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FRONTIGNAN - Citoyenneté : Kurdistan, la guerre des filles

Engagées contre l’oppressionDans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence…

Engagées contre l’oppression

Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Ville, signataire de la charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, propose un ciné-débat autour de la projection du documentaire de Mylène Sauloy, Kurdistan, la guerre des filles, vendredi 25 novembre au CinéMistral, en présence de Lucile Johnes, jeune chercheuse qui a participé à la réalisation du film.

Pleinement engagée dans la lutte pour l’égalité des droits des femmes et des hommes et contre les violences faites aux femmes, la Ville participe, le 25 novembre, à la Journée mondiale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes créée en 1999 par l’Organisation des Nations Unies (ONU), en proposant une rencontre au CinéMistral autour du film de Mylène Sauloy, Kurdistan, la guerre des filles. Un documentaire passionnant qui témoigne du combat des femmes kurdes qui, révoltées contre la violence masculine, ont décidé de changer le cours de l’histoire. La projection sera suivie d’une discussion, en présence de Lucile Johnes, jeune chercheuse qui a vécu en Turquie et fait de nombreux séjours au Kurdistan. Amie de Mylène Sauloy, elle a participé à la réalisation du film.

Kurdistan, la guerre des filles : Début 2015, le monde saluait le courage des femmes kurdes des Unités de défense féminines (YPJ) qui avaient combattu pour libérer la ville symbole de Kobané, en Syrie, du joug djihadiste. Aujourd'hui, kalachnikov en main, elles poursuivent leur résistance massive face à Daech, dans le Rojava, le Kurdistan syrien, comme au Sinjar, en Irak. Mais cette armée de femmes, formée militairement et politiquement, qui porte haut le projet d'une société affranchie du patriarcat, s'inscrit dans un mouvement de résistance déjà ancien, créé il y a bientôt 40 ans  en Turquie autour de Sakine Cansiz. Cofondatrice du PKK, assassinée, avec deux autres militantes kurdes à Paris le 10 janvier 2013, cette icône a inspiré des générations de femmes. Elle est en outre à l'origine des communautés et des camps d'entraînement installés dans les montagnes du Qandil, au nord de l'Irak, qui rassemblent des femmes kurdes de la région mais aussi d'Europe, unies par un même idéal : construire des sociétés égalitaires, démocratiques, multiethniques et multiconfessionnelles.

En 2003, lors d'un énième séjour dans le Kurdistan d'Irak où se sont réfugiés des milliers de combattants du PKK au lendemain de l'arrestation de leur leader, Abdullah Ocalan, et de sa condamnation à perpétuité, Mylène Sauloy tombe par hasard sur des camps de femmes. Des Kurdes de Turquie mais aussi des Irakiennes, des Syriennes et des Européennes. « Je les savais très militantes, mais c'était autre chose de les voir construire une petite ville à flanc de montagne. Pour tout dire, j'étais assez perplexe sur la pérennité de cette expérience. » Elle y retourne en 2005, y passe du temps, continue de documenter la tentative des Femmes libres du Qandil, une zone montagneuse située dans l'est de l'Irak, de faire émerger un autre modèle de société, féministe, paritaire, démocratique et écologique. De retour à Paris, elle tente, en vain, de monter un film. D'autres projets la happent, les images tournées dans le Qandil continuent de dormir.

L'assassinat à Paris, des militantes du PKK, Sakiné Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Söylemez, par lerégime turc en janvier 2013 puis, la façon dont les médias ont montré les femmes combattantes lors de la victoire de Kobané en janvier 2015 sans contexte historique vont réactiver pour Mylène Sauloy l'urgence à exhumer l'épopée des Femmes libres. Elle décide alors de boucler son documentaire en suspend et repart donc une nouvelle fois, fin 2015, en Irak et Syrie, pour retrouver ces femmes en guerre.

Mylène Sauloy : Avec une formation d’architecte et un doctorat en sciences sociales, elle fait ses débuts dans le journalisme en qualité de reporter TV (Arte, Canal +, TF1..) et correspondante pour la presse écrite. Auteure de plusieurs ouvrages (Bogota Jungle (1984), Vivre en Guerre (2003) et bien d’autres encore, elle a réalisé une vingtaine de documentaires, à l’occasion des grands conflits contemporains, notamment Grozny : Paroles de femmes (2004), Le Drôle de pays des Kurdes d’Irak (2003), Tchétchénie, la ballade du loup et de l’Amazone (1997)…

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes : Alors que les militants en faveur des droits des femmes ont choisi en 1981, la date du 25 novembre comme journée de lutte contre la violence, en mémoire des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines brutalement assassinées sur les ordres du chef de l'État, Rafael Trujillo le 25 novembre 1960, l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a proclamé cette date Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes en 1999, et a invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités conçues pour sensibiliser l'opinion au problème.

Ciné-débat : Kurdistan, la guerre des filles de Mylène Sauloy (France, 55mn, 2015)

Vendredi 25 novembre, 18h30

CinéMistral, avenue Frédéric-Mistral

Séance gratuite, apéritif offert par la Ville

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