Expert-comptable: le nouveau président national veut consolider la profession dans l’économie

Elu le 14 mars dernier, Charles-René Tandé est le nouveau président du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables. Il compte développer les spécialisations de conseil à forte valeur ajoutée pour que la profession assiste mieux les entreprises dans leur croissance.

Il faut accroître le rôle de l’expert-comptable dans l’économie ; le nouveau président du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables, Charles-René Tandé, en est convaincu. Il compte en faire sa priorité pour sa mandature de deux ans.

« L’expert-comptable a un rôle à jouer dans l’économie en assistant le chef d’entreprise pour lui permettre de développer son activité », a-t-il d’emblée déclaré le 6 avril 2017, lors de sa première conférence de presse. Le professionnel du chiffre n’est pas seulement celui qui arrête les comptes des entreprises. « Une image trop réductrice ! Ce n’est pas ma vision », a-t-il prévenu. Pour y remédier, le président du CSOEC veut s’employer à développer les activités de conseil de la profession. Comment ? Par la spécialisation. « Je parle de conseils plus spécialisés et à plus forte valeur ajoutée », a précisé Charles-René Tandé. Les spécialisations pourraient concerner notamment l’évaluation, les systèmes d’information, l’appréciation des risques et le diagnostic stratégique. La profession aurait ainsi un double avantage : sa déontologie et ses spécialisations.

Avancer rapidement sur la spécialisation

Malgré les échéances électorales avec la présidentielle et les législatives, le président du CSOEC souhaite avancer rapidement sur ce dossier. Car il ne nécessite pas de modifications législatives. « C’est pourquoi je suis assez optimiste », a-t-il confié. Un séminaire des élus du CSOEC se tiendra le 15 juin prochain pour arrêter les choix sur la spécialisation, puis une session aura lieu début juillet pour les valider. Ensuite, le dossier sera transmis au ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. « La spécialisation est également l’une des réponses à l’attractivité de la profession pour les jeunes », a-t-il tenu à ajouter.

Le séminaire des élus prévu en juin n’a pas la spécialisation comme seul sujet à étudier. Il se penchera également sur le projet de nouvelle organisation territoriale de la profession pour s’adapter aux 13 grandes régions décidées par le président de la République, François Hollande. Tout va dépendre des résultats de la présidentielle et des législatives. « Nous allons nous assurer que le nouveau pouvoir politique garde ce découpage actuel et que nous devrons impérativement le respecter », a précisé Charles-René Tandé. L’idée serait de créer des comités territoriaux dans les anciennes régions afin de conserver une proximité entre les élus de l’Ordre et les cabinets. Le nouveau président du CSOEC espère boucler ce dossier avant la fin 2017.

Des professionnels plutôt remontés

Il n’a pas caché que, sur le terrain, la profession est agacée par la mise en place de la DSN (Déclaration sociale nominative). Pourquoi ? « Nous vivons une période compliquée. Les experts-comptables sont des personnes légitimistes ; nous nous sommes mis en ordre de marche pour répondre au passage de la phase 3 de la DSN. Seulement, les organismes complémentaires ne sont pas prêts à recevoir la DSN », a-t-il répondu. Autrement dit, les gestionnaires de paie des cabinets d’expertise comptable sont obligés de demander à leurs clients des doubles déclarations. Ils se retrouvent donc à faire deux fois le travail. « C’est inacceptable ! Tous nos gestionnaires de paie sont atteints », a-t-il averti.

La mise en place du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, programmée pour le 1er janvier 2018, qui s’appuie sur la DSN, n’arrive pas au bon moment pour les rassurer. Sans contester le principe de ce prélèvement, le président du CSOEC n’a toutefois pas caché ses regrets : « Comment peut-on faire compliqué lorsqu’on pouvait faire simple ? ». Car, à la place d’organiser un prélèvement mensuel entre le contribuable et l’administration, le collecteur de l’impôt sur le revenu va être l’entreprise, et par conséquent son expert-comptable, via la télédéclaration.

En raison de la masse de flux, si les délais ne sont pas respectés, les pénalités de retard risquent de peser sur l’expert-comptable. Autre souci, les salariés des entreprises verront un changement sur le montant de leur fiche de paie et demanderont des explications. « On a des modalités irréalistes et irréalisables. Le prélèvement à la source a un coût, inévitablement », n’a pas caché le président du CSOEC, qui a tenu, au nom de la profession, à alerter Bercy. Le ministre de l’Economie, Michel Sapin, aurait du mal à entendre le message. Peut-être ce dernier sera-t-il mieux reçu par son successeur ?

Jean HARDAUD

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