Marc Duran, l’exubérance sétoise au service de l’équilibre pictural

Cet été, la rédaction lance une série de visites d’ateliers d’artistes, invitant ses lecteurs à découvrir l’intimité de créateurs, qu’ils soient peintres, plasticiens ou autres… Pour le premier opus de cette série, l’HJE vous propose de faire l’ascension du mont Saint-Clair pour aller à la rencontre du peintre sétois Marc Duran. Un artiste complet qui ne s’est découvert un don pour la peinture que sur le tard, il y a quatre ans. Ses tableaux suscitent la convoitise des collectionneurs, au point que son stock d’atelier est actuellement très mince. Rencontre avec ce peintre aux tableaux foisonnants, comme en mouvement…

Révélation sur le tard

L’histoire actuelle de Marc Duran ressemble à un conte de fées. Musicien, producteur, compositeur, il avait pour habitude de dessiner sur de petits morceaux de papier lorsqu’il était au téléphone. Un jour, ayant un plus grand papier à sa disposition, il le remplit en entier de multiples dessins n’en formant qu’un. Plus tard, alors que Marc Duran lui présentait des œuvres de son ami Robert Combas, un collectionneur remarqua ce fameux dessin et voulut le lui acheter. Duran accepta, sans lui révéler qu’il en était l’auteur. Devant l’engouement de ce premier collectionneur et des suivants, il finit par avouer les avoir réalisés. Et voilà le jeune quinquagénaire propulsé presque malgré lui dans une carrière de peintre. Le conte de fées ne s’arrêta pas en si bon chemin. Marc Duran fut remarqué par Pascal Saumade, spécialiste de l’art brut. Celui-ci lui proposa une exposition qui remporta un succès total. Puis il rencontra l’agent Christian Jurand, initiateur du Cercle
des Arts, qui eut un coup de cœur pour ses œuvres et lui proposa un contrat de quasi exclusivité. Depuis, les expositions s’enchaînent en France et à l’étranger pour cet homme qui n’aurait jamais pensé devenir peintre un jour.

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“Printemps noir”, 200 x 100 cm.

La peinture, une thérapie

Pour Marc Duran, la peinture est un exutoire. « Elle m’évade. Peindre me régule, c’est presque de l’art thérapie. Je peins parfois frénétiquement, corps et âme », explique-t-il. « Et entre plusieurs coups de pinceau, je marche. Je fais des kilomètres dans mon atelier pendant que je réfléchis à une œuvre. Certains de mes coups de pinceau sont très énergiques ; parfois c’est comme si je tapais la toile. Maintenant je comprends l’expression faire corps avec l’œuvre », indique-t-il. Il a une façon originale de préparer la toile : il la pose au sol, marche dessus, la froisse, la plie…

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“L’Adoubement”, 116 x 89 cm.

Un style reconnaissable

Après avoir préparé sa toile, Marc Duran établit des connexions entre les différentes taches qu’il a volontairement créées. Il les relie, établissant ainsi une sorte de cartographie. Puis il les encercle pour mieux s’en rappeler. Il explique vouloir « figer les formes fugaces » qui apparaissent sur ses tableaux. Il comble ensuite les espaces vides par des milliers de points pour créer des contrastes, là où d’autres peintres mettraient des aplats de couleurs. C’est ce qu’il nomme ses « apoints », qu’il compare à un travail de broderie. Le peintre écrit également sur ses tableaux ses propres poésies, des dialogues avec ses chers disparus, voire des doléances. « Avec une écriture de docteur, pour ne pas pouvoir me relire », ironise-t-il, ajoutant : « Ce que j’écris sur les toiles est très confidentiel, je m’y livre tout entier ». Lorsqu’il se limite à l’abstraction, comme actuellement, son travail est qualifié d’abstraction pop par les critiques d’art. Parfois, il est plus figuratif, lorsqu’il rajoute des formes : visages, fleurs, formes organiques, etc. Mais en aucun cas narratif. Marc Duran couvre totalement la toile de peinture, en all-over, de façon « antiminimaliste ». « Je veille à ce que chaque série soit une expérimentation », assure-t-il.

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“Chant de bataille” (sic), 162 x 130 cm.

Musique et peinture

« Mon art est basé sur l’équilibre. Ma bible est Le Traité d’harmonie d’Arnold Schoenberg. Je travaille mes peintures en musicien : mes tableaux sont comme des compositions musicales. Mais à la différence de l’écriture ou de la musique, qui ne peuvent rester en l’état après le premier jet, la peinture permet de matérialiser l’urgence. Je balance tout ce que je peux sur la toile dès le départ. Les cercles et les points mettent ensuite en valeur ce premier travail qui sort de mes tripes », analyse Marc Duran.

L’artiste indique avoir totalement changé de vie grâce à la peinture. « La peinture est ma bonne étoile, mais je n’oublie pas pour autant mes passions pour l’écriture et la musique », conclut-il.

Virginie MOREAU
vm.culture@gmail.com

Les œuvres de Marc Duran sont visibles en permanence à la Galerie Mas de Coulondres, à Saint-Jean-de-Védas (fermée en août).

Une exposition collective à la Chapelle du Quartier Haut. Du 5 août au 17 septembre 2017, le Cercle des Arts – présidé par Christian Jurand – proposera un accrochage de groupe intitulé Une scène sétoise à la Chapelle du Quartier Haut, à Sète. Aux cimaises figureront des œuvres de Marc Duran, Aldo Biascamano, Ketty Brindel (première muse de Robert Combas), Julia Collaro, Claude Combas, Christophe Cosentino, Fred Hoyer, Lucas Mancione, Frédéric Périmon, Jean-Marie Picard et Topolino. Le commissariat d’exposition sera assuré par Sabine Van Tornhout (directrice de la Galerie Mas de Coulondres à Saint-Jean-de-Védas) et le conseil artistique par Philippe Saule (directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Sète). Marc Duran aura ensuite deux expositions individuelles simultanées à Londres et Annecy en octobre 2017.

 

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