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Lutte contre la cabanisation : enfin une réelle volonté politique.

2000 ! C'est le nombre de « cabanes » qui vient d'être recensé sur…

2000 ! C’est le nombre de « cabanes » qui vient d’être recensé sur notre commune.
D’après les statistiques, 70% d’entre elles disposent d’une alimentation électrique, 15% de l’eau potable et 6% de l’assainissement.

Elles sont principalement réparties dans trois secteurs distincts diversement interprétés par le plan d’occupation des sols de la Ville d’Agde :
– zone inconstructible (secteur camarines – front de mer)
– zone à vocation agricole, espaces naturels ou boisés à protéger en raison de la qualité des paysages, de la faune et de la flore, en zone inondable rouge (secteur verdisse)
– zone naturelle destinée à l’urbanisation future à long terme (secteur malfato et rochelongue).
Voir document : https://www.herault-tribune.com/archive/img_annexe/index.php?Ax_Id=384

Si ce phénomène de cabanisation revêtait dans le temps un aspect traditionnel (chasse, pêche, agriculture) et social (lieu de détente et de convivialité), la cabanisation de masse, échappant à toute maîtrise et règle d’urbanisme, pose aujourd’hui de réels problèmes de sécurité, de salubrité et de santé publique.

La sécurité élémentaire n’est pas respectée :
La semaine dernière, sur le secteur de rochelongue, les pompiers ont du intervenir sur 5 bungalows ravagés par un incendie du à la maladresse d’un de ses occupants. Ce dernier a mis sa vie en danger ainsi que celles des équipes de secours car ce secteur inconstructible n’est pas encore équipé de réseau d’eau (et donc de bornes à incendie) sans compter que l’absence d’aménagement de voirie et d’aire de retournement rendent difficile l’accès des véhicules d’assistance. Après 4 heures de lutte, les vies humaines ont pu être épargnées mais 5000 m2 d’espaces naturels boisés sont partis en fumée.
Les branchements EDF hors normes, les raccordements sauvages dangereux, l’utilisation de chauffages d’appoint dans des logements mal aérés sont autant de risques supplémentaires qu’il convient de prévenir et de traiter.

La protection de l’environnement bafouée :
La préservation de notre cadre de vie passe par le respect de règles et d’adoption de gestes citoyens au quotidien. La cabanisation a comme conséquences désastreuses l’apparition de décharges sauvages (puisque les camions poubelles n’accèdent pas dans ces chemins) ainsi que la pollution de la nappe phréatique due à l’utilisation abusive de fosses septiques et d’assainissements sauvages.
Et que dire de l’architecture de ces cabanes ? Construites le plus souvent avec du matériel de récupération, elles ne sont pas sans rappeler le paysage des bidonvilles et autres favelas brésiliennes… L’esprit ancestral des cabanes en roseaux (barracas de sanhils) disparaît petit à petit pour céder la place à des lotissements anonymes et médiocres incompatibles avec la beauté et la qualité de nos paysages naturels que nous nous devons de préserver.
Certaines personnes, poussées par la forte pression foncière qui a renchérie considérablement le coût des terrains et donc des logements sur notre littoral, y ont élu domicile dans des conditions d’hygiènes et de confort indignes et dangereuses.
Voir les photos : https://www.herault-tribune.com/?p=p17&Re_Id=116

Du business dans le social :
D’autres cabanes traditionnelles ont directement évolué en villas contemporaines servant de résidence principale.
Ici, l’usage traditionnel d’abris de pêcheurs y est définitivement perdu de vue.
Ces nouvelles constructions, édifiées sans permis et sans la moindre autorisation, sont très prisées sur le marché immobilier d’autant qu’elles s’inscrivent toujours dans des espaces naturels remarquables. Des valeurs de transaction sont parfois données entre 140 et 200 000 euros alors que d’autres se louent à prix d’or durant la saison estivale.

Une injustice fiscale :
Traiter ce phénomène, c’est aussi rétablir et assurer une certaine équité fiscale entre les agathois qui participent par leurs contributions fiscales au fonctionnement et aux investissements de la ville et ceux qui en bénéficient sans acquitter la moindre taxe.

Finalement, très peu de « cabanes » ont gardé leur vocation languedocienne. Aujourd’hui, la plupart sont utilisées comme résidence secondaire, pour les vacances, d’autres traduisent des situations sociales préoccupantes.
Après une tolérance passive et un sentiment d’impuissance trop longtemps constatés, il existe aujourd’hui une réelle volonté politique de prendre le problème à bras le corps afin d’éradiquer ce phénomène qui défie toutes les règles de civisme et d’urbanisme.
Le traitement sera long et difficile, parsemer d’embûches, il faudra alterner dialogue et fermeté, trouver des solutions adaptées à chaque situation sociale rencontrée, il nécessitera persévérance et continuité dans l’action, une coordination entre les divers acteurs concernés (mairie, préfecture, DDE, DDAS, conseil général, communauté d’agglomération, conservatoire du littoral, SAFER, etc…) mais n’est ce pas dans ce genre d’engagement que l’action politique, au service de l’intérêt général, prend toute son ampleur ?

Guilhem SOL-ARBIEU
Qui est-ce ? – Fiche TrominosCap : https://www.herault-tribune.com/?p=p04&action=view&Tr_Id=389

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