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AGDE - Entrée du Cap : la folie des grandeurs par Pierre ANTONMATTEI secrétaire de la section d'Agde et Anissa BENYAHI pour le PS

Entrée du Cap : la folie des grandeurs Le 31 mars, le Maire a…

Entrée du Cap : la folie des grandeurs

Le 31 mars, le Maire a présenté son projet d’entrée du Cap, devant un public nombreux, car jusqu’alors jamais consulté, même sur le principe de l’opération. Mais ce public n’a pas eu la possibilité de poser des questions ou de demander des précisions. Drôle de démocratie municipale ! Quand à l’architecte du projet, il a répété plusieurs fois qu’il avait été obligé de faire vite, manifestement sous la pression de la municipalité. Parlant surtout du futur palais des congrès, le Maire comme l’architecte sont très vite passés sur les grands immeubles, hauts de 15 à 25 mètres, qui vont boucher la vue de beaucoup d’appartements du centre port, entraînant la chute de leur valeur marchande. Croire que ces nouveaux immeubles vont trouver aisément preneurs constitue un pari extrêmement risqué. En effet, les ménages qui ont les moyens préfèreront toujours des appartements près de la mer, avec vue directe sur la mer. Au Cap d’Agde et à Agde, il y a de plus en plus de logements à vendre, ce qui traduit une véritable tendance actuelle.

Avec ce projet, nous allons droit vers un scénario “Moulin des évêques” ! Rappelons nous, on nous avait vanté les appartements “haut de gamme”, en prétendant que les clients allaient se bousculer pour les acheter : résultat des courses, des appartements vides pendant plusieurs années, finalement soldés à bas prix, bref une opération financièrement désastreuse. Le maire va répétant qu’il veut que la station “monte en gamme”, c’est-à-dire attire une clientèle ayant des revenus importants. Mais pour le faire, au lieu d’empiler du béton, il faudrait que la ville toute entière et pas seulement un quartier offre des services de qualité.

Qui peut croire qu’une clientèle “haut de gamme” peut être attirée par une ville aux chaussées et parkings défoncés, aux places et espaces verts sales et mal entretenus, aux poubelles enfouies débordantes et malodorantes, où les incivilités sont nombreuses et où des voitures et boîtes de nuit sont souvent incendiées ? Il serait plus intelligent de ne garder de ce projet que la reconstruction du palais des congrès et à la rigueur celle de l’hôtel. Mais il vaudrait mieux faire un plan de rénovation des parties du centre port qui ont vieilli et aussi rénover vraiment le centre historique, car c’est par une véritable rénovation urbaine, culturelle, paysagère et sociale qu’on attirera une meilleure clientèle, moins dépendante des variations saisonnières et qu’en même temps on répondra aux attentes et besoins de la population agathoise.

Financement : “à la louche”, selon l’expression du Maire…

Connaissez vous la ratatouille Agathoise ? En consultant les chiffres publiés par le ministère de l'économie, cette image s'impose, surtout après la métaphore culinaire du Maire qui prétend que ce projet ne coûtera pas plus de 35 millions d'euros, alors que la facture finale sera sans doute le double. Mélangez vous tous les ingrédients grossièrement dans la cocotte. Est-ce que vous laisseriez cuire sans vous en préoccuper ? C'est avec cette insouciance là que le Maire procède. En fait, il vaut mieux prendre soin de chaque ingrédient séparément, afin d'en dégager tous les arômes et toutes les saveurs.
Tout d'abord la dette : sur ce point clé, il faut distinguer deux critères ; l'encours de la dette et l'annuité de la dette.

L'encours de la dette est la somme globale que la commune doit aux banques : aujourd'hui plus de 75 millions d'euros. En 2006, elle n'était que de 54 millions d'euros. Cette dette globale est à rapporter à la dette par habitant. Elle est aujourd'hui de 3200 euros, elle s'élevait à 2500 euros en 2006. A titre de comparaison, les villes de 20 à 50 000 habitants ont une dette par habitant qui s'élevait à 1000 euros en 2006, presqu’identique aujourd'hui, la moyenne nationale étant de 954 euros.

L’annuité de la dette représente la somme des intérêts d'emprunts et du montant du remboursement du capital. Elle est d’environ 8.5 millions aujourd'hui et était seulement de 7.5 millions en 2006.Cette somme est a rapporter à l'annuité de la dette par habitant ; à Agde, elle représente 330 euros. Pour les villes de 20 à 50 000 habitants elle est de 200 euros. La moyenne nationale est de 119 euros. Dans l'état actuel des choses on estime à 7 ans la capacité de désendettement de la ville : c'est à dire le nombre d'années nécessaires pour rembourser la dette en fonction de sa capacité d'épargne ou autofinancement. Avec 35 millions au moins de dépenses en plus, il y a de quoi être envahi d’un soudain vertige, celui de nos futurs impôts locaux !

Pour le PS, Pierre Antonmattei, secrétaire de la section d’Agde et Anissa Benyahi

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