AGDE - En marge du Conseil Municipal du 28 février 2017... Par Antoine ALLEMAND

BP : Rien de bien nouveau sous le soleilSi ce n'est la présence inhabituelle…

BP : Rien de bien nouveau sous le soleil

Si ce n'est la présence inhabituelle d'une assistance nombreuse à ce conseil qui, a priori, n'augurait de rien d'emballant. Essentiellement consacré à la présentation du budget primitif 2017 de la ville d'Agde, il a donné lieu aux classiques échanges entre majorité et opposition. 

Comme à l'habitude, notre maire s'est gargarisé de son excellente gestion et des résultats exceptionnels de la commune. Faisant abstraction de toutes les taxes augmentées ou des exonérations supprimées par ses soins, il n'a pas manqué de souligner que les taux d'imposition demeuraient inchangés depuis 9 ans.

L'opposition par les voix de F. Mur et C. Siewert s'est efforcé de démolir son argumentation et de dénoncer le niveau jamais atteint de l'endettement de la commune (plus de 89 millions d'euros suite au nouvel emprunt de 19 millions prévu cette année… en attendant le prochain emprunt permettant de boucler le projet d'entrée de station du Cap).

On ne reviendra pas sur les arguments développés par les uns et les autres : ce sont, en gros, les mêmes que ceux utilisés le mois dernier lors du débat d'orientation budgétaire

Résultat des courses : 23 pour, 5 contre et 3 abstentions.

Z'avez pas vu mes slides ?

Cela, c'est nouveau et ça fait djeun's …du moins dans le vocabulaire déttorien.

 Nous avons donc eu droit à de magnifiques “slides” pour illustrer le plan de financement du “coeur” de station  (coeur qui, comme chacun sait, se situe juste en entrant à droite et à gauche).

Le premier slide** fait état des dépenses et des recettes prévisionnelles : une première tranche de travaux (ceux actuellement en voie d'être terminés) pour  8 millions d'euros, une deuxième tranche pour 26,4 millions et un total de dépenses d'études et de maîtrise d'oeuvre pour 4,02 millions; ces dépenses sont équilibrées par des subventions d'Etat (prévisionnelles) pour 3 millions, la cession de terrains “rendue possible par le PLU” (nous y reviendrons plus loin) pour 10 millions, la cession de l'actuel Palais des Congrès pour 1 million et un emprunt total de 24,4 millions (dont 19 empruntés dès cette année).

Ainsi le financement du projet est assuré (pour le moment) par l'emprunt à plus de 63 %, alors que fin 2015 (conseil du 24 novembre), G. d'Ettore estimait que les différentes rentrées de devises couvriraient “à la louche” la moitié de l'investissement.

Avec le deuxième slide, cela glisse** un peu plus : il s'agit d'un tableau des échéances de remboursement du prêt de 25 millions sur 20 ans contracté par la ville mis en parallèle avec les nouvelles rentrées d'argent liées au projet . Ce tableau tend à démontrer que le projet deviendrait bénéficiaire dès la 8ème année ( comme l'extension du golf qui ne devait pas coûter un sou ? Comme le camping  de Baldy liquidé à perte ?).

Or rien ne nous explique, si ce n'est pour justifier cet excédent à partir de la 8 ème année, pourquoi le “loyer” annuel payé par le groupe Barrière en échange de la construction de son casino par la ville passe de 100 000 euros en 2018 (année pleine pour l'emprunt) à 247 000 en 2019 pour “finir” à 323 000 euros en 2027.

Mais, surtout, les produits supplémentaires (prélèvements sur les Produits Bruts des Jeux PBJ)augmentent de 254 000 euros en 2018 à 962 000 la fameuse 8 ème année et continuent à progresser allègrement les 12 années suivantes. 

Pour mémoire, G. d'Ettore (conseil du 29.6.2016) annonçait un versement par le casino de 200 000 euros par an “jusqu'à remboursement intégral de l'emprunt”  soit les 4 millions que coûterait le casino. En présentation du budget primitif, G. Millat annoncait, lui, une baisse de  4,4 %  des PBJ, “malheureusement une constante depuis quelques années“…

Sacré retournement de tendance à quelques minutes d'intervalle…

Mais slidons gentiment car, comme l'a dit notre cher maire, il n'a aucune obligation de présenter un plan de financement… 

** (NDLR: En anglais le verbe “slide” signifie “glisser” et le nom commun “slide” désigne une diapositive ou une image projetée par un logiciel de présentation comme Power Point par ex.)

S'il y a du flou, c'est qu'il y a du Frey

Une autre question qui pouvait paraître de peu d'importance était celle présentée par le premier adjoint; elle concernait la mise en révision générale du Plan Local d'Urbanisme (PLU).

Il ressort de ses propos que le PLU approuvé il y a tout juste un an doit être précisé “pour pleinement respecter les objectifs fixés “(en particulier limiter la densification du territoire ) et “pour intégrer de nouveaux outils” qui n'étaient pas disponibles à l'époque.

C. Siewert se déclare “navrée” de cette présentation “très peu claire et très indigeste” et demande des précisions. 

Rien d'anormal jusque là si ce n'est la réaction bizarre de G. d'Ettore :  “On ne va pas redire la même chose; monsieur Frey vous a donné les explications.”

De quoi donner envie d'aller y voir plus loin; c'est ce que nous avons fait :

La note de synthèse fournie avec l'ordre du jour du conseil précise que “Le PLU est revisé lorsque la commune décide 1- soit de changer les orientations définies par le projet 2- soit de réduire un espace boisé classé, une zone agricole ou une zone naturelle et forestière 3- soit de réduire une protection édictée en raison des risques de nuisance ou… d'une évolution de nature à induire de graves risqes de nuisance 4- soit d'ouvrir à l'urbanisation une zone à urbaniser qui, dans les 9 ans suivant sa création, n'a pas été ouverte à l'urbanisation ou n'a pas fait l'objet d'acquisitions foncières significatives de la part de la commune”

Ces précisions sont en totale contradiction avec le reste de la note et les prétendus objectifs poursuivis par cette révision : “...Au regard d'un an d'exercice la règlementation du PLU doit être précisée dans le contexte urbain et compte tenu de la pression immobilière qui ne faiblit pas localement…La densification permise doit être réduite sous peine de dépasser les objectifs de population fixée au PADD…Enfin volontairement écartée lors de la révision du POS en PLU la réflexion sur l'évolution du Cap d'Agde doit être engagée…le réinvestissement de la zone littorale des Camarines, zone fortement cabanisée n'avait pas été possible faute d'identification du projet SCOT du Bitterrois…(il faut) supprimer les dérives d'occupation des sols dans ce secteur…Engager une réflexion sur les règles d'urbanisation propres à la station du Cap d'Agde et éventuellement les adapter afin d'une part de préserver les ambitions architecturales et paysagères du projet Lecouteur initié dans les années 70, anticiper leur nécessaires évolution par rapport aux normes actuelles de construction et aux nouvelles attentes touristiques…les secteurs de l'île des loisirs pour restreindre le développement de l'habitat touristique à l'ouest de l'avenue du passeur Challiès, la Conque…Prendre en compte les évolutions législatives nationales…Des objectifs supplémentaires pourront être intégrés et validés au cours de la procédure.

Ainsi, les explications fournies pour justifier la mise en révision du PLU (en gros, limiter la densification) sont antinomiques avec les raisons légales de lancer cette révision (ouvrir à l'urbanisation). 

Comment croire un maire qui, dans le même temps, se félicite de l'arrivée d'un millier de nouveaux habitants par an sur la commune et dit ne pas vouloir dépasse le chiffre de 30 000 résidents, qui dans le même temps, se félicite d'avoir enrichi la commune en transformant des zones inconstructibles en zones commerciales et résidentielles (entrée du Cap) et qui, sur la même zone, affirme pouvoir retirer 10 millions d'euros de la vente de terrains grâce à la modification du PLU et écrit, dans le même temps, que la réflexion sur l'évolution du Cap d'Agde a été volontairement écartée lors de la révision du POS en PLU il y a un an.

Nous aimerions tant pouvoir croire à sa soudaine conversion à l'écologie, mais faut pas trop pousser…

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