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TOURISME - Rubrique "Les secrets de la réussite" - La saga du Petit train...

Comme annoncé en début d’année à l’assemblée générale du Club des Managers, le journal hérault tribune ouvre ses colonnes au monde économique local en lui consacrant une nouvelle rubrique intitulée “Les secrets de la réussite”. L'idée est de vous faire découvrir les dessous d'une activité locale, son histoire, son développement et bien sûr les personnes qui en sont à la tête, […]

Comme annoncé en début d’année à l’assemblée générale du Club des Managers, le journal hérault tribune ouvre ses colonnes au monde économique local en lui consacrant une nouvelle rubrique intitulée “Les secrets de la réussite”.

L'idée est de vous faire découvrir les dessous d'une activité locale, son histoire, son développement et bien sûr les personnes qui en sont à la tête, souvent méconnues du grand public et qui pourtant en ont fait ce qu'elles sont aujourd'hui. Visionnaires, travailleurs acharnés, ils nous livreront tour à tour les secrets de leur réussite…

L'autre originalité de cette rubrique : l'interviewé sera le prochain interviewer de l’entreprise de son choix.

 


Pour inaugurer cette série, la rédaction d’Hérault-Tribune a choisi de s’intéresser à la saga des Petits Trains du Cap d'Agde

Rencontre avec Olivier DUBOSSON, à la tête de cette entreprise depuis 10 ans.


 

 

olivier dubosson petit train cap agde

 

1. Pouvez vous nous présenter votre entreprise ?

Les petits trains existent sur le Cap d'Agde depuis 1982. La société a été créée par mon père Paul DUBOSSON secondé par ma mère Danièle. En 2007, mon frère Stéphane et moi-même avons pris la succession avec l’ambition de développer le concept. Il faut dire que le site, riche de 2 600 ans d’histoire et d’activités volcaniques, ne manque pas d’atouts.

 

2. Quel est votre parcours ?

Après un IUT Gestion des Entreprises et Administration, puis une école de commerce, j’ai débuté ma carrière professionnelle à Montpellier dans une enseigne de vente d'articles de sport, d’abord comme vendeur puis responsable de boutique. J'ai ensuite participé à l'ouverture d’un plus gros magasin, à Toulouse,  dans lequel je suis resté 2 ans.

 

3. Dans quelles conditions avez vous été amené à reprendre cette entreprise ?

Un véritable concours de circonstances : l’heure de la retraite avait sonné pour mes parents et de mon coté, l’expérience acquise loin de mes bases me permettait d’être en capacité d’assurer une reprise solide.

J'avais de plus l'avantage de connaître parfaitement le secteur d'activité puisque, depuis  l'âge de 3 ans, j'ai vécu les saisons estivales et appris le métier « à l’ancienne », sur le tas. Toutes les conditions étaient donc réunies pour réussir l’objectif que je m’étais fixé : être à la tête d’une entreprise.

 

4. Est il possible d’estimer votre impact sur l’économie et le tourisme local ?

Chaque année, nous ré-injectons environ 50 000 € dans l'économie locale au travers d’investissements publicitaires, frais d'entretien des véhicules,  prestataires de services ou redevances diverses.

Nous sommes jusqu’à 6 salariés en pleine saison pour être en capacité de recevoir environ 40.000 personnes par an.

Notre clientèle est très variée. Notre activité a l'avantage de toucher tous les âges : les enfants pour le côté ludique, propre au petit train, mais également les adultes qui souhaitent découvrir leur lieu de vacances. Parents et enfants peuvent participer ensemble à ce loisir.

Aujourd’hui, l’entreprise a atteint sa vitesse de croisière mais nous sommes toujours dans un esprit dynamique et innovant, pour améliorer notre concept.  Nous sommes par exemple la 1ère entreprise de petits trains à être reconnue par des labels Qualité (auparavant ''Qualité Hérault'', puis ''Qualité Sud de France'' et ''Qualité Tourisme'').

petit train cap d agde

 

5. L’obtention de ces labels est un gage de réussite.  A quoi l’attribuez-vous ?

Ne jamais s’endormir, toujours innové, être à l’écoute des clients, sentir les évolutions de marché et les anticiper.

 

6. A propos d’innovation, justement, à quand un petit train électrique ? On doit souvent vous le parler…

Oui, bien sur et cela fait parti des évolutions du marché et des attentes de la clientèle.

L’année dernière, nous avons investi dans 2 nouveaux petits trains, plus respectueux de l'environnement que nos précédents modèles.

Pour la version électrique, il faudra encore patienter un peu. Les constructeurs viennent à peine de réussir l'homologation de leurs matériels. Cette perspective devient donc possible que depuis quelques semaines.

Mais il reste la problématique de l'autonomie des batteries. Nous attendons d'avoir du recul sur leur utilisation en conditions réelles. Pour le moment, les constructeurs affirment qu'un petit train électrique peut rouler jusqu'à 8 heures d'affilée. Or, au Cap d'Agde, en pleine saison, nous circulons avec 2 trains et une amplitude horaire de 14 heures d'affilée ; cela sous-entend donc l'achat de 3 locomotives électriques.

Enfin, et surtout, le coût de l'investissement qui est, pour l'instant, hors de prix ; à moins d'augmenter considérablement nos tarifs publics. La vente de nos 2 petits trains actuels ne suffirait pas à payer un seul petit train électrique.

 

7. Avez-vous pensé à d’autres améliorations ?

Nous améliorons le concept sans arrêt.

Nous avons créé un site internet www.lepetitrain.fr puis en 2016, nous avons rajouté un 3ème circuit. Il monte jusqu'au sommet du Mont St Loup pour faire découvrir le point de vue exceptionnel à 360° sur la plaine et le littoral de la région. Le public apprécie vraiment ce nouveau parcours.

Cette année, nous allons installer des commentaires déclenchés par GPS. Ainsi, les chauffeurs n'auront plus besoin de manipuler le lecteur audio et pourront se concentrer exclusivement sur la conduite.

Des prises de vue par drone et un clip vidéo sont également au programme.

Mais la grosse nouveauté sera l'adaptation à chaque locomotive d'une technologie hybride à eau ! L’objectif est de tendre vers des trains de plus en plus propres. En effet, ce procédé réduit les émissions de particules fines, de gaz d'échappement et, accessoirement, la consommation de carburant.

Pour les années suivantes, nous verrons en fonction des opportunités et des budgets disponibles. J'ai encore pleins d'idées mais le manque de temps et d'argent freinent beaucoup d'initiatives.

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8. Rencontrez vous d’autres contraintes ?

Contrairement à d'autres sites touristiques, le Cap d'Agde n'a  malheureusement pas la possibilité d'accueillir des paquebots de croisières. Pour les professionnels du tourisme, voir débarquer des centaines de personnes avides de découverte aurait été une belle opportunité. Certaines entreprises de petits trains reçoivent ainsi plusieurs milliers de clients.

Ici, il nous faut réfléchir autrement pour nous développer, nous y travaillons. Nous essayons par exemple de capter la clientèle des groupes d'excursion à la journée mais, sur ce secteur, la concurrence des destinations est rude entre Sète, Pézenas, les écluses de Fonséranes, Carcassonne, Aigues-Mortes…

 

9. Avez-vous à ce sujet des idées à soumettre à la collectivité ?

Chaque année, nous remettons au Maire un rapport d'activité sur notre entreprise dans lequel nous faisons, entre-autre, des suggestions. Il n'y a donc aucune de nos idées que la municipalité ne connaisse pas. Mais, dans l'intérêt général, il y a un projet qui mériterait quelques lignes : l’aménagement du Mont Saint Loup.

Par expérience, nous savons que les touristes apprécient les points de vue en hauteur, notamment depuis une colline. Nous pouvons citer comme exemple, le Mont St Clair à Sète, la Bonne-Mère à Marseille, Montmartre, Nice, Monaco, Collioure etc. A Agde, nous avons la chance d'en avoir un, depuis le sommet du Mont St Loup. Nous pouvons dire que le point de vue sur la région fait l'unanimité. Sa découverte est indéniablement un atout pour notre destination. Sa valorisation serait un formidable investissement.

J'ai cru comprendre qu'une réflexion approfondie sur le sujet est en cours.

petit train mont saint loup cap d agde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10. Avez vous constaté des changements d’habitudes chez votre clientèle entre 2007 et 2017 ?

Sans surprises, les clients sont plus exigeants qu'avant et font des choix dans leurs dépenses. Une activité de loisir peut se faire au détriment d'un restaurant. L'acte d'achat par impulsion se fait rare.

La pleine saison ne se délimite plus par le traditionnel 14 juillet – 15 août. Dorénavant, le pic d'activité commence autour du 20 juillet, pour se terminer fin août. Nous avons également remarqué que les touristes sont moins  couche-tards. Les visites du matin ont plus de succès qu'auparavant, au détriment des départs du soir. Il n'est pas rare de constater des quais quasi-déserts à 23h00, même en pleine saison.

Il faut aussi avouer que les parkings payants modifient les comportements des touristes. Ils flânent moins qu'avant et viennent moins régulièrement.

La aussi, c’est à nous de nous adapter.

 

11. Pouvez-vous nous raconter une anecdote marquante ?

La conduite d'un petit train n'est qu'une succession d'anecdotes : changement d'une roue crevée avec des clients immortalisant la scène, des pannes mécaniques à des endroits improbables, des orages d'une violence inouïe détrempant les personnes transportées, des voitures mal-garées bloquant notre circulation, des bornes d'accès au plage en panne, parfois même bloqué quasiment sous le feu d'artifices du 14 juillet ; les clients ont d'ailleurs été émerveillés par le spectacle. Comme notre véhicule ne peut faire de marche arrière, il n'est pas rare de devoir dételer l'ensemble des wagons, avec souvent l'aide des clients, pour se sortir d'une situation d'impasse. Les Brescoudos nous connaissent également bien, le petit train se retrouve parfois, volontairement ou involontairement dans le cortège, c’est un moment magique.

panorama petit train agde

 

12. Compte tenu de votre parcours, quels conseils pourriez vous donner à un jeune qui se lance dans la vie active ?

Que l'on soit salarié ou entrepreneur, le travail est toujours récompensé. Pour réussir sa vie professionnelle, je pense qu'il faut aimer son métier. C'est une des conditions pour s'investir sans compter, avec passion et ambition. Mais pour cela, il faut se faire assez tôt une introspection sur ses motivations profondes, si possible dès le lycée pour pouvoir orienter ses études. J'ai de nombreux exemples où des camarades ont perdu des années de leur vie à chercher leur véritable vocation. Mais parfois, cela vient plus tard ; cela explique en partie la crise de la quarantaine. Pour ma part, j'ai su assez tôt que je voulais gérer mon affaire ; l'exemple de mes parents ont sûrement  participé à cette révélation.

 Je crois qu'il n'y a pas de sous-métier. L'essentiel est d'être épanoui dans ce que l'on fait, que les revenus tirés couvrent ses besoins, peu importe le prestige de son métier. C'est peut être une banalité mais vaut mieux être un père heureux de la classe moyenne qu'un riche déprimé.

 

13. Nous arrivons au terme de cet échange et vous en connaissez le principe. C’est maintenant à votre tour de choisir qui sera le prochain acteur économique local qui sera interviewé dans cette rubrique…

Tout naturellement, je vais choisir à la famille HÉRY qui est à la tête des coches d’eau, nous faisons finalement un peu le même métier mais avec des spécificités et des contraintes bien différentes. Nous nous saluons tous les jours mais nous n'avons jamais véritablement pris le temps de se connaître. Ça sera donc l'occasion et merci à herault tribune de permettre cette connexion.

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