MARSEILLAN - L'histoire du port

Le Port de Marseillan vient de se parer d'un nouveau visage après trois ans de…

Le Port de Marseillan vient de se parer d'un nouveau visage après trois ans de travaux de rénovation. Le nouvel aménagement fait la part belle à la piétonisation, aux modes de transports doux et à l’embardée culturelle. Le tout sans trahir l’âme du Port si chère aux Marseillanais. 

Le lieu, chargé d’histoire, reste un endroit authentique situé à l’extrémité ouest de la lagune de Thau. 

La particularité architecturale et technique du nouveau Port est une fontaine d’eau salée située à son extrémité et qui forme un miroir scintillant. Elle a aussi pour fonction d’aérer l’eau du Port. 

Le Port est devenu un carrefour culturel qui expose des oeuvres. On y trouve « Vague S11 », du sculpteur, Mehdi Melhaoui et « L’Autre mer » immense tableau installé sur le Château du Port en 2017 par Jean Denant, artiste plasticien sétois. 

 

Un lieu authentique chargé d'histoire

Le port de Marseillan a été, de par sa superficie, le second port de l’Hérault après Sète pour les vins et spiritueux. Sur ses quais, certaines demeures ont encore fière allure, témoignant de la bourgeoisie existante à cette époque-là. Mais l’esprit républicain reste également bien présent ; en plein coeur du village se trouve la première statue de la Marianne jamais érigée en France, souvenir de la résistance des Marseillanais contre le coup d’Etat, en 1851, de Louis-Napoléon Bonaparte, alias Napoléon III. 

Fin de la lutte des classes, c’est à la Royauté que Marseillan doit sa naissance et son essor. Ses premiers quais émergèrent au XVIIIème siècle alors que se construisait le Canal du Midi, quand Paul Riquet en imagina le tracé, le port de Marseillan n’était pas le centre du village, il n’y avait là qu’une poignée de maisons. En bout d’étang, peu profond, sujet à l’envasement, il fallait périodiquement le draguer et le curer. Aujourd’hui, il subsiste de cette époque la cave coopérative, les chais Noilly Prat et de belles et hautes portes de maisons viticoles. 

De temps immémoriaux, la petite baie dans laquelle sera construit, plus tard, le port de Marseillan, permettait aux barques et aux bateaux d’éviter les « sautes d’humeur » de l’étang de Thau et d’accoster sur ses rives. C’est un véritable « havre de sécurité » ! Dans cette baie, dominée par un petit mamelon arasé depuis des siècles, abordèrent les Phocéens en 535 av. J.C, lorsqu’ils établirent un comptoir, le futur Marseillan. 

Des travaux rudimentaires sont effectués aux époques grecques et romaines, pour assécher et combler les marécages environnants, pour « butter » les terres riveraines qui permettront aux bateaux d’accoster plus facilement et de s’abriter avec plus de sécurité. Cet embryon de port devient aussi un relai pour les bateaux qui circulent sur « le chapelet d’étangs qui s’étire de Narbonne au Rhône ». Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, quelques améliorations sont apportées. Le port, avec ses rives en terre battue, se dessine ; Marseillan a son église, son château et son port. 

Le port de Marseillan était utilisé non seulement par ses habitants, mais aussi par ceux de Florensac, Pomerols, Bessan, Pinet ; de fait, il devient de plus en plus important. En 1699, débute la construction du nouveau port « en dur » car, si le port a été creusé et parfois dragué, les berges sont toujours en terre battue. 

Là où le Canal du Midi termine sa course 

Par chance, l’endroit fut retenu pour être le débouché au canal du Midi. Avec l’ouverture du canal, du jour au lendemain, Marseillan ne fut plus au bout du monde mais à un carrefour commercial de première importance. Il fallut alors réaménager le port pour qu’il réponde aux besoins commerciaux. 

Vins et spiritueux ont fait la fortune de ce port de pêcheurs qu’est Marseillan 

Le port connaît un essor formidable au XIXème siècle grâce à la viticulture et aux spiritueux. Ici furent inventés et fabriqués le Quinquina, l’apéritif Mignon et le Noilly Prat. Par ailleurs, la région produit une grande quantité de vin qu’il faut acheminer et exporter. Marseillan entreprend de grands travaux portuaires afin de faire face à la demande. Des laisses (zone de plage à découvert) sont comblées et font gagner d’immenses étendues de terre sur l’étang. Les portions sont attribuées à des négociants qui construisent de grands chais et des entrepôts. 4 

Puis, avec les crises successives de la viticulture du Midi et l’engouement pour d’autres boissons à l’heure de l’apéritif, fabriques et négoces de Marseillan ont périclité pour s’éteindre presque totalement dans les années 50-60. A cette époque, les petits pêcheurs le réinvestissent. 

Un second souffle avec le tourisme 

Marseillan aurait pu retourner à son sommeil d’antan, mais le tourisme est passé par là. La plaisance et la croisière fluviale ont donné à Marseillan un second souffle dans les années 70. Sa situation exceptionnelle payait une seconde fois. Son plan d’eau magnifique a attiré la prestigieuse école de voile des Glénans. 

Un agrandissement engendre deux autres bassins dévolus aux bateaux de loisirs et aux pénichettes. La pierre basaltique noire, tirée du volcan d’Agde, ajoute un cachet particulier aux quais d’une région où les pierres jaunes de calcaire dominent. Petite particularité : à voir à l’entrée du port, la capitainerie à clocheton dont on dit qu’elle serait la plus petite au monde construite en dur. 

Aujourd’hui, le port de Marseillan a gardé tout son charme d’antan. Il propose aux visiteurs des quais bordés d’agréables petits restaurants qui offrent aux gourmets la promesse de délicieux plats à savourer. L’été, des animations et concerts y sont proposés. 

 

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