BESSAN - L'énigme du blason de Bessan (dernière partie)

Parmi tous les seigneurs, seules trois « dames » ont eu le droit d’être nommées seigneuresses de…

Parmi tous les seigneurs, seules trois « dames » ont eu le droit d’être nommées seigneuresses de Bessan : Jeanne de Lévis, Eléonore de Montfort et Alix de Dreux. Cela permet donc d’émettre nos hypothèses sur le blason de la ville. Si l’on regarde en détail les insignes héraldiques du blason de Bessan, on s’aperçoit qu’il est composé sur la partie basse, d’un lion rampant (dressé sur ses pattes arrière) avec la tête de profil. Un lion d’or adextré, montrant son profil gauche et gardant entre ses pattes avant une fleur de lys également d’or, le tout sur un fond de lignes verticales correspondant à la couleur rouge, soit de gueule. Le chef (haut de l’écu) est gravé de lignes horizontales, signifiant qu’il est bleu, soit d’azur, et porte trois fleurs de lys d’or.

Ces dernières sont l’emblème de la France depuis l’époque carolingienne, leur nombre ayant été ramené à trois sous Charles V, en 1376, en l’honneur de la Sainte Trinité. Le lion est le symbole du courage et de la magnanimité. Les trois seigneurs liés aux trois « dames » sont seigneurs d’un ou plusieurs fiefs, Philippe II de Montfort fut comte de Castres-en-Albigeois, Jean de Vendôme fut comte de Vendôme et de Castres-en-Albigeois, titre apporté par sa mère Jeanne de Lévis, Bouchard VI de Vendôme fut aussi comte de Vendôme et de Castres-en-Albigeois. Donc, la couronne positionnée sur l’écu du blason est celle d’un comte et non d’un baron, titre porté pour être seigneur de Bessan, dépendant jusqu’alors de la vicomté de Béziers.

De ces trois « dames », seule Eléonore de Monfort, avant son mariage daté de 1302, porte le titre de seigneuresse de Bessan, ayant reçu ce bien en héritage en 1290. Jeanne de Lévis et Alix de Dreux ne portent ce titre qu’après la disparition de leur mari, seigneur de Bessan. Nous avons plusieurs parchemins en latin, et au moins deux nomment respectivement en 1298 la comtesse de Vendôme, « dame » de Bessan (il s’agit là d’Eléonore de Montfort et ceci, avant le décès de son mari Jean V de Vendôme) et en 1376, la veuve de messire Brochard de Vendôme « dame » de Bessan (il s’agit d’Alix de Dreux). Ces documents donnent quittance à ces dames pour leur don à la quête annuelle faite par l’église Saint-Pierre de Bessan. La fleur de lys tenue entre les pattes avant du lion signifie que les seigneuries obtenues par Amaury de Montfort en 1219, aient été placées directement sous la suzeraineté du roi Louis IX. Ce qui a effectivement été fait en 1234, et non sous le niveau hiérarchique usuel de la noblesse, comme la vicomté de Béziers.

De ces trois « dames », seul le lion insigne héraldique des de Monfort et des de Vendôme est reprit, rampant et adextré. Soit, représentation modifiée puisque la queue n’est plus en double fourche comme pour les de Montfort, mais simple comme pour les de Vendôme. Autre fait, un document de 1956, rédigé par l’abbé Blanchard, nous apprend que l’édification de la première chapelle dans l’église de Bessan a été financée et ordonnée par Eléonore de Montfort, l’année de son décès en 1338. Peut-être a-t-elle prévu de perpétrer son souvenir en créant, dans l’église, une première chapelle seigneuriale ? La chapelle du Saint Sacrement, qui correspond à celle-ci est dotée d’un écu en pierre de taille, sur le mur. Les insignes qui devaient l’orner ont été détruits, des striures y sont visibles.

Tous ces éléments mis bout-à-bout mènent à l’hypothèse la plus probable que ce soit donc Eléonore de Montfort, arrière-petite-nièce de Simon de Monfort – l’Amaury qui ait légué son blason à la ville de Bessan. Par contre, que ce blason ait subsisté à la période révolutionnaire et qu’il soit encore présent sur le fronton de notre mairie, cela ne s’explique pas, du moins pour l’instant…  

 

Antoine Iniguez pour

La Guilde 2 Bessan, Traditions et Patrimoine

 

PHOTO : Le blason de Bessan sur le fronton de l’hôtel de ville (gauche) et en représentation héraldique (droite).

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