Maryse Faye : une Folie et un habitat participatif par Zac

Engagée en politique depuis plus de trente ans, son ADN est « la résilience, l’anticipation et la prospective ». Maryse Faye, adjointe chargée de l’Urbanisme et la Maîtrise foncière à la Ville de Montpellier, revient sur les Zac, éléments importants de la stratégie municipale en matière d’immobilier et d’urbanisme.

Montpellier met l’accent sur ses Zac…

« La politique de la ville de Montpellier est de retravailler sur les Zac pour éviter l’urbanisme à la parcelle. Les Zac sont des territoires sur lesquels on peut étudier, dans l’anticipation et la prospective, l’ensemble des équipements qui seront nécessaires pour l’accueil des futures populations, en matière de logements, d’entreprises ou de bureaux. C’est un moyen d’équilibrer les charges foncières. Nous retravaillons en ce moment sur toutes les Zac qui sont en cours avec la Serm et la SA3M. »

Commençons par Pagézy…

« La Zac Pagézy est le second symbole de Zac en centre-ville après la Zac Nouveau Saint-Roch. Pagézy est une zone sur laquelle il existe des constructions, contrairement à la Zac ­Nouveau Saint-Roch. Nous ferons autour des bâtiments existants, en particulier les centres commerciaux, mais aussi la mairie, pour laquelle il y a eu récemment un classement d’architecture du XXe siècle. Nous travaillons avec la DRAC pour savoir jusqu’où l’on peut intervenir sur le bâtiment en lui-même et comment dégager de la constructibilité supplémentaire. Nous partons quasiment de zéro, en capitalisant les études qui ont été faites précédemment, mais avec de nouveaux paradigmes. C’est un lieu stratégique qui nous permettra de faire à la fois du logement, mais aussi d’insérer en centre-ville de nouveaux espaces de bureaux et d’accueil d’entreprises et des équipements publics. Nous ne sommes pas sur une table rase, mais presque. Une table sur laquelle on peut tout imaginer, en particulier l’urbanisme du XXIe siècle. Pourquoi pas une tour ? Pourquoi pas une Folie ? Et bien évidemment une requalification des espaces publics, qui sont aujourd’hui datés – ils remontent aux années 1970 – et dont il faut faire une refonte complète. Il faut aussi amener de la nature en ville. Il s’agit donc d’un territoire stratégique sur lequel on doit faire preuve d’innovation ; c’est ce qui sera demandé aux architectes : être dans l’innovation la plus complète. »

Et Cambacérès ?

« Ce lieu représente une pépite d’accueil pour les entreprises. Avec Michaël Delafosse, nous sommes dans une volonté d’accueil de nouvelles entreprises, de nouvelles implantations, pour développer le tissu économique montpelliérain, afin d’apporter de l’emploi, parce que c’est un cheval de bataille très important. Montpellier est une ville d’accueil, attractive, et il lui faut trouver des espaces d’accueil d’entreprises. Ce site s’y prête particulièrement parce qu’il est desservi par la gare TGV, il est à proximité de l’autoroute et il sera bientôt desservi par le tramway avec l’extension de la ligne 1. C’est un lieu stratégique sur lequel l’optique a évolué dans le temps par rapport à l’origine de cette Zac, puisqu’il n’y aura pas de logements dessus. La ligne de tramway permettra de relier cette zone d’emploi aux zones d’habitat. Les Zac des alentours sont suffisamment vouées à la mixité de logements. On a ici un écosystème qui s’est créé entre la mobilité, l’économie, l’habitat et un urbanisme nouveau – puisqu’on est surtout sur des halles de l’innovation (c’est un critère important sur ce territoire) – et qui est accompagné d’un grand territoire sanctuarisé par un aménagement d’espace planté – La Mostie a fait acte d’un geste paysager important qui va valoriser ce territoire – et par une autre partie qui ne sera pas urbanisée, puisque ça a été un engagement de campagne : le développement d’une nature spontanée avec un agriparc, une forêt urbaine. Ce territoire est véritablement aujourd’hui, sur l’est de Montpellier, une pépite sur laquelle nous avons des ambitions fortes d’accueil d’entreprises et de préservation de la nature. Cela correspond complètement à nos engagements préalables, qui sont une réponse aux attentes des Montpelliérains. »

Et les autres Zac ?

« Elles sont dans des états d’avancement différents. Par exemple, l’EAI est en cours, avec des projets sortis de terre, d’autres qui sont arrêtés et qui seront en chantier prochainement, et uns partie sanctuarisée : le parc Montcalm que l’on a agrandi à 23 hectares au lieu de 18. Il y a aussi des Zac de requalification, comme La Restanque, au sud de Montpellier. Ce territoire est empreint d’installations semi-industrielles ou d’entreprises économiques mais qui ont une requalification à faire parce qu’elles sont soit obsolètes dans leurs produits, soit par leurs bâtiments vieillissants. Nous avons décidé que cette Zac démarrée avant la précédente mandature doit être continuée mais avec une démarche beaucoup plus durable. Nous retravaillons cet espace important, de plus de 100 hectares, sur lequel nous avons aussi des velléités de retrouver des architectures du XXIe siècle et un déploiement urbain correspondant aux normes actuelles – des pistes cyclables, des transports en commun – et des espaces naturels sous la forme de micro espaces verts qui s’inséreront à l’intérieur des différents îlots de constructibilité. Avec bien évidemment la prise en compte des risques hydrauliques car de nouvelles études montrent que le Lantissargues représente un risque beaucoup plus important au niveau des inondations que le risque précédemment estimé. Nous arrêtons la Zac de l’Hortus car elle est intégrée dans le périmètre de Med Vallée sur laquelle nous avons l’ambition de faire venir des entreprises de recherche, bien-être, orientées vers la santé et le développement environnemental. Nous sommes en pleine réflexion sur ce territoire avec des experts et la nomination du nouveau responsable de Med Vallée. On a bloqué certaines opérations de promoteurs sur ce périmètres. La Zac des Coteaux, qui est le prolongement au sud de la Zac Malbosc, est un territoire pratiquement naturel, riche en biodiversité. Nous voulons quand même créer une zone de constructibilité avec des paradigmes encore plus forts que ceux que l’on donne actuellement aux promoteurs, pour trouver une Zac très végétale, avec de la mixité sociale et de la mixité de typologies de logements. On y verra aussi les nouvelles architectures du XXIe siècle, avec en particulier des produits biosourcés pour rendre la constructibilité acceptable. On y trouvera un corridor vert qui reliera à La Mosson.
Les types de Zac sont très personnalisés par rapport à leur situation et à leurs orientations futures. C’est quelque chose que nous mettons en place pour rééquilibrer le territoire montpelliérain et que chacun y trouve sa place et qu’il n’y ait pas de discrimination en matière sociale, économique ou environnementale. Par exemple, à La Mosson, nous voulons que des entreprises s’installent et redéveloppent un élan économique pour que chaque Montpelliérain puisse aller à La Mosson. On va y créer une grande halle commerciale, et, quand le stade de foot sera parti, un nouveau pôle d’animation et d’attractivité pour tous les Montpelliérains ; pour faire un brassage de population. »

Vous avez évoqué une Folie en début d’entretien. Serait-ce le retour des folies architecturales ?

« A Montpellier nous voulons développer deux axes forts : l’habitat participatif, qui peut être développé sur l’ensemble du territoire montpelliérain, et les folies, que Michaël Delafosse avait inventées à l’époque où il était adjoint à l’urbanisme et qui avait fait des émules sur le territoire national. Et une publicité sur Montpellier avec des retombées économiques, car les deux immeubles de grande hauteur qui existent aujourd’hui font encore la renommée nationale de Montpellier au niveau des publications et des architectes. Une troisième, beaucoup moins haute que les deux autres, est en train de sortir : Higher Roch sur la Zac Nouveau Saint-Roch. Nous voulons nous repencher sur les folies. Ces folies sont un exemple de challenge que l’on pourrait mettre en place au niveau des cabinets d’architecture et des promoteurs pour gagner de la hauteur puisque ça correspond à la volonté de densification et gagner en exemplarité sur les innovations technologiques de l’architecture du XXIe siècle. Donc notre objectif est de mettre une folie par Zac si on arrive à dégager du foncier pour cela, mais aussi en diffus. Nous sommes à la recherche de ces territoires. Nous ne désespérons pas d’en trouver pour chacun des quartiers. L’idée est qu’une folie symbolise chaque quartier.

Et l’habitat participatif ?

« L’habitat participatif est aussi un moyen d’offrir une palette de logements, d’habitats nouveaux. On veut de l’individuel. C’est pour cela que nous protégeons les lotissements existants. Il n’y a pas de raison que des immeubles sortent de terre dans ces lotissements. Plusieurs promoteurs ont joué le jeu et retiré leurs permis de construire. Pour nous, ces lotissements correspondent à un besoin futur : quand Med Vallée existera et fonctionnera, il va être l’objet d’une attractivité très importante vis-à-vis des cadres et des salariés. On peut par exemple imaginer que des cadres parisiens auront envie d’une petite villa avec jardin et seront intéressés par ces lotissements anciens, que l’on peut réhabiliter si besoin avec des matériaux biosourcés ou autres. Répondant à un besoin, on part du principe que ce sont de nouvelles pépites, d’autant que ces lotissements anciens sont en général végétalisés et qu’ils correspondent au nouveau paradigme. L’habitat participatif correspond à une volonté de vivre ensemble. Donc nous réservons dans chacune des Zac un terrain sur lequel des groupements peuvent venir nous proposer leurs projets d’habitat participatif, que l’on appuiera, que l’on aidera. On en a déjà vus quelques-uns, comme par exemple Mas Cobado, mais ce n’est pas suffisant ; il faut absolument que l’on développe cette palette de produits. Les équipes techniques de la ville de Montpellier – et de la SA3M, puisque ce sera surtout situé sur les Zac – mettront bien évidemment un accompagnement en place.

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Commentaires

  1. Je ne suis pas une spécialiste de l’urbanisme mais je m’étonne que l’on ne parle ici qu’en terme d’habitat et de construction. Il me semble que le concept du “vivre ensemble” devrait encadrer tout projet urbain : reconstruire la coexistence des groupes sociaux, des cultures, des langues, des religions, des âges et des activités, réfléchir les sociabilités des espaces collectifs partagés, les services déployés… Bref penser autant en terme éthiques qu’esthétique.

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