Vécu, Béziers : Anthony, "kleptomane, je ne peux pas m'empêcher de voler dans les magasins"

Reportage

Anthony est un homme bien de son temps. Cadre supérieur, il aime les voyages, les sorties et la technologie. Mais il a une manie qui lui pose souvent problème : il vole régulièrement de petites choses dans les magasins.

Photo d’illustration : © Canva.

Depuis sa plus tendre enfance

« Jamais je n’ai manqué d’argent, analyse Anthony*. Mes parents sont des gens aisés, et j’ai toujours eu ce que je voulais. Pourtant, dès mon plus jeune âge, j’ai commencé à chaparder ici ou là un petit jouet à un copain. Plus tard, à l’adolescence, je me suis reporté sur les grands magasins, volant un CD, une paire de gants ou un objet quelconque. Je sortais rarement d’une boutique sans un petit butin. C’était plus fort que moi. Pourtant je n’avais pas besoin d’argent ; mes parents me donnaient largement ce qu’il fallait d’argent de poche. »

« Je me suis fait attraper plusieurs fois par des vigiles ou des vendeuses dans ma jeunesse. Mes parents en étaient malades quand ils recevaient un appel d’un gérant d’enseigne les prévenant que je venais de me faire prendre la main dans le sac. Ils me faisaient un sermon, me privaient de sorties et de plein d’autres choses, mais je recommençais dès que j’en avais la possibilité. J’ai vu un psy pour ça mais dès que j’ai eu 18 ans, j’ai arrêté de le consulter », reconnaît Anthony.

« Comment faire autrement ? »

Devenu adulte, le fait de bien gagner sa vie n’y change rien. « Je n’ai pas modifié mes habitudes, bien que je gagne un salaire confortable. Je ne peux pas m’empêcher d’être tenté lorsque je vois un petit objet qui peut être facilement glissé dans une poche ou un sac. Même si je n’en ai pas besoin ! J’ai bien conscience que mon comportement n’est pas normal, mais comment faire autrement ? Je ne sais pas vraiment ce que je préfère dans le chapardage : désirer un objet ou me le procurer. C’est comme un plaisir coupable. Je suis motivé par l’adrénaline. Dès que j’ai ramené l’objet chez moi, il ne m’intéresse plus du tout ».

Au fil des années, ses larcins s’accumulant dans son appartement, Anthony a dû trouver des moyens de s’en débarrasser. Il détaille : « Je donne souvent à des organismes caritatifs, ou je fais des cadeaux à mon entourage. Cela me permet de me défaire d’un tas de trucs encombrants et qui ne me servent à rien. Ce sont des gadgets la plupart du temps… »

Changer de point de vue

Quand on lui demande comment il réagirait si son jeune fils était pris lui aussi en train de voler dans un magasin, il hésite : « Je lui dirais sans doute que ce n’est pas bien de faire ça, mais je me verrais mal le sanctionner. Je pense que je chercherais à savoir pourquoi il a fait ça : pour briser un interdit, par manque de quelque chose ou par kleptomanie ? Je pense que j’adapterais ma réaction en fonction de ça ».

Grandir

Il se dit prêt à faire des efforts pour ne jamais voler en présence de son petit garçon. « S’il y a une chose dont je suis certain, c’est que je ne veux pas qu’il prenne modèle sur moi. Je souhaite que sa présence m’empêche de passer à l’acte. La kleptomanie est une pathologie. Je ne veux pas qu’il en soit témoin », conclut Anthony.

*Anthony est un prénom d’emprunt, cette personne ayant souhaité témoigner sous couvert de l’anonymat.

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