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AGDE - Commande publique du Salon de Musique de la Villa LAURENS - Inauguration le 3 juillet 2015 à 11 heures

Inauguration de la commande publique le vendredi 3 juillet 2015 à 11 heures Ouverture exceptionnelle au public du mardi 7 juillet au samedi 11 juillet 2015 de 9h à 13h Nouvelle publication : La villa Laurens d’Agde et le renouveau du salon de musique (collection DUO ; DRAC LR) La villa Laurens et le salon […]

Inauguration de la commande publique
le vendredi 3 juillet 2015 à 11 heures

Ouverture exceptionnelle au public
du mardi 7 juillet au samedi 11 juillet 2015 de 9h à 13h

Nouvelle publication :
La villa Laurens d’Agde et le renouveau du salon de musique (collection DUO ; DRAC LR)

La villa Laurens et le salon de musique

La villa Laurens, une demeure remarquable

Ancien domaine agricole de 12 hectares transformé en île au XVIIe siècle lors des travaux de construction du «canal royal», le domaine de Belle-Isle est entouré par l’Hérault, le «canal du Midi» et un petit canal de jonction reliant les deux cours d’eau, «le canalet».

Le site actuel fut aménagé à la fin du XIXe siècle par Emmanuel Laurens, personnalité inclas- sable, partagée entre romantisme et modernisme. Héritier d’une immense fortune en 1896, ce mélomane et grand voyageur entreprend à partir de 1897 la construction d’un palais singulier – «la villa Laurens» – inspiré de ses voyages et de ses lectures.

L’édifice et ses décors évoquent une villa antique théâtralisée dans laquelle dominent l’orne- mentation de style Art nouveau et l’inspiration orientaliste. Cette alliance entre architecture et décor se décline également dans le mobilier, qu’il fait concevoir pour sa villa-palais. Pour mettre en forme ce cadre de vie d’exception , il fait appel à l’avant garde artistique et déco- rative de son temps : Carlo Bugatti, Alexandre Charpentier, Eugène Simas, Louis Anquetin, Léon Cauvy… 

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Le grand hall d’entrée en 1918

Sa fortune épuisée dès 1938, il vend le domaine et la villa en viager, qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1959. Malmenés pendant la dernière guerre et peu entretenus par les nouveaux propriétaires, le parc et la villa se sont dégradés rapidement. En 1994, la ville d’Agde en fait l’acquisition et des mesures d’urgence sont prises. Deux ans plus tard, le 12 avril 1996, la villa et une partie du parc sont classées au titre des Monuments historiques. En 2003, sa gestion et son entretien sont alors confiés à l’Agglomération Hérault Méditerranée, qui va entreprendre des campagnes de conservation et de restauration d’envergure, point de départ du projet de sauvegarde de la villa .

Les travaux de restauration

Sous l’impulsion de Gilles D’Ettore, Président de l’Agglomération et maire d’Agde, et du Mi- nistère de la culture et de la communication, ce fleuron de l’Art nouveau du sud de la France bénéficie depuis 2003 d’un vaste programme de réhabilitation portant sur les décors, le mo- bilier et la structure. Les premières opérations ont concerné la conservation des peintures murales, la dépose des décors sur toiles et la restauration du mobilier d’origine signé Léon Cauvy, prélude à son classement Monument historique en 2005. Sous l’action conjuguée de l’Agglomération Hérault Méditerranée et du ministère de la Culture et de la Communication, la ville d’Agde s’est portée acquéreur dès 2003 de plusieurs autres ensembles mobiliers du même artiste, également classés Monuments historiques.

Depuis 2007, l’Agglomération Hérault Méditerranée se consacre à la restauration du salon de musique, vaste salle oblongue voûtée et percée de 12 baies étroites qui s’élance à une ving- taine de mètres de hauteur. Aujourd’hui, après sept années de travaux, cet espace autrefois dédié à l’épouse d’Emmanuel Laurens, la cantatrice Louise Blot, dévoile toute sa richesse avec son décor intérieur à l’effet saisissant, sa charpente et sa couverture en tuiles de zinc.

Un décor onirique

Le visiteur sera surpris par la polychromie des lieux, au décor foisonnant et luxuriant : boiseries acajou rehaussées d’un verre peint, vitraux multicolores surmontés d’une femme aux ailes de chauve-souris, frises murales à motifs de cobras, défenses d’éléphants factices avec à leur extrémité de minuscules lumières… L’ensemble évoque un cérémonial de danse et de musique inspirées des rêveries picturales de Maurice Denis, d’Henri Martin et de Jan Toorop, trois artistes de l’avant-garde décorative de la fin du XIXe siècle.

La pièce était autrefois rehaussée de onze toiles monumentales situées entre les fenêtres. Ces oeuvres sont toujours conservées, mais dans un état critique pour être restaurées ou restituées à l’identique, ne serait-ce que sur le papier. Face à l’impossibilité d’une restauration et au terme d’une longue réflexion menée par l’Agglomération Hérault Méditerranée et le ministère de la Culture et de la Communication, le choix s’est porté vers un projet de substitution de ces onze peintures par une création contemporaine. Cette association entre innovation et héritage patrimonial fait souffler à nouveau sur la villa un esprit de modernité. A l’heure du renouveau du salon de musique, l’Agglomération a programmé jusqu’en 2020 la restauration de l’édifice faisant de la villa Laurens l’un des équipements majeurs à vocation culturelle du territoire de la communauté d’agglomération Hérault Méditerranée.

La villa Laurens en images

Crédit photographique : Sylvain Héraud 

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Salon de musique après restauration en attente de la commande publique

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Le vestibule

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Le hall d’entrée

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La cage d’escalier

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La salle de bain

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Blow-up ou la commande publique à la villa Laurens

La communauté d’agglomération Hérault Méditerranée et le ministère de la Culture et de la Communication ont souhaité réaliser une commande publique pour accompagner la restauration du salon de musique de la villa Laurens. Cette commande marque la volonté de l’Agglomération de placer la création contemporaine au coeur de son territoire en créant de nouvelles relations entre les oeuvres et le public au travers du dialogue entre le patrimoine et les créateurs d’aujourd’hui.

En soutenant cette commande publique d’oeuvres d’art, le ministère de la Culture et de la Communication affirme également sa volonté d’accompagner les partenaires publics dans l’enrichissement du patrimoine et de favoriser l’élargissement des publics de l’art contemporain.

A l’issue d’un concours, organisé par le ministère de la Culture et de la Communication, pour le remplacement des 11 toiles du salon de musique, 4 dossiers artistiques sur 35 ont été rete- nus. Après présentation des projets des candidats devant un jury, le choix s’est porté sur un couple d’artistes : Ida Tursic & Wilfried Mille. Diplômés de l’Ecole des Beaux-Arts de Dijon, l’une et l’autre, nés en 1974, créent depuis le début des années 2000 un oeuvre commun inspiré par l’imagerie des XXe et XXIe siècles (magazine, cinéma, internet et autres media.). L’oeuvre d’Ida Tursic & Wilfried Mille a été distingué en 2009 par le prestigieux prix d’Art contemporain de la Fondation d’entreprise Ricard, point de départ d’une reconnaissance na- tionale et internationale. Peintures, dessins et gravures sont aujourd’hui présents dans les plus grandes collections privées et publiques, en France comme à l’étranger: Paris, Centre Georges Pompidou ; Dijon, Le Consortium ; Sérignan, Musée Régional d’Art Contemporain ; Lisbonne, Museo Berardo… Une grande exposition «Pasta al nero di seppia» leur est actuelle- ment dédiée à Naples, à la Galerie Alfonso Artiaco.

Leur filiation artistique est connue : Gerhard Richter, Axel Katz, Jeff Koons… Leurs peintu- res sont souvent figuratives, quelquefois abstraites ; ces deux «manières» fusionnent parfois, le motif abstrait recouvrant la figure, jusqu’à l’absorber, laissant sourdre la figuration sous- jacente. Souvent les supports de leurs compositions sont des panneaux de bois, une façon de revisiter les techniques anciennes notamment par l’application de mutiples glacis, créant des transparences qui absorbent le regard.

Tel est le cas des onze panneaux du salon de musique de la villa Laurens. Pour ce programme décoratif, Ida Tursic & Wilfried Mille s’appuient sur l’image clef du film Blow-up (1966) de Michelangelo Antonioni : une vue de Maryon Park à Londres. Cette dernière est déclinée à 360° dans le salon de musique, et transformée selon un procédé d’agrandissement. Le pay- sage devient progressivement points, comme vu à l’échelle atomique, plongeant le spectateur dans l’incertitude du monde. Les compositions sont relevées partiellement de fleurs, elles aussi agrandies, mais clairement identifiables cette fois.

La palette de noir, de blanc et de gris est réhaussée sur quelques panneaux de «taches» de couleurs, symboles de la trace du temps qui passe ou des saisons. Les grands panneaux sont légèrement en retrait des bordures d’origine. Les parties hautes et basses des compositions reproduisent le dessin chantourné des lambris, créant un cadre hautement décoratif, hom- mage contemporain à l’esthétique Art nouveau de la villa Laurens. 

Les origines du projet Blow Up
Note d’intention des artistes : Ida Tursic & Wilfried Mille

Commander une œuvre contemporaine pour remplacer les toiles originales plutôt qu’ordonner une restauration nous semble être un acte fort, un investissement dans la droite lignée des intentions d’Emmanuel Laurens toujours avide de nouveautés. Ce projet nous a immédiatement intéressés, y voyant un lien évident avec notre pratique quotidienne, une possibilité de créer un dialogue avec les aspirations d’une époque, la réalité d’un lieu, qui un siècle plus tard acquiert une nouvelle beauté héritée à la fois de l’histoire d’Emmanuel Lau- rens, de l’histoire de la France et des avant-gardes européennes des années 1900. Pour nous, c’est aussi l’occasion de proposer un projet conçu pour le lieu, un projet monumental et per- manent, dans un monument classé ouvert au public. Ce lieu où tout est histoire et passion n’est pas facile, d’autant qu’il est déjà très chargé de motifs de couleurs, ce qui nous a amenés à opter pour une proposition claire et graphique essentiellement traitée en noir et blanc.

A l’aube d’un XXe siècle naissant, dans un monde en pleine accélération, qui s’apprê- te à entrer dans l’ère de la reproductibilité technique, la villa d’Emmanuel Laurens incarne l’ambition d’un art total, favorable à l’épanouissement de l’homme moderne, bientôt mise à l’épreuve par deux guerres mondiales, l’invention de la mort industrialisée, de la bombe H…. Portant les stigmates de ce siècle tourmenté et de son épisode le plus sombre – le nazisme – la villa Laurens, entre grandeur et décadence, constitue à elle seule une œuvre d’art qui fait écho au destin de l’humanité, croisant celui d’un homme cultivé, l’alchimiste Laurens, qui a vu et vécu la fin de ces utopies. Epris de modernité, Emmanuel Laurens crée pour la canta- trice Louise Blot, son unique amour, le salon de musique. C’est en résonance avec ce contexte précis que nous souhaitions inscrire notre travail. Les peintures murales de 1900 sont les témoins vivants du siècle passé, leur état actuel est le résultat du travail du temps. Tirant un trait entre la fin du XIXe siècle et le début du xixe siècle, nous proposons onze panneaux de bois peints, imprimés, sur lesquels, en filigrane, motifs floraux, motifs mécaniques, motifs picturaux révéleront ou cacheront des images de ce XXe siècle passé, établissant ainsi un dialogue avec le patrimoine « Art nouveau » fortement marqué par l’approche décorative et l’état actuel de la recherche picturale.

Notre proposition se situe au-delà de la question de l’abstraction et de la figuration avec des outils d’aujourd’hui. Le remplacement des onze panneaux peints est l’occasion pour nous de proposer un projet pictural monumental dans une salle déjà très décorée. La forme des panneaux est héritée homothétiquement de la forme des sous-bassements en bois pré-existants et des précédentes toiles ; une marge d’une vingtaine de centimètres sur les côtés laisse apparaître le mur d’origine (restauré) qui encadrera nos compositions. A la base de ces compositions, une image extraite du film Blow-up de Michelangelo Antonioni datant de 1966 et inspiré de la nouvelle Las Babas del Diablo (Les fils de la Vierge de Julio Cortázar). Thomas, photographe de mode, après un reportage photo sur les sans-abris, passe la matinée dans le Maryon Park. Attiré par la lumière, il prend des clichés. L’endroit est presque désert, excepté un couple qui s’embrasse, que Thomas photographie de loin.

La femme, Jane, s’aperçoit finalement de sa présence et très contrariée, lui réclame les négatifs ; mais Thomas s’esquive. Jane le retrouve dans l’après midi, et va jusqu’à s’offrir à lui : Thomas lui donne une pellicule, qui n’est pas la bonne. Il développe les photographies du parc, et réalise par agrandissements successifs qu’il a en fait été le témoin d’un meurtre. Il se rend de nuit sur les lieux et découvre le cadavre que ses photographies lui ont révélé. De retour chez lui, il trouve son atelier vide : tous ses clichés et négatifs ont été volés. Au petit matin, il retourne au parc, pour découvrir que le corps a lui aussi disparu…

Nous partons de l’une des images clefs du film pour re-créer un paysage à 360° dans le salon de musique. Comme Thomas, le regardeur sera piégé dans un paysage, dans une réalité qu’il sentira mais qu’il ne comprendra pas immédiatement. Contrairement à Thomas, nous ne cherchons pas à savoir ce qu’il s’est passé mais ce qu’il se passe à l’instant précis où la lu- mière se décompose sur le paysage, à l’instant où le monde devient image, où l’image devient point, s’abîmant dans l’incertitude. Les onze panneaux ne sont donc pas un éclaircissement, une mise au point, mais représentent la mise en forme de la déperdition, comme voir le monde à une échelle atomique, réduit à un ensemble de points qui ensemble forment une image, à une palette réduite de trois couleurs : gris, blanc, noir. Tramé, retramé, le paysage disparaît tout en affirmant sa présence. La trame du paysage grossit au fur et à mesure des panneaux, devenant motif, tandis qu’un autre motif tramé, celui-ci floral et clairement iden- tifiable, vient redessiner ou perturber l’horizon tout en résonnant également avec les motifs décoratifs pré-existants de la villa. Quatre de ces panneaux portent des traces de peinture : quatre tâches de couleurs, bleu, vert, jaune, orange, symbolisent ici la trace du processus, le geste de la peinture, la trace du temps qui passe, les quatre saisons. Les autres panneaux traités en noir et blanc seront les supports passifs des déambulations constantes du soleil dans l’espace aux travers des vitraux d’origine selon les heures de la journée et des saisons, révélant ainsi toute la beauté du lieu et mettant également en lumière le dialogue permanent des images à travers le temps. 

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Crédit photographique : Laurent Uroz

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