Un pas de plus vers la réalisation du MoCo : nomination de sa présidente et de l'architecte

Mercredi 5 avril 2017, le maire de la ville de Montpellier, Philippe Saurel, avait convoqué la presse pour lui présenter les avancées en matière de mise en place de l'EPCC du Montpellier Contemporain, futur centre d'art contemporain de Montpellier, dit MoCo, qui sera inauguré en juin 2019. La styliste de mode parisienne Vanessa Bruno est nommée présidente de l'EPCC du MoCo. Et l'architecte Philippe Chiambaretta est chargé de transformer l'hôtel Montcalm en véritable centre d'art "réenchanté".

Le MoCo, un “musée des musées” moteur d’un parcours des arts

Le MoCo devra contribuer à rendre le centre-ville de Montpellier plus attractif, en s’intégrant dans un parcours des arts articulé entre d’une part le MoCo, la Panacée et l’Ecole des Beaux-Arts pour l’art contemporain ; le Musée Fabre, l’hôtel Sabatier d’Espeyran et le Carré Sainte-Anne (dorénavant intégré dans la programmation du Musée Fabre) pour l’art classique jusqu’au XXIe siècle ; et les galeries d’art et les lieux gérés par des artistes. Nicolas Bourriaud, directeur de Montpellier Contemporain, a choisi d’insuffler une nouvelle dynamique et une vraie synergie en accentuant la relation avec la Panacée, qu’il dirige, et avec l’Ecole des Beaux-Arts, qu’il s’apprête à diriger par intérim à la suite du départ de son directeur, Philippe Reitz. “Le pari est inédit en France, puisque le centre d’art intégrera l’énergie d’une école”, indique-t-il. Le directeur du MoCo souhaite redéfinir ce qu’est une école d’art, modifier le cursus, attirer des talents internationaux… Chose qui semble enthousiasmer les professeurs et les étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier, “école qui ronronnait depuis un bon moment”, selon Philippe Saurel. “Nous allons insuffler une nouvelle dynamique”, assure Nicolas Bourriaud. 

Le MoCo sera donc un lieu de formation artistique proposant des espaces d’exposition, de production d’œuvres et de médiation. Nicolas Bourriaud souhaite particulièrement soigner la médiation pour que dans chaque salle d’exposition, le public puisse dialoguer avec des personnes formées à rendre l’art plus accessible. Pour lui, “il est fondamental de casser la paroi de verre entre l’art contemporain et le public”.

“Ma philosophie est de créer un musée des musées ou un musée sans collection. Je souhaite que le public puisse découvrir au MoCo des collections privées ou publiques locales, françaises et internationales”, assure Nicolas Bourriaud, qui veut faire du MoCo “un musée qui présente des avantages sans les inconvénients liés à la gestion d’une collection qui lui serait propre”. Le centre d’art Montpellier Contemporain tournera donc, au moins dans un premier temps, autour de la thématique de la collection et des questions “Qu’est-ce qu’être un collectionneur ?” et “Qu’est-ce qu’une collection ?”. Pour mettre sur pied ces expositions, Philippe Saurel se dit “favorable à tous les partenariats et toutes les coopérations possibles, si c’est gagnant-gagnant”.

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De gauche à droite : la présidente du MoCo Vanessa Bruno ; le maire Philippe Saurel ; l’architecte Philippe Chiambaretta ; le directeur du MoCo, Nicolas Bourriaud ; et l’adjointe à la Culture Sonia Kerangueven (© Virginie Moreau)

 

Vanessa Bruno, figure de proue du MoCo

La styliste parisienne, d’origine nîmoise, Vanessa Bruno a été choisie pour prendre la présidence de l’EPCC du MoCo, qui sera mis en place en juillet 2017. Elle assurera notamment la promotion du Centre d’art, dont elle sera “l’ambassadrice au sein de la société civile”. Cette chef d’entreprise qui se dit “passionnée d’art contemporain” a déjà eu l’occasion de faire s’entrecroiser arts et mode et a suivi de près l’aventure du Palais de Tokyo initiée en son temps par Nicolas Bourriaud, devenu depuis directeur du MoCo. Pour une transition en douceur, Marie-Christine Chaze, actuelle membre du conseil d’administration de l’Ecole des Beaux-Arts, rejoindra le conseil d’administration de l’EPCC du MoCo.

 

Philippe Chiambaretta : prendre en compte les contraintes de l’existant et réenchanter l’hôtel Montcalm

Avec son agence PCA Stream, l’architecte Philippe Chiambaretta est chargé de la rénovation de l’hôtel Montcalm en vue de le transformer en centre d’art. Une rénovation avait débuté il y a plusieurs années pour en faire le Musée de la présence française en Algérie ; elle avait été interrompue il y a deux ans lorsque Philippe Saurel avait préféré faire de ce lieu un espace d’art contemporain. Au vu des résultats de l’audit – en cours – du bâtiment, qui devrait durer un mois à un mois et demi, Philippe Chiambaretta devra déterminer et mettre en route les travaux à faire sur la bâtisse. Travaillant à partir de l’existant et d’une rénovation déjà entamée, il est impossible à l’architecte de faire un grand geste architectural comme au musée Guggenheim de Bilbao, mais telle n’était de toute façon pas la volonté de la Ville. L’objectif de l’architecte dans ce projet est de “s’effacer pour se mettre au service de l’art contemporain” et de “respecter, comprendre et utiliser les travaux qui ont déjà été faits lors du début de la rénovation de l’hôtel Montcalm par l’architecte précédent, donc valoriser au maximum l’existant”.

Le MoCo n’étant pas destiné à abriter une collection, Philippe Chiambaretta va transformer les réserves du rez-de-chaussée en un espace d’exposition, en supprimant au maximum les cloisons. A l’étage, dans la grande salle principale, un problème majeur se pose pour l’architecte concernant le soutènement de la toiture, très présent, qui à l’origine devait être masqué par un faux plafond. Si un faux plafond pouvait parfaitement convenir à un musée d’histoire, tel n’est pas le cas pour un centre d’art, qui a besoin d’une bonne hauteur de plafond pour mettre les œuvres en valeur. Seuls les résultats du bureau d’études permettront d’établir la solution la plus efficace pour régler ce problème.

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A l’étage, le soutènement du plafond, trop visible, pose problème… © Virginie Moreau

Pour renforcer l’attractivité du MoCo, l’architecte va créer un maximum de lieux conviviaux. Le MoCo rassemblera “un jardin poétique, trois niveaux d’exposition, un restaurant locavore, abordable et de qualité, un café et une boutique originale et modulable”.  “Le but est que le MoCo devienne le QG de la culture dans la région”, explique-t-il. La municipalité souhaite “insuffler une part de magie dans ce projet par le biais d’une douzaine de micro-interventions d’artistes plasticiens sur des points clés du site”, le but étant de créer “un jardin magique, un hôtel réenchanté et une cour des fêtes”. Le budget consacré à proprement parler à la rénovation sera le plus serré possible pour financer ces interventions sur le bâtiment, dans le jardin et dans la cour, destinées à donner une identité visuelle au MoCo, tout comme l’œuvre colorée de Daniel Buren sur les fenêtres du Musée de Sérignan avait contribué à donner une identité visuelle à ce lieu d’exposition.

Virginie MOREAU
vm.culture@gmail.com

Le MoCo en chiffres. 22,5 millions d’euros engagés pour la rénovation, 2300 m2 de surfaces utiles exploitables sur 3150 m2 de surface totale.

Calendrier. Avril 2017 : démarrage des études • Mars 2018 : début des travaux • Mars-avril 2019 : réception des travaux • Mai-juin 2019 : montage de l’exposition d’ouverture • Juin 2019 : inauguration et ouverture au public.

EN BREF. Le Mucem de Marseille s’est dit intéressé par les collections acquises par la Ville de Montpellier pour le projet avorté de Musée de la présence française en Algérie. Philippe Saurel va se rendre lundi 10 avril 2017 au Mucem pour aborder ce sujet avec son directeur.

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