SETE - MUSEE PAUL VALERY EXPOSITION PIERRE NOCCA DU 22 OCOBRE AU 27 NOVEMBRE 2016

PIERRE NOCCALes Figures du tempsHommage au sculpteur sétois disparu en 2016 dans sa 100e…

PIERRE NOCCA

Les Figures du temps

Hommage au sculpteur sétois disparu en 2016 dans sa 100e année 22 octobre – 27 novembre 2016

Du 22 octobre au 27 novembre 2016, le Musée Paul Valéry rend hommage au sculpteur Pierre Nocca en exposant cinq de ses œuvres, Les Figures du temps (1994-1996). Pierre Nocca allait avoir 100 ans quelques mois après sa disparition intervenue le 15 février dernier.

À Sète, sa ville natale, ses réalisations sont devenues des marqueurs emblématiques au sein de l’espace urbain. Les Figures du temps appartiennent à la dernière période de sa carrière, celle des Bifaces, terme emprunté aux préhistoriens pour désigner des sculptures de faible épaisseur. Comme toutes ses œuvres, elles procèdent d’une recherche conduite depuis la fin des années 1930 sur l’essence de son art et la nature de ses procédés. Les cinq sculptures exposées au Musée Paul Valéry se distinguent par leurs formes épurées et apparaissent comme l’aboutissement de son travail sur l’équilibre entre le vide et le plein au sein de la matière. En ce sens, Les Figures du temps représentent le point culminant de l’œuvre de Pierre Nocca et la synthèse des postulations d’une carrière de sculpteur.

A l’occasion de cette exposition, un catalogue est édité par Les Éditions Midi-Pyrénéennes Textes de Maithé Vallès Bled, Philippe Nocca, Philippe Saulle.
36 pages, prix : 13 €

Extraits des textes du catalogue Pierre Nocca, Editions Midi-Pyrénéennes

« Les œuvres réunies pour cet hommage constituent également d’une certaine manière un symbole, celui des Figures du temps, également nommées Les Heures, dans lesquelles on peut voir tout autant les différents âges de la vie que l’inscription inéluctable de tout être dans le temps et dans l’espace. Cette série de cinq bifaces résume avec brio les recherches qui animèrent l’artiste durant de nombreuses années dans la dernière partie de sa production : épuration des formes, légèreté de la ligne, lignes de forces suggérées pour une intégration puissante dans l’espace. Pierre Nocca fut sans doute le meilleur théoricien de sa démarche, comme en témoigne cet entretien qu’il donna en 2012, dans lequel il précisait l’origine de ses bifaces : « C’est l’observation d’un galet très plat, avec de très légères veines qui ressortaient à sa surface qui m’a encouragé dans l’exploration de cette voie. J’étais au milieu de ces grandes plaines du nord de l’Espagne, je le tenais au bout de mes doigts comme l’on fait avec un crayon lorsque l’on dessine et il « tenait le coup », il dégageait une force incroyable face à ces espaces immenses. C’était un galet, c’est donc tout naturellement que j’ai emprunté le terme de biface aux historiens spécialistes de la préhistoire. Il renvoie aux premiers tailleurs de pierre, aux premiers sculpteurs. Il y a dans ce terme à la fois l’expression des premiers tâtonnements de l’homme pour maitriser et utiliser la matière et le regard que l’on porte sur l’objet que l’on tient dans sa main et que l’objet nous renvoie. Ce que je vois est aussi ce qui me regarde. Le face à face. Dans mes bifaces, cependant, les deux faces identiques et renversées sont comme celles de Janus, tournées l’une vers le passé et l’autre l’avenir. Que je le veuille ou non le procédé introduit une temporalité, une narration. C’est un procédé d’une très grande richesse expressive et symbolique ». […]

Maïthé Vallès-Bled

Directrice du Musée Paul Valéry

[Très tôt] se dessinent des préoccupations formelles que Pierre Nocca explorera plus tard dans les séries qu’il intitulera Bifaces, sculptures minces et aérées dont les deux faces sont identiques. Il travaille le vide plus que le plein, cherche des orifices dans le poids des murs. Sans doute fut-il finalement plus inspiré par Paul Niclausse, dont le critique d’art Léon Deshairs disait : « Il sait animer la pierre sans troubler la sérénité d’un mur. »[…]

En 1987, la Ville de Sète lui demande de réaménager la place Léon-Blum. Surprenant ses amateurs et sa famille, il décide de proposer un grand poulpe naturaliste accompagné de deux dauphins stylisés. Dessins précis à l’appui, le poulpe emporte finalement l’adhésion des commanditaires. Il est aujourd’hui, à Sète, un monument emblématique. Un tentacule dressé vers le ciel rétablit la verticalité de l’ensemble incliné en arrière-plan vers la rampe de la rue Louis-Blanc. L’octopode ouvre largement ses bras vers l’entrée de la place, décidé à affronter son destin. Pour l’artiste, face à l’hôtel de ville, le poulpe représente la connaissance et les dauphins l’intuition, deux qualités nécessaires aux affaires publiques. Il sourit à cette « allégorie du bon gouvernement ». Mais Pierre Nocca n’est pas un artiste politique. Il est engagé corps et âme dans son travail de sculpteur et dessine sans cesse, le jour, la nuit, durant les repas et avec tous les outils et toutes les matières qu’il rencontre. Les œuvres du maître sont innombrables à travers la France et dans les collections privées. Dans cette veine naturaliste, Pierre Nocca réalisera de nombreuses autres sculptures, dont cinq poulpes et un curieux murex. Ce coquillage épineux en laiton repoussé et soudé, de deux mètres de long, fera l’admiration de Vladimir Jankélévitch, théoricien du « je-ne-sais-quoi et du presque-rien » ou de « l’esthétique de l’ineffable ». Nocca recevra une belle lettre témoignant de l’admiration du philosophe. 

Philippe Saulle

Eléments biographiques

SETE MUSEE PAUL VALERY1Pierre Nocca est né le 27 août 1916 à Sète.

Issu d'une famille italienne immigrée, c'est à Sète, et surtout sur le quai de la Marine et à bord des bateaux-bœufs de son père et de ses oncles, qu'il passe toute son enfance.

À l'âge de treize ans, il embarque comme mousse, mais sa passion pour la peinture aura raison de la mer. La mer et les bateaux, il commence à les peindre pour un peintre sétois qui, impressionné par son talent précoce, le pousse à entrer à l’Ecole des beaux-arts de Montpellier.

Son succès fulgurant permet son admission en 1936 à l'Ecole des Arts décoratifs de Paris, et en 1937 à l’Ecole nationale des Beaux-arts de Paris, dans l’atelier d’Henri Bouchard et de Paul Niclausse. Il se lie d'amitié avec le sculpteur César.

En 1937, son professeur Henri Bouchard lui prédit le prix de Rome pour son Apollon en marbre. Ce ne sera pas cependant pour Rome mais pour la guerre qu'il devra partir.
Revenu à Paris, il rejoint rapidement la Résistance. Il occupe un atelier à la Ruche. En 1947, la ville de Montpellier lui commande le Monument des martyrs de la résistance puis, en 1964, le Monument à Jean Jaurès. Il revient de plus en plus souvent dans sa région d’origine, où il exécute de nombreuses commandes. En 1960, il se fixe définitivement à Sète où il est professeur à l'Ecole des Beaux-arts jusqu’en 1985.

Pierre Nocca meurt le 15 février 2016. Il aurait eu cent ans le 27 août de cette même année.

Principales commandes publiques

2002 L’Ajustaïre, matériaux composites, 4 m, Canal royal de Sète.

1987 La Fontaine du Poufre, laiton repoussé et granit, 13 x 8 x 5 m. Aménagement de la place Léon Blum à Sète, face à l’hôtel de ville.

1974-1980 Travaux décoratifs muraux associant inox, pâte de verre, mosaïque et  peinture pour des groupes scolaires à Montpellier, à Andorre-la-vieille et dans la région de Toulouse.

1971-1975 La Leçon d’Athéna, 1973, pierre, 4 m, Villemur-sur-Tarn. Le Guetteur, 1976, laiton repoussé, 4 m, Carcassonne.

Poulpe, 1978, laiton repoussé, 3 x 2 x 1,60 m, Argelès-sur-mer.
Aboli bibelot, 1984, 2,10 m, laiton repoussé.
Papillons, 1985, 2,50 m, laiton repoussé, bibliothèque municipale de Castres.

1964 Monument à Jean Jaurès, Montpellier.
1958 Bas-relief de verre, pour l’Institut d'Emission de l'A.O.F. et du Togo, Abidjan,

Côte d’Ivoire.

1955 Maître-Autel, pierre, 3,40 x 1,30 m, église de Cazedarnes (commande d’État).

1947 Monument des Martyrs de la Résistance, pierre, Montpellier.

Visuels disponibles et libres de droit

MUSEE PAUL VALERIE2

L’équipe du musée Paul Valéry

Maïthé Vallès-Bled

Directrice du Musée
Conservateur en chef du Patrimoine Commissaire de l’exposition

Stéphane Tarroux

Conservateur du Patrimoine

Clémence Ricard Vilar

Régisseur des expositions

Céline Attanasio

Régisseur des collections

Caroll Charraul,Aurélie Carnac Éléa Gadéa, Roberta Serrat Médiation des publics

Aurélie Reynaud

Médiation des publics

Sébastien Charles

Coordination du Club des Partenaires et des manifestations, autres que les expositions

Marie-Hélène Monclus

Secrétariat de la conservation

LES AMIS DU MUSÉE PAUL VALÉRY

Fabienne Schneider

Présidente

Marie-Christine Harant

Vice-présidente en charge de la communication

lesamisdumuseepaulvalery@laposte.net Tél. : 04 67 51 30 87

Les informations pratiques

Adresse

Musée Paul Valéry
148, rue François Desnoyer 34200 Sète

Téléphone

(33) 04 99 04 76 16

Site internet

www.museepaulvalery-sete.fr

Jours et horaires d’ouverture

Jusqu’au 6 novembre, le musée est ouvert tous les jours sauf le lundi. Horaires : de 9h30 à 19h

A partir du 7 novembre, le musée est ouvert tous les jours sauf le lundi Horaires : de 10h0h à 18h00

Le musée est fermé le 1er novembre

Tarifs pendant exposition

Entrée : 9 €
Visite commentée : 1 €
Jeunes (10-18 ans), étudiants : 4,50 €
Enfants moins de 10 ans, demandeurs d’emploi, scolaires ville de Sète : gratuit Groupes plus de 10 personnes : 7 €
1er dimanche de chaque mois, accès gratuit à la visite des collections
Scolaires hors ville de Sète : 25 € par classe

Brasserie du Musée (Brasserie des Arts)

Tél. : 04 99 02 36 92

 

 

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