Claude Viallat en toute liberté au cœur des arts décoratifs

Dans le cadre de la rétrospective des œuvres du Nîmois Claude Viallat au Musée…

Dans le cadre de la rétrospective des œuvres du Nîmois Claude Viallat au Musée Fabre, Michel Hilaire, directeur du musée, a proposé à l’artiste, membre fondateur du groupe Supports-Surfaces, d’investir l’Hôtel de Cabrières – Sabatier d’Espeyran pour induire un dialogue entre ses œuvres et l’intérieur cossu de cet ancien hôtel particulier voué aux arts décoratifs. Le résultat est particulièrement réussi.

> Cet article a été publié, dans une version plus complète, dans “L’Hérault Juridique & Economique” du 31 juillet 2014.

Un accrochage audacieux

Il fallait oser ! « C’est révolutionnaire d’installer dans un musée d’arts décoratifs des œuvres de Viallat – qui, je le rappelle, a appartenu au mouvement Supports-Surfaces, lequel était contre les musées, contre les institutions, contre la peinture, contre le châssis. L’œuvre de Viallat s’est véritablement construit contre les institutions », explique Michel Hilaire lors de la visite de l’exposition. Néan-moins, ce milieu ne lui est pas étranger, car l’artiste est issu de la petite bourgeoisie régionale. De plus, indique le directeur du musée Fabre : « Viallat a toujours entretenu un lien étroit avec les arts décoratifs, en peignant sur des supports insolites liés aux arts décoratifs : des nappes, des culs de fauteuils, du velours, des tissus à pompons… ». En outre, ajoute Marie Lozón de Cantelmi (conservateur du patrimoine, collections XIXe-XXIe siècles), il a réalisé un plat en bleu de Sèvres en 1990, effectué une commande pour la manufacture de Gien dans les années 90 et réalisé les vitraux du chœur gothique de la cathédrale de Nevers, ainsi que ceux de l’église Notre Dame des Sablons à Aigues-Mortes.

Un mariage harmonieux

A l’Hôtel de Cabrières – Sabatier d’Espeyran, l’accrochage, qui aurait pu paraître saugrenu voire sacrilège, est une grande réussite. Les œuvres de Viallat s’intègrent harmonieusement aux intérieurs de styles néoclassique, Napoléon III, Régence, Empire. Comme cette bannière haute de plus de 6,50 m, suspendue dans la cage d’escalier du vestibule, ce grand tableau magnifié dans le salon vert, dont le rose presque fluorescent dialogue avec le vert de ce salon très chargé sur le plan décoratif, ou ce molleton grenat à haricots noirs, recouvert de dentelle, disposé astucieusement entre des rideaux rouges Napoléon III dans le salon rouge. Joli dialogue également, dans une des chambres, entre une bâche très contemporaine de Viallat, accrochée au-dessus du lit, et la tapisserie fanée du mur situé à côté. Enfin, dans le cabinet néo-classique turquoise, une bannière flottante de 1973, peinte dans les mêmes tons de turquoise par l’artiste, semble avoir toujours été exposée là ou créée spécialement pour cette pièce, ce qui n’est pourtant pas le cas. Dans cette exposition originale, on apprécie la proximité physique avec les œuvres de Viallat, l’accrochage qui donne parfois une vision recto-verso de ses œuvres, et la possibilité qui est offerte aux visiteurs de voir sous un nouveau jour ses œuvres multisupports, dans un ancien intérieur bourgeois, et non sur les murs blancs et froids d’un musée contemporain.

Virginie MOREAU

 

> Hôtel de Cabrières – Sabatier d’Espeyran – 35, boulevard Sarrail – Montpellier.
Billetterie au Musée Fabre – 39, bd Bonne Nouvelle – Montpellier – 04 67 14 83 00.

> L’expo Viallat est visible jusqu’au 2 novembre 2014, du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Musée ouvert le 15 août.

> Visites guidées tous les samedis à 14h, de juillet à octobre 2014.

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