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Droit

100 Commentaires : N°15 – Revendications

Des revendications des salariés et des retraités sont-elles indécentes ?Note de l’ auteur : Ce texte a été donné à l’Agathois le Mardi 2 mars. Il n’a toujours pas été publié.Au nom de la théorie économique libérale, le dogme actuel dominant cher aux défenseurs du marché et aux pourfendeurs des syndicats, soutenant que chaque revendication […]

Des revendications des salariés et des retraités sont-elles indécentes ?Note de l’ auteur : Ce texte a été donné à l’Agathois le Mardi 2 mars. Il n’a toujours pas été publié.Au nom de la théorie économique libérale, le dogme actuel dominant cher aux défenseurs du marché et aux pourfendeurs des syndicats, soutenant que chaque revendication met en péril l’économie de la Nation, est hostile aux réclamations des salariés.
Or, les grandes sociétés françaises viennent de rendre public leurs résultats pour l’année 2004. Pour les meilleures d’entre-elles (voir Midi-libre du 19 Février) c’est un bénéfice cumulé de plus de 26 Milliard d’euros (170 Milliards de Francs).
Cette situation appelle plusieurs remarques :

1°- Cette somme colossale est hors de l’échelle humaine. Avec elle, au prix unitaire de 260 000 €, une seule personne pourrait acheter 100 000 Ferrari, ce qui lui permettrait d’en changer tous les jours pendant 273 ans, soit pendant 4 générations.
Ce montant peut être également rapproché du Budget de l’État qui, dans la Loi de finance 2005, n’a prévu, dans les dépenses, que 5 Milliards d’euros pour la Justice (5 fois moins) et, dans les recettes, 55 Milliards provenant de l’impôt sur le revenu payé par tous les ménages, c’est à dire à peine le double.
On pourrait multiplier les exemples significatifs. Ainsi, en d’autres termes, ces super-profits pourraient servir à recruter des salariés au SMIC, ce qui réduirait le chômage de 1.685.000 personnes pendant 1 an soit une baisse de plus de 60%.
Sans compter les effets économiques induits, car ces nouveaux salariés consommeraient( la quasi totalité de leur salaire), paieraient des impôts et des cotisations sociales.
Cela réduirait accessoirement le problème des retraites, plus généralement de la sécurité sociale et, à coup sûr, réduirait le déficit de l’État.

2° – Pendant que les grandes entreprises voyaient exploser leurs résultats avec la bénédiction du gouvernement, ce même gouvernement a soigné tout particulièrement les salariés et les chômeurs : Atteinte sur les retraites, diminution de la durée des allocations chômages et de leurs montants, fin des 35 H, perte de pouvoir d’achat des salariés du public comme du privé, licenciements et bien sûr accroissement du chômage.

3° – Comment accepter un pareil déséquilibre et en même temps reprocher aux diverses catégories de salariés leurs revendications. Car si cette iniquité existe, ne l’oublions pas, c’est parce que :
a- Les salariés n’ont pas reçu la juste rémunération de leurs efforts, efforts qui ont permis la réalisation de ces profits vertigineux.
b- Les clients, consommateurs des produits, les ont sans doute trop payés.
c- Les fournisseurs, des petites entreprises en sous-traitance, qui n’arrivent pas ou peu à survivre ont été sous payés.
Si, en période de faible profit, la modération salariale peut, à la rigueur, être de mise, elle devient plus que choquante lorsque de tels profits – que rien ne justifie- sont faits. La seule véritable alternative à l’augmentation des salaires serait l’embauche, or, nous savons que tel n’est pas le cas.

4° – On ne peut pas justifier ce profit, par la nécessité de faire des investissements. Ce serait oublier l’effet de levier puissant que donne le financement par l’emprunt. Or, en ces temps de faible inflation, les taux d’intérêts n’ont jamais été aussi bas et le financement par l’emprunt est donc une excellente affaire.
Les petits actionnaires ne doivent pas servir d’alibi. D’une part ils ne représentent pas un pourcentage important des capitaux de ces entreprises et d’autre part, l’action est un placement qui attire l’épargnant surtout pour ses gains en capital et non pas pour ses revenus à travers le dividende.

Tout au capital, rien aux salaires ? Mieux vaut aller vers une meilleure répartition des richesses créées. Le pouvoir politique doit sanctionner financièrement les firmes en situation de sur-profit et qui n’embauchent pas. Pour le moins, on est en droit d’attendre que ces sociétés ne licencient pas impunément.
Tel doit être l’enjeu majeur des débats politiques à venir.
2004 a été une excellente année pour les profits. Pas pour les salaires, tous secteurs confondus, qui ont dû assumer les conséquences de la politique ultra libérale du Gouvernement Raffarin, le récent chiffre sur le chômage venant renforcer cette analyse.
Cette rigueur ne s’applique d’ailleurs pas à tout le monde, l’ancien ministre UMP de l’économie et des finances peut personnellement en témoigner, comme peuvent en témoigner les élus UMP de la majorité municipale agathoise qui ont voté une augmentation de 7% de leurs indemnités, après celle de près de 20 % votée en 2003.
Où se situe la véritable indécence ?

Qui est-ce ? – Fiche TrominosCap : https://www.herault-tribune.com/?p=p04&action=view&Tr_Id=259

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