BEZIERS - AGDE - SCOT du GRAND BITERROIS - CONFERENCE DE PRESSE

La  fédération  Languedoc-Roussillon Nature Environnement donnera vendredi 19 octobre à 15 h à Béziers…

La  fédération  Languedoc-Roussillon Nature Environnement
donnera vendredi 19 octobre à 15 h
à Béziers 26 allées Paul Riquet
salle de réunion du café La comédie
une conférence de presse sur 2 sujets étroitement liés :


1- la dégradation de la plaine littorale
Cette dégradation, à beaucoup d’égards, a atteint le seuil d’irréversibilité. Ainsi la commune de Valras ne possède plus aucune zone naturelle ou agricole. Tout le territoire communal a été urbanisé alors que la commune est en zone  inondable. Les autres communes littorales, de Vendres à Agde, au rythme actuel de l’urbanisation, auront consommé toutes leurs réserves foncières dans seulement 7 ans !!! Les étangs littoraux, naguère réservoirs de biodiversité, sont malades. Les ressources en eau potable sont désormais insuffisantes. Les plages et l’eau de mer sont devenues des décharges incontrôlées de matières plastiques pulvérisées.
 
2- Le SCOT du grand Biterrois (87 communes et 10 EPCI)

Actuellement à l’enquête publique, ce SCOT, au lieu de mettre fin à cette dégradation qui nuit à la qualité de vie de tous les habitants et compromet l’avenir du tourisme, programme la poursuite du saccage en autorisant la poursuite de l’urbanisation y compris dans les 6 communes  littorales.
 
Le 25 avril 2012 six commissions de LRNE (Littoral, urbanisme, agriculture, eau et milieux aquatiques, déchets, santé) se sont réunies à Béziers pour faire le point sur l’état alarmant de la plaine littorale et ont défini un plan d’action en escalade pour mettre fin au saccage. Le constat et le plan d’action, moyennant quelques amendements, ont été adoptés par le conseil d’administration de LRNE. Il s’agit maintenant de mettre en œuvre le plan d’action dont la première phase est la conférence de presse annoncée ci-dessus et à laquelle vous êtes invité(e).

  • En annexe vous trouverez :
  • 1- le constat sur l’état du littoral
  • 2- sous le titre « Déchets et surpopulation » un coup de projecteur sur les impasses de la gestion des déchets littoraux
  • 3- les étapes du plan d’action

UN  RISQUE  D’IRREVERSIBILITE LA  PLAINE  LITTORALE DU  LANGUEDOC  ET  DU  ROUSSILLON UNE  DEGRADATION  PERSISTANTE 

La plaine littorale est le territoire qui s’étend du bord de mer jusqu’au pied des reliefs montagneux. Son évolution est marquée par une très forte attractivité. De graves problèmes s’y posent. Ils exigent une synergie régionale des associations environnementales.

Explosion démographique

Cette plaine est le territoire le plus attractif de France. Des milliers d’entreprises veulent s’y installer, des millions de Français voudraient y habiter ou y passer leurs vacances.

C’est pourquoi Montpellier a grandi comme un champignon. Entre Béziers et la mer la population de Sauvian depuis 1950 a été multipliée par 12 ! La population  de Magalas, à 25 km de la mer, a presque doublé en 4 ans.

Un territoire peut-il subir un tel afflux démographique sans que l’environnement se dégrade ?

Pendant que la démographie littorale explose, les hauts cantons souffrent souvent de dépeuplement. On y ferme des écoles et des bureaux de poste.

Contraste : notre région  possède à la fois les terres les plus attractives et les plus désertifiées de France. La plaine  souffre d’un excès d’urbanisation, de transports, de pollutions et de nuisances. Certains hauts cantons souffrent au contraire d’une hémorragie de population, d’activité, d’emplois, de commerces, de médecins et de services publics. Peut-on se résigner à de tels contrastes ?

Un étalement urbain sans limite

Même quand la démographie est stable, villes et villages s’étendent au détriment des zones agricoles et des zones naturelles périphériques.

Ainsi depuis 1950 la population de Béziers est passée de 65.000 habitants à moins de 75.000. Une progression modeste, inférieure à la moyenne nationale. Dans le même temps, l’emprise au sol de la ville est passée de 200 à 2.000 hectares. Un Biterrois en moyenne occupe donc 8 à 9 fois plus d’espace qu’il y a 60 ans. L’étalement urbain incite à  urbaniser des zones inondables, des zones à fort risque de glissement de terrain, des ZNIEFF et même les abords immédiats du canal du Midi pourtant classé au patrimoine mondial.

Conséquences de l’étalement urbain

Allongement par habitant de tous les réseaux (voirie, adduction d’eau potable, égout, gaz, etc) dont le coût par habitant devient insupportable et endette les collectivités. Elles ne peuvent plus entretenir notamment le réseau d’eau potable, qui souffre de nombreuses fuites..

La dispersion de l’habitat périphérique entraîne un recours accru à l’automobile.

Disparition des jardins ouvriers et de la ceinture maraîchère qui naguère entourait et nourrissait chaque agglomération. En contradiction avec l’aspiration des citadins à une agriculture de proximité, on importe de loin aujourd’hui une alimentation qu’on produisait naguère à proximité immédiate.

L’urbanisation illimitée des espaces naturels et leur morcellement par les routes érode la biodiversité.

La SAFER dénonce le gaspillage des terres agricoles : en 15 ans notre région a urbanisé

7,5 % de sa surface agricole, une ressource non renouvelable. Quand on fait un parking pour une grande surface commerciale, on devrait l’aménager sous le magasin ou au-dessus, pas à côté.  

La meurtrière compétition entre territoires

L’attractivité de la plaine littorale est-elle une chance ou un handicap ?

Pour les politiques c’est une chance à saisir par les cheveux et ils s’évertuent à accroître cette attractivité par tous les moyens :

 Les promoteurs jugent plus facile et plus rentable de bâtir en périphérie sur des terrains vierges que de raser dans les vieux centres des immeubles dégradés pour faire du neuf. Les politiques s’efforcent donc d’offrir aux promoteurs en zone rurale un maximum de terrains constructibles et viabilisés. Quand on reproche aux élus d’être esclaves des promoteurs, ils répondent :«Si on ne leur propose que de construire en centre ville, ils iront investir dans d’autres communes ».  Or les élus des divers territoires se livrent une compétition féroce pour attirer chez eux, au détriment des territoires voisins, entreprises, investisseurs, touristes,  nouveaux habitants et équipements divers (lycées, gares TGV, aéroports, etc). Proposer plus de terrains ruraux à bâtir que les territoires concurrents est un bon moyen d’attirer les investisseurs.

Une partie importante des nouveaux bâtiments n’est occupée que 2 mois par an par des touristes. Ils pourraient être logés dans le vieux bâti souvent inoccupé mais ce dernier ne fait l’objet d’aucun plan de restauration.

L’aéroport de Vias, qui dessert la zone très touristique Béziers-Agde, n’accueille que des lignes aériennes Ryanair, très bon marché parce que toutes grassement subventionnées par l’argent des contribuables. Ces derniers paient donc les billets d’avion qui permettent à des touristes d’Europe du Nord de venir encore plus nombreux envahir un littoral déjà surpeuplé avec des conséquences très négatives : hausse du prix des terrains et du logement, manque d’eau potable, accumulation de déchets et d’eaux usées dont on ne sait plus que faire, pollution des étangs littoraux et de la Méditerranée, recul de la biodiversité, etc.

L’argument de l’emploi

« Subventionner Ryanair et le tourisme, c’est créer des emplois, nous dit-on, et le bétonnage du littoral stimule l’industrie des BTP. Quand le bâtiment va, tout va.»

Si c’était vrai, le bassin d’emploi Béziers-Saint-Pons, caractérisé par un bétonnage massif et de nombreuses installations touristiques dont Agde, la plus grande station balnéaire de France, devrait bénéficier du plein emploi. Or ce bassin, qui comptait en 2010 14,9 % de chômeurs, détient un des plus forts taux de chômage de toute la France.

On tue la poule aux œufs d’or

En stimulant l’essor démographique et en bétonnant à tour de bras la plaine littorale on saccage notre environnement et notre patrimoine naturel. Or c’est un environnement moins bétonné, moins abîmé, moins saccagé qu’ailleurs, qui rend notre plaine littorale si attractive. En urbanisant sans limite on érode l’attractivité du territoire, on tue la poule aux œufs d’or.

Halte

Il faut arrêter la frénésie bétonneuse avant que notre plaine littorale soit devenue aussi répulsive que Benidorm ou la banlieue parisienne.

Un début de réaction contre les excès du bétonnage devient perceptible en divers points chauds de la région.. Ces réactions sont encore  localisées, sans lien entre elles, parfois hésitantes,. Tout en continuant l’action locale, ne faut-il pas de temps à autre, unir nos forces pour que notre action devienne plus visible, plus audible, intéresse la télévision, et fasse boule de neige ?

DECHETS  ET  SURPOPULATION

Nous produisons tous non seulement des déchets solides jetés à la poubelle mais aussi et en quantité bien plus grande des déchets liquides jetés à l’égout.

Le contenu des égouts, après une épuration partielle et insuffisante (dans un lagunage ou une station d’épuration), est déversé dans la rivière la plus proche, dans un étang ou directement en mer. Plus nous sommes nombreux à habiter la plaine littorale, plus nous déversons de liquides polluants dans les cours d’eau, les étangs et la mer.

La nature est capable de digérer nos eaux usées mais seulement dans certaines limites. Au-delà c’est l’indigestion et l’environnement se dégrade. Si un homme urine au pied d’un arbre, c’est pour ce végétal un double bienfait : arrosage et apport d’azote. Mais si beaucoup d’hommes urinent au pied du même arbre, c’est une catastrophe écologique et l’arbre meurt.

Ainsi les eaux d’égout jetées dans l’étang de Thau par les agglomérations riveraines dépassent parfois la capacité de digestion de l’étang. La fermentation de ces déchets liquides consomme tout l’oxygène de l’étang. Privés d’oxygène, poissons et coquillages meurent et pourrissent, aggravant la quantité de matière organique en fermentation. Une odeur pestilentielle  révèle la catastrophe écologique. Les mairies riveraines, malgré les limites que la nature nous impose, n’en persistent pas moins à vouloir attirer toujours plus de touristes et de nouveaux habitants autour de l’étang…

Parmi nos déchets solides, les matières plastiques  posent des problèmes particuliers. Contrairement à une opinion très répandue, les matières plastiques ne subissent aucune décomposition chimique même après plusieurs dizaines d’années. Elles sont chimiquement stables. En revanche, avec le temps, ces polymères fabriqués avec du  pétrole, deviennent friables, puis se pulvérisent en particules de plus en plus fines qui deviennent à la longue invisibles.

Un chercheur britannique en biologie marine s’est aperçu que le tiers environ des fonds marins littoraux est constitué de matière plastique pulvérisée. Comme cette poussière est très légère, elle est constamment soulevée par les vagues et les courants. Elle se dépose sur les algues. En les mangeant, les herbivores marins mangent donc aussi des matières plastiques. Les carnivores, en dévorant des herbivores, ingèrent à leur tour de la matière plastique. Les estivants, quand ils boivent une tasse d’eau de mer, avalent eux aussi de la poudre plastique avec des conséquences sanitaires pour l’instant inconnues mais inquiétantes quand on sait que les plasturgistes incorporent au pétrole de nombreux additifs polluants : chlore, brome, colorants, assouplissants, phtalates, etc.

Telles sont quelques-unes des conséquences de la surpopulation du littoral.

Le plan bleu, organisme de l’ONU pour la surveillance et la gestion de la Méditerranée, dénonce la surpopulation et l’urbanisation excessive de tout le littoral méditerranéen. 80% de la pollution de cette mer intérieure provient des activités humaines installées sur le littoral. La France, membre de l’ONU et du plan bleu, cosigne ces déclarations mais continue imperturbablement à urbaniser sans limite son littoral.

Fait le 29/04/12  Robert CLAVIJO


PLAN  D’ACTION  EN  ESCALADE

  • 1- Diffuser dans un dossier de presse notre analyse des agressions subies par la plaine littorale et notre plan d’action pour y mettre fin.
  • 2- Pour le grand public visites et présentations de sites menacés, avec des guides connus et en présence des medias.
  • 3- Pique-niques militants sur des sites menacés.
  • 4- Occupation de chantiers, ne fût-ce que symboliquement pendant quelques heures, le temps que les journalistes effectuent un reportage dans de bonnes conditions.
  • 5- Stage(s) de formation des militants à la veille environnementale
  • 6- Demander au préfet d’être entendu par les diverses commissions officielles (commission des sites, etc)
  • 7- Actions en justice et auprès des administrations
  • 8- Assises régionales du littoral,  sous l’égide de France Nature Environnement, dans une très grande salle, avec la participation de toutes les associations en lutte, pour dresser le réquisitoire des atteintes portées au littoral et exiger un changement d’attitude des décideurs. Faire venir quelques orateurs illustres tels que Nicolas Hulot et le sénateur audois Roland Courteau signataire d’un rapport de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques sur la pollution du littoral méditerranéen.
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