Après une année 2020 en berne, la consommation des ménages redémarre

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Dans son récent bilan, l’Insee confirme le plongeon de la consommation en 2020. Avec des effets de la crise contrastés pour certaines dépenses, dont l’alimentation. La levée des restrictions sanitaires a entraîné un rebond de la consommation au mois de mai.

La chute est historique. La consommation finale des ménages a enregistré un plongeon de 7,1 % en volume en 2020. Elle a contribué négativement (-3,6 points) à l’évolution du PIB, également en repli inédit (-7,9 %). Cet affaissement est corrélé à la crise sanitaire liée à la Covid-19.

Les Français plébiscitent le fait maison

Les mesures de restrictions sanitaires ont, en effet, ralenti l’activité et modifié la structure de la consommation, en 2020. Dans un contexte de baisse globale, la consommation des produits alimentaires fait figure d’exception : elle s’est accrue de 4,5%, l’an dernier. Les confinements et le télétravail ont incité les Français à s’adonner au « fait maison ». La consommation a ainsi évolué à un rythme plus accentué qu’en 2019, pour certains postes de dépenses, comme le lait, fromage et les œufs (+6,3 %), les fruits et légumes (+4,2 %) et la viande (+5,2 %, contre -0,5 % en moyenne depuis 2010). A l’inverse, les ventes de pains et céréales ont relativement stagné (+2,7 %, après +2,9 % en 2019). 

La consommation des boissons a progressé, quant à elle, notamment pour le thé et le café à domicile (+7,7 %), les bières (+11,1 %) ainsi que les liqueurs et apéritifs (+5,3 %). Les Français n’avaient pas le cœur à la fête l’an dernier et les contraintes sanitaires ont empêché la tenue de festivités et autres réceptions : les achats de vins de qualité et de champagne ont chuté, respectivement de 11,7 et 19,7 %. Sans surprise, les dépenses de restauration ont plongé brutalement de 32,2 %, celles en traiteurs et cantine de 23 %, jusqu’à 40 % pour les services d’hébergement (-50 % pour les hôtels et villages de vacances).

Et le vélo électrique

En revanche, les dépenses en équipement du logement ont plutôt résisté (-1,2 %), grâce à la bonne tenue des ventes d’appareils ménagers et de cuisine, dopées par « le fait maison ».

L’an dernier, la crise sanitaire a aussi contracté la dépense en transports de 21 %, note l’Insee. Les dépenses en services de transport se sont effondrés (-52,6 %) suite aux restrictions de déplacement, quel que soit le mode choisi (-69,2 % pour l’avion, – 46,9 % pour le train). La crise a aussi engendré une baisse des achats de véhicules, plus prononcée dans l’automobile (-20 %). Elle a, en revanche, « stimulé » les ventes de deux-roues, particulièrement les vélos à assistance électrique : les dépenses ont nettement rebondi en 2020, à + 23,9 %, indique l’étude. 

Les appareils électroniques et informatiques ont aussi tiré leur épingle du jeu : les dépenses ont progressé en moyenne de 6,2 %, (après +1,2 % depuis 2010). Elles ont été tirées par les achats de téléviseurs (+20,9 %), d’ordinateurs, de périphériques, de composants et de cartes électroniques (+19,7 %), en raison du « développement du télétravail et de l’école à la maison ». La crise a aussi été favorable aux « services de distribution de bouquets de programmes de radio et de télévision », principalement la vidéo à la demande, en forte augmentation à hauteur de 36,1 %.

Net rebond des achats en mai

Après une année en berne, avec le dernier déconfinement, les ménages ont retrouvé l’envie de consommer. Leurs dépenses sont nettement reparties à la hausse en mai, soit + 10,4 %, après un effondrement en avril (-8,7 %). Ce rebond est particulièrement soutenu par le redressement des achats de biens fabriqués (+26,0 %), tirés en particulier par l’habillement-textile (+149,2 %), du fait de la réouverture des commerces, le 19 mai. Les dépenses en énergie contribuent aussi à l’amélioration (+2,6 %), vu la levée des restrictions de déplacement en début du mois, précise l’Institut de statistique. Même tendance favorable pour les achats de biens durables : en particulier les biens d’équipement du logement « se redressent fortement (+24 % après –17,1 %), portés par le fort rebond des achats de meubles, et dans une moindre mesure des appareils électroménagers », détaille l’Insee. La consommation alimentaire s’est quant à elle stabilisée.

Hausse du taux d’épargne

Enfin, en dépit de la crise, grâce aux différentes aides de l’État (chômage partiel, notamment), le pouvoir d’achat des ménages a résisté, en 2020. Il a légèrement augmenté : de 0,4 %. Combiné au net ralentissement de leur consommation, le taux d’épargne des Français a affiché une hausse record (+6,3 points en moyenne annuelle), pour s’établir à 21,4 % du revenu disponible brut, soit son niveau le plus élevé depuis 1960.

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