des éléments de thèses développées, alors, par l’équipe de l’EID. Notamment par Didier Amadou, Didier Moulis et Pierre Barbel. Lesquels proposaient des techniques douces en cohérence avec les préconisations des experts scientifiques avec lesquels nous avons eu le privilège d’être en contact, à Vias. Je veux parler, surtout, de Roland Paskoff et de Paul Durand.

A priori, il fallait déterminer l’échelle naturelle pertinente, selon laquelle une approche globale pouvait être envisagée. Et comment reconstituer cet écosystème dont il s’agissait d’assurer la qualité à long terme. Un sacré pari ! Relevé par la CAHM avec l’aide d’AgroParisTech. Une fois validée, une démarche prospective devait suivre pour prendre en compte, de façon efficiente, la gestion des risques. Et ce, compte tenu des enjeux que représentent les territoires littoraux, dont le bord littoral de Vias, et les aléas concernés : l’érosion et la submersion marines.

Après les intempéries de septembre 2015, certains médias se sont fait l’écho de propos polémiques au sujet des équipements précités. Les 8 M€ investis dans la première tranche, sur les 24 M€ (1) que représente le coût total du projet, étaient soi-disant partis à la mer. Dudit équipement, il ne restait plus rien … Eh bien, que chacun soit rassuré, la totalité du linéaire est bien en place ! Bien sûr, les végétaux plantés à l’intérieur des casiers ne sont pas assez développés pour jouer leur rôle. Bien sûr l’entretien de ce nouveau massif dunaire va faire l’objet, à chaque exercice, de l’attribution d’un budget conséquent. Chaque hiver, effectivement, la houle sévit, et des réparations s’imposent. Les autochtones et les pêcheurs le savent bien. 

Chaque printemps amène un nouveau profil de plage, dont un trait de côte modifié. Avec le temps, la végétation se développera à l’intérieur des casiers, et la plage sur tout le linéaire retrouvera son profil naturel. C’est ce qu’il faut souhaiter. Et c’est ce qui permettra au cordon dunaire de jouer son rôle de protection naturelle des terres adjacentes. Lesquelles, sachons-le, présentent une côte IGN beaucoup plus basse que celle du cordon dunaire. A fortiori dans les cuvettes ou dans les zones humides. Dont certaines devront être comblées, voire remblayées.
Hormis la reconstitution du cordon dunaire sur tout le bord littoral de la côte Ouest, plusieurs types de travaux sont indispensables : enlèvement de bungalows, d’enrochements, de réseaux ; rechargement de la plage en sable, environ 60 000 m3, et bien d’autres contraintes que nous n’avons pas retenues. Quant aux deux tranches de travaux  suivantes, elles sont programmées en 2017 et 2018.

Sincèrement, cette visite nous a fait prendre conscience de l’ampleur de la tâche. Ce qui nous renvoie aux problèmes humains, induits. Notamment par la relocalisation des activités et des biens. Déjà, certains campings ont accepté de perdre des emplacements. Et, par ailleurs, on comprend l’attachement à leur patrimoine de certains propriétaires. Il s’agit pour la plupart d’un lien affectif puissant tissé par la transmission de plusieurs générations. Au départ, ce fut une impulsion onirique. Un havre de paix dans un site naturel, à proximité de la mer. C’est devenu, par la suite, source de conflit, de contentieux, avec les pouvoirs publics. Lesquels voulaient, sur ce bord de littoral, culpabiliser les ‘’cabaniers’’. Lesquels ne sont pas responsables de la politique de morcellement de la côte Ouest. Tirons un trait sur le passé. Aujourd’hui, tournons-nous vers l’avenir. C’est l’intérêt général qui doit prévaloir, si nous voulons retrouver la qualité naturelle de cette zone remarquable. Les parties en dialoguant trouveront, ensemble, le meilleur compromis possible. Parce que le pire eut été de continuer à ne rien faire …      

(1) Rappel : le coût total du projet s’élève à un montant de 24M€. Il est cofinancé par le FEDER (30%), L’Etat (20%), la Région (15%), le Département (15%) et la CAHM (20%). 

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