Droit

En marge du conseil municipal ...par Antoine ALLEMAND - Agissons pour Agde

En marge du conseil municipal Comme c'est devenu une habitude (les uns faisant voeu…

En marge du conseil municipal

Comme c'est devenu une habitude (les uns faisant voeu de silence, les autres ayant déserté le combat), quand le maire oublie ses réflexions et ses attaques mal venues, le conseil municipal s'endort.

Nonobstant un nouvel emprunt de 434 000 euros (décision modificative du budget annexe assainissement) avalé sans autre forme de procès, au moins trois questions à l'ordre du jour auraient dû davantage inspirer nos élus.

Impasse Cékado, avenue des étrennes, boulevard des bons copains… :

Par délibération d'avril 2006, l'actuelle majorité a approuvé la conclusion d'un traité de concession d'aménagement avec la SNC Languedoc Terrains (groupe Guiraudon- Guipponi- Leygue) concernant la ZAC du Capiscol (face à Intermarché). Ce traité précise que les voiries, espaces verts et transformateurs constituent des équipements sous maîtrise d'ouvrage du concessionnaire à remettre à la commune à l'achèvement des ouvrages et à la levée des réserves.

Le conseil communal “au regard de l'avancement de la commercialisation des parcelles, des voiries et des espaces verts” de la tranche 1 et d'une partie de la tranche 2 de la ZAC décide d'intégrer ces éléments (65 000 m2) dans son domaine public communal  routier dès aujourd'hui , alors qu'il avait tout le temps pour le faire. En effet, l'aménagement de la zone est bien loin d'être terminé et la voirie, en particulier, aura encore beaucoup à souffrir du trafic  des camions et des engins de chantiers. Désormais, c'est à la commune qu'incombera le soin (et les  coûts) de remise en état.

Pourquoi une telle hâte ? A qui profite le crime ? A priori, pas au contribuable lambda.

Un coeur tout chamboulé

Le conseil municipal décide de soliciter l'ouverture d'une enquête publique préalable à la DUP de prescription de travaux de réhabilitation de 4 immeubles en centre ville.

 La majorité se félicite d'avoir pu initier plus de 60 réhabilitations de logements (soit 3 300 m2 habitables sur 10 ans) au travers de la convention d'aménagement “PRI centre ville” confiée à la SEBLi. Modeste, elle précise qu'”il reste encore de nombreux immeubles dégradés“. Et pour cause, le Périmètre de Restauration Immobilière porte sur  800 immeubles dont 230 déclarés vétustes… Au rythme des réhabilitations menées à ce jour, le programme pourra être bouclé en …2 133.

Mais ne faisons pas la fine bouche, 4 réhabilitations nouvelles, c'est mieux que rien; sauf que l'on peut s'interroger sur la façon dont ces travaux sont menés.

Les 4 immeubles concernés se situent au bas de la rue Jean Roger, en remontant de la fontaine Napoléon vers la maison du coeur de ville, soit hors du périmètre des îlots de réhabilitation déclarés prioritaires par notre fine équipe. Incidemment on apprend que ces immeubles (329 m2 au total) appartiennent  à la fois à la ville d'Agde et à l'agglomération Hérault Méditerranée (en copropriété ?) et donc n'entrent pas dans le lot des immeubles acquis à fin de réhabilitation par la SEBLI qui va suivre le projet.

Le montant des travaux TTC estimé (464 000 euros) est inférieur au coût estimé du m2 de travaux HT multiplié par le nombre de m2 (entre 495 et 594 000 euros).

D'une page à l'autre, la surface habitable d'un des immeubles (le n°3 de la rue J. Roger) passe de 210 à 160 m2.

Les immeubles réhabilités devraient permettre de créer 5 logements de respectivement 80, 80 , 57, 30 et 28 m2 habitables. 

Voilà pour la forme.

Pour le fond, si la réhabilitation de cet îlot est menée à bien, il serait intéressant  de revenir sur les objectifs poursuivis dans le cadre de la requalification du centre ville : “…démolir en procédant à des curetages…démolir les éléments rapportés en toiture ou façade et ne respectant pas l'architecture originale…Produire du logement social mais aussi diversifier l'offre et permettre le retour sur le centre ville de jeunes ménages, de familles…

Dans le cas qui nous intéresse, une partie de l'îlot, en décrochement de la fontaine Napoléon, est bâtie en pierre de basalte sur deux étages. Sur ce mur d'origine ont été accolées en  partie  basse des constructions plus sommaires. Une réhabilitation bien pensée aurait dû envisager la suppression de cette “verrue” ( en particulier le n°5 de la rue J. Roger qui devrait “produire” un appartement de 28 m2  peu propice à loger un jeune ménage ou une famille complète), ce qui aurait conduit à une harmonisation de façades en pierre de basalte et  contribué à donner un “peu d'air” au quartier. 

On peut toujours rectifier le projet : Que les élus qui ont voté le lancement de l'enquête publique et sont prêts à loger à l'année avec leur famille dans 28 m2 lèvent le doigt !

Théâtre d'ombres

Voilà remis sur le tapis le projet 2020 d'aménagement de la Maison des Savoirs pour “permettre une meilleure prise en compte des attentes des habitants et usagers( dixit la voix de son maître )  Il est prévu d'aménager “une véritable salle de spectacle et de ses annexes tout en optimisant le fonctionnement général de la médiathèque.” La partie salle de spectacle étant conçue avec accès et fonctionnement autonome, il s'agit en fait de distraire tout une partie de l'ensemble médiathèque pour construire un théâtre de 200 places. 

Coût prévisionnel de l'opération (et on sait malheureusement ce que veut dire “prévisionnel” en langage déttorien): 2 400 000 euros HT.

Pour ne pas perdre de temps et susciter des vocations, outre l'autorisation de lancement d'une procédure d'appel d'offres, le conseil a été invité à voter l'indemnisation des membres du jury “d ésignés par le Président du jury “appelés à se prononcer sur le choix de l'équipe de maîtrise d'oeuvre retenue (478,40 euros la journée + éventuels frais de déplacement, repas…) 

On peut s'interroger sur l'empressement à lancer à 6 mois des élections un projet lourd qui engagera nécessairement  la nouvelle équipe municipale. On peut aussi s'interroger sur le bien fondé de l'opération elle-même : D'abord, le choix d'un théâtre de 200 places est-il judicieux lorsqu'on sait que le Palais des Congrès du Cap (qui compte 500 places) ne peut programmer que des spectacles quasi confidentiels à cause de l'exiguïté  de sa scène ? A tout prendre, si ce théâtre est reconnu d'utilité publique, plutôt que d'amputer la MdS d'une bonne partie de son espace, n'est-il pas préférable de l'installer ailleurs ? Pour ce faire, La maison Capelier, propriété municipale laissée en déshérence, ou l'ancien cinéma Richelieu me paraissent mieux appropriés.  

Si, malgré ce, l'affaire se concrétise, je suggère de faire appel dans la programmation à des auteurs nouveaux et des oeuvres à la grandeur du projet : “Un pygmée au royaume de Lilliput” de Gilles Lepetit ou “le monologue du ver solitaire” de Sébastien Minus feraient l'affaire.  

N'ayez crainte, pendant la campagne le spectacle continue…

 Antoine Allemand

 Agissons pour Agde

 

Qu'en pensez-vous ?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Depuis 1973, d’abord sous format magazine, puis via son site, Hérault Tribune informe le public des événements qui se produisent dans le grand Agathois, le Biterrois et le bassin de Thau.

Depuis 1895, l’Hérault Juridique & Economique traite l’économie, le droit et la culture dans son hebdomadaire papier, puis via son site Internet. Il contribue au développement sécurisé de l’économie locale en publiant les annonces légales.