Les microentrepreneurs veulent plus de simplicité

Les défenseurs du régime des microentrepreneurs (ex-autoentrepreneurs) plaident pour un retour à une plus grande simplicité du régime, huit ans après sa création.

Après la publication du livre blanc « Pour un renouveau du travail indépendant », publié par la Fédération des auto-entrepreneurs (Fedae), qui plaide notamment pour une plus grande simplicité du dispositif, c’était au tour d’Evo’portail d’argumenter, le 27 avril dernier, à Paris, lors d’une conférence de presse. Créé en 2010, ce site Internet propose une aide à l’inscription et au suivi de l’activité pour les microentrepreneurs.

Profil des microentrepreneurs

Entré en vigueur en 2009 pour proposer une forme d’entreprenariat la plus simple possible, le régime de l’autoentrepreneur a été rebaptisé microentrepreneur par la loi Pinel de juin 2014. Evo’portail, qui annonce 100 000 personnes suivies depuis sa création, dresse leur portrait et témoigne de leurs difficultés. « C’est une nouvelle génération. Ils ont une nouvelle façon d’appréhender le monde du travail. Ils veulent recentrer leur vie professionnelle autour d’une passion », estime Lucas Leonardi, directeur général d’Evo’portail. Cette tendance prend une forme particulière. « Ce sont des ‘slashers’ : ils vont exercer plusieurs métiers en même temps », ajoute Lucas Leonardi. Il s’agit par exemple de pratiquer durant la journée un métier vu comme alimentaire, comme comptable, et une passion le soir, du genre professeur de yoga… La démarche est particulièrement répandue chez les personnes de moins de 30 ans.

Au total, d’après les statistiques officielles, la France compte 1,1 million de microentrepreneurs. Parmi eux, 664 000 sont actifs, c’est-à-dire qu’ils déclarent un chiffre d’affaires. Un peu plus de la moitié le font à titre principal.

 

Qui sont les microentrepreneurs ?

Leur profil est divers et a évolué depuis 2010 : près d’un sur quatre est salarié, contre 28 % en 2010. 28 % sont demandeurs d’emploi ; ce chiffre est en baisse par rapport à 2010, où ils étaient 33 %. Et 5 % d’entre eux sont retraités, proportion qui demeure assez stable.

Autre réalité qui n’a pas beaucoup évolué en sept ans, la répartition hommes / femmes : ces dernières représentent 37 % des microentrepreneurs aujourd’hui, contre 34 % en 2010. Quant au niveau d’études, il est plutôt élevé : environ 30 % de ces entrepreneurs détiennent des diplômes supérieurs de deuxième ou troisième cycle, alors que 19 % n’ont aucune formation diplômante.

Des secteurs variés

Parmi les secteurs d’activité les plus dynamiques figurent les transports, le design, l’immobilier, le nettoyage, la santé et les arts, alors qu’à l’inverse, le secteur juridique et le commerce de détail sont les moins concernés.

Des complications… parfois utiles ?

Aujourd’hui, en dépit de l’ambition originelle du législateur, pour Lucas Léonardi, le régime de microentrepreneur « reste malgré tout compliqué ». Depuis 2010, en effet, les textes ont apporté des modifications, leur imposant notamment l’immatriculation au répertoire des métiers et la vérification des diplômes pour les professions artisanales réglementées exercées à titre principal, et l’assujettissement à la contribution à la formation professionnelle. Parmi les difficultés pointées par Evo’portail figure en bonne place le SPI, stage de préparation à l’installation, d’une durée minimale de trente heures. Il est obligatoire pour les personnes qui demandent leur immatriculation au répertoire des métiers, pour exercer comme artisans. « Certains nous disent : c’est trop cher, ou les délais sont trop grands », témoigne Jenora Sagbohan, responsable service client d’Evo’portail, qui pointe aussi des irrégularités dans les pratiques des centres chargés de réaliser les formalités d’immatriculation. D’après lui, certains exigent des entrepreneurs qu’ils soient formés avant de les inscrire, contrairement à ce que prévoient les textes. « D’un centre de formalités à l’autre, cela varie (…) Il n’y a pas d’uniformité dans la démarche administrative » regrette-t-il. Sur le contenu même du stage, toutefois, « au départ, j’étais un peu réticente, mais c’est un peu un mal nécessaire. Cela fait réfléchir aux choses auxquelles on n’aurait pas pensé », raconte Alice Lasaga, jeune artisane dans la restauration de mobilier en métal, venue témoigner de son passage du salariat au statut de microentrepreneuse.

Anne DAUBREE

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