Le Cap d'Agde : Symphonia, la première convention d’Arterris autour de « l’agriculture, une activité d’avenir »

Hérault Tribune Pro Reportage

Placée sous le signe de l'échange et du débat, à destination de ses partenaires externes, Arterris a organisé sa première convention au Palais des Congrès du Cap d’Agde le 9 juin dernier.

©arterris

Au programme de ces échanges, la présentation de la coopérative d’agriculteurs Arterris, l’intervention de l’économiste et conférencier Philippe Dessertine, et une table ronde avec Sébastien Abis, directeur général du Club Déméter.

Après deux années sans assemblée générale publique, l’objectif de cette convention était d’échanger avec les experts et économistes sur les grands enjeux de l’agriculture de demain.

« La crise sanitaire et la guerre en Ukraine viennent bouleverser le fonctionnement de nos sociétés. Les attentes sociétales autour de l’agriculture se sont voulues multiples et plus importantes ; cela impacte notre fonctionnement de tous les jours. Nous devons prendre un peu de hauteur, du recul, et partager tous ensemble ce que doit être l’agriculture et l’évolution de celle-ci, sur nos territoires, mais également au sein des hauts directoires français, et de la planète. » C’est en ces termes que Jean-François Naudi, président d’Arterris, a débuté la convention Symphonia.

Arterris, acteur de son territoire

Créée en 2008, Arterris est une coopérative qui regroupe 25 000 agriculteurs et emploie 2 200 salariés en régions Sud et Occitanie. Elle accompagne au quotidien les agriculteurs dans le développement et la diversification de leurs exploitations agricoles, et agit sur l’ensemble de la chaîne, de la production à la transformation jusqu’à la commercialisation des produits. Elle s’organise autour de 3 pôles : agricole (productions végétales et animales), agroalimentaire et distribution. Ses implantations sont nombreuses et variées : silos, magasins agricoles Gamm Vert, laboratoires, usines d’aliments et de semences…

La coopérative est présente sur tout l’arc méditerranéen, dans un peu plus d’une quinzaine de départements : l’Ardèche, l’Ariège, l’Aude, l’Aveyron, les Bouches-du-Rhône, la Drôme, le Gard, la Haute-Garonne, le Gers, l’Hérault, le Lot-et-Garonne, la Lozère, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, le Var, et le Vaucluse. Sur les marchés français, Arterris est le premier multiplicateur de semences, premier producteur mondial de blé dur, tournesols, premier opérateur national sur le marché de la viande au vin, premier collecteur de riz, premier producteur de cassoulet supérieur.

Naudi Jean Francois President Arterris ©arterris

Pour Jean-François Naudi, Arterris « est une entreprise qui a une gouvernance très démocratique, avec une assemblée générale qui regroupe l’ensemble des adhérents. Ces derniers élisent un conseil d’administration, un bureau et des présidents. Nous avons un fonctionnement très innovant, très collectif, qui va dans le sens de ce que peut-être la valeur de la coopération, avec les valeurs humaines qu’elle porte

Un pôle qui crée de la valeur autour de l’agroalimentaire

 « L’agroalimentaire pèse 40 % de notre activité en chiffre d’affaires. La distribution, qui, historiquement était une distribution en jardineries, évolue vers la distribution alimentaire, avec un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros », explique Christian Reclus, directeur général.

Sur les 1 003 M€ de CA du groupe, la distribution représente un chiffre d’affaires de 60 M€, l’agroalimentaire 367 M€, et le pôle agricole 576 M€. Au gré du prix des matières premières, le pôle agricole verra sa part en chiffre d’affaires évoluer, cette année en particulier. Jusque-là, elle représentait autour de 60 % du chiffre d’affaires. Pour 2021, le CA consolidé est de 1 003 M€, 17 M€ d’EBITD, 45 M€ en DFN, et 195,9 M€ de fonds propres. Pour le pôle agricole, c’est 576 M€ de CA pour 1 314 salariés, et pour les métiers du grain, c’est 229 M€ de CA.

Développement d’une agriculture productive et écologique

Depuis 2009, le groupe a investi des moyens importants en recherche et développement pour innover et proposer à ses adhérents de nouvelles techniques de production. Fondée sur l’agriculture productive et écologique, cette pratique fournit un cadre scientifique et technologique concret pour répondre aux enjeux d’une demande alimentaire mondiale croissante, dans le respect des écosystèmes et de l’environnement. Il s’agit aussi de tirer parti des nouvelles technologies, d’essayer de nouveaux itinéraires agronomiques ou de revisiter d’anciennes pratiques. Arterris mise aussi sur la robotisation et la technologie connectée. C’est un bon relais de croissance pour intégrer toutes les nouvelles technologies de demain, respectueuses de l’environnement et durables.

Acteur pour la protection des cultures sur tous les territoires

L’enjeu de l’agrofourniture est d’accéder à toutes les innovations et d’avoir la taille critique pour permettre des négociations à l’achat. Les agrofournitures et les services représentent 175,5 M€ de CA, les agroéquipements 24,5 M€ de CA et les emballages 16 M€ de CA.

Reclus Christian DG Arterris ©arterris

Christian Reclus confie : « nous ne sommes plus dans la négociation tarifaire, mais dans l’accès aux matières premières. Avec d’autres groupes régionaux, il a été mis en place des unités permettant d’organiser des centrales d’achat. L’approvisionnement est réalisé régionalement pour les semences, pour les produits de protection des cultures, ainsi que pour les engrais. »

Les semences

Il ajoute : « c’est avant tout une valeur ajoutée pour les producteurs. Avec des outils industriels importants, 17 millions d’euros ont été investis dans ces filières pendant trois ans, de façon à se doter d’un outil capable d’affronter les enjeux de demain en termes de rapidité, de capacité de réception et de qualité du travail entendue. Nous avons plus d’offre que de capacité à produire les semences que l’on nous demande. Nous avons toute notre place dans ce domaine. La concurrence internationale est rude, mais les semenciers ne mettront pas tous leurs œufs dans le même panier. Pour autant, nous considérons que notre territoire a quelques atouts – nos outils, nos producteurs, notre savoir-faire. A nous de continuer à capitaliser. C’est important pour nous, pour notre avenir. » Les semences et légumes secs représentent 71 M€ de CA, 900 agriculteurs multiplicateurs et 17 000 ha de surface de production.

Les légumes frais

Pour relancer la production de légumes, le choix a été fait d’investir en fusion avec une petite coopérative qui produit des carottes et du radis noir dans la vallée de la Durance. Les réseaux de producteurs ont été relancés. En continuant à recruter des producteurs, Arterris devient un groupe national pour commercialiser les légumes. Elle a néanmoins renoncé à la production d’asperges. « À côté du négoce de légumes que nous avions racheté en Provence, nous venons de reprendre une entreprise de pommes de terre sur laquelle nous comptons capitaliser par rapport à ses savoir-faire, et transposer de nouvelles zones de production sur les territoires de nos adhérents. Nous pensons que le légume reste un relais de croissance important. Ce n’est pas la croissance que l’on connaît dans les céréales, mais pour autant, nous considérons que nous sommes capables de nous adapter, de partager des stratégies avec des acteurs existants pour continuer à consolider cette filière qui nous semble être un relais de croissance et un champ d’opportunités pour nos producteurs qui souhaiteront se diversifier » souligne le directeur général.

Nutrition animale

La nutrition animale est historique dans le groupe; elle est répartie sur 2 principales usines, l’une à Bram et l’autre à Castelnaudary. Dans l’année, l’usine de Bram va être reprise par un producteur important dans la région pour faire de l’aliment bio, ce qui permettra à cette entreprise de se donner un nouvel élan sur un territoire, avec du potentiel. Du côté des chiffres, le volume de commercialisation d’aliments est de 130 000 tonnes, et une quarantaine de millions d’euros de chiffre d’affaires. À peu près 50 % de l’aliment est intégré directement dans des filières organisées par le groupe.

La distribution

Le pôle distribution est composé de 258 salariés. Il génère un chiffre d’affaires de 60 M€. Il est composé essentiellement des enseignes Gamm vert, des jardineries dans lesquelles le rayon terroir va être augmenté progressivement. Cela va permettre d’accroître la fréquence d’achat des clients, ainsi que la fréquentation. Devant la réussite de cette stratégie, la coopérative a trouvé nécessaire de pousser la réflexion plus loin. La deuxième étape a été de créer un magasin Frais d’ici. L’enseigne propose des produits frais de provenance locale ou régionale.

Du côté des comptes

La coopérative avait un objectif de 3 % d’EBE, qui n’est pas tenu depuis quelques années. Mais elle a pour ambition de le réaliser pour 2024/2025. Même si le groupe a beaucoup grandi depuis sa création en 2009, ce qui semble essentiel pour Christian Reclus, « c’est de maîtriser les fondamentaux du groupe. Il y a eu une petite baisse de fonds propres ces dernières années, car le résultat n’était pas au rendez-vous. L’actif immobilisé est totalement recouvert par les fonds propres ; il n’y a pas de dépendance forte à ce niveau-là. La dette est maîtrisée, car malgré la croissance du groupe, elle était à 45 millions l’année dernière. Environ à deux années d’EBE en termes de dette. Nous devons maintenant continuer à travailler pour améliorer la rentabilité et aller chercher de la valeur essentiellement en aval. Même si actuellement l’agroalimentaire est sous pression avec le prix des matières premières, nous restons convaincus que c’est la bonne voie. En amont, nous allons produire plus et mieux, en aval cela va sécuriser de la valeur. Pour l’exercice qui sera clôturé dans une quinzaine de jours, un EBE jamais atteint depuis cinq ans est attendu.

L’envolée des prix des matières premières et la non-acceptation par la grande distribution de certaines augmentations pèsent lourdement sur les comptes des entreprises de transformation. Globalement, le pôle alimentaire est impacté négativement par la hausse des matières premières, qui n’a pas pu être répercutée. Notre enjeu est de maîtriser notre outil jusqu’au bout, de fixer de la valeur en aval et de gérer la transition environnementale pour répondre aux enjeux de production. Nous sommes avant tout des producteurs. »

La coopérative se donne pour mission de continuer à innover dans l’agriculture productive et écologique avec ses propres moyens. Arterris n’est pas un acteur dans une filière aux quatre coins de la planète, mais plutôt un acteur polyvalent, et polycompétent sur le territoire.

Arterris ©elodie Greffin
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