9 Bessanais morts pendant la guerre de 14-18 par Michel SABATERY

9 : c'est le nombre de Bessanais morts pendant la guerre de 14-18. Parmi eux,…

9 : c'est le nombre de Bessanais morts pendant la guerre de 14-18. Parmi eux, un fusillé pour l'exemple. Il s'appelait Félix Milhau. On a récemment raconté sa vie ou plutôt sa mort, et celle de ses trois compagnons d'infortune, dans un film passé à la télé. Ses descendants, Josy et Loulou Maurel, habitaient, il y a une trentaine d'années, près de l'église. Francis Delmas, après un travail important de recherche, a retrouvé le parcours de Félix Milhau, et celui des 98 autres Bessanais.
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez le contacter à l'adresse suivante : delmas.francis@wanadoo.fr

Pour ma part, je me suis amusé à écrire, en pensant à leur enfer, le texte suivant que je ne qualifierai pas de poésie. Pour ce qui est du livre sur La vie à Bessan pendant la guerre de 39-45 et dans les années qui ont suivi, il attend.

Les Poilus.

Henri : 18 ans ; rêve de jeunes filles en fleur.

Gonzague : 35 ans ; marié et deux enfants,

Vigneron, … révolté de 1907.

Edouard : mécanicien. Joseph : limonadier.

 

Ils partirent sur l’ordre de mobilisation,

Les uns sourire aux lèvres, gonflés de propagande,

Tout fiers d’être soldats et la fleur au fusil ;

Les autres inquiets et se posant mille questions.

Qui apprendra à lire aux enfants de l’école ?

Qui soignera papé ? Et qui traira les vaches ?

Et qui réparera le toit de la maison ?

Et qui ? Et qui ? Et qui ? … Putain, pourquoi la guerre ?

 

Les autres, malheureux, firent le tour des vignes

Dont les raisins muris appelaient à vendange.

Ils dirent un adieu à leur cheval de trait,

Quittèrent une mère prodigue de conseils

Et un père atterré, et une femme en pleurs

Qu’il fallut arracher du cou de son mari.

 

Cependant qu’à Paris, ministres et députés

Tenaient de beaux discours dans des salons huppés.

 

On les revit fringués de leur pantalon rouge

Et de leur manteau bleu ; Ecrasés sous le poids

D’un barda bien trop lourd. A peine quelques jours

Pour apprendre à tuer, et les voilà au front ;

Et les voilà tapis au fond d’une tranchée,

Attendant d’en sortir baïonnette au canon.

 

Les canons s’étant tus, sur ordre ils s’élancèrent,

En criant à tue-tête. Deux cent mètres à courir ;

Balles de mitrailleuses ; Fils de fer barbelé ;

Horrible boucherie ; Sacrifice inutile.

Tel un château de cartes, par milliers ils tombèrent,

Une balle en plein front ou la jambe arrachée.

 

Cependant qu’à Paris, ministres et députés

Tenaient de beaux discours dans des salons huppés.

 

A nouveau pluie d’obus, derniers arbres arrachés

Et terre retournée, grisâtre… et fumante.

Des corps qui se soulèvent et retombent en morceaux ;

Entrailles éparpillées et sang qui éclabousse.

La folie qui vous guette, la peur qui paralyse

Et fait trembler les corps. Saloperie de guerre !

 

Ventres creux, pieds gelés, et poux dans les cheveux,

Des rats pour partager des repas innommables.

Sommeil qui ne vient pas et larmes dans la nuit ;

Entre les mains boueuses la lettre parfumée

De l’amour de sa vie. Et au petit matin,

Nouvel assaut donné, nouvel élan brisé.

 

Cependant qu’à Paris, ministres et députés

Tenaient de beaux discours dans des salons huppés.

 

Ils s’appelaient Gaston, Edouard, Laurent, Firmin,

Félix, Vincent, Joseph, Jean, Gonzague ou Henri.

Ils sont «  morts pour la France », pour votre liberté ;

Et la plupart d’entre eux avaient moins de vingt ans.

 

Michel Sabatéry

Henri Canitrot

NB : Si ceux qui décident de la guerre étaient tenus de marcher en première ligne, ils hésiteraient à transformer les champs de blé en champs d'honneur. 

 

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