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AGDE : L'archipel des Gribouilles ...

S'il devait exister un seul point de consensus entre toutes les composantes de la société agathoise, ce serait celui de l'obligation de réhabiliter le centre ville.Aussi, lorsque le Maire aborde les problèmes du cœur de ville, chacun retient son souffle et ses critiques de peur de « tomber à côté de la plaque » ou […]

S'il devait exister un seul point de consensus entre toutes les composantes de la société agathoise, ce serait celui de l'obligation de réhabiliter le centre ville.
Aussi, lorsque le Maire aborde les problèmes du cœur de ville, chacun retient son souffle et ses critiques de peur de « tomber à côté de la plaque » ou de passer pour un opposant systématique, non constructif, aigri, revanchard…etc.…etc.
C'est pourquoi, lors du dernier conseil municipal, le vote de l'extension du périmètre de restauration immobilière est passé comme une lettre à la poste, sans trop soulever de polémique.

Un cœur gros comme quoi ?
Qu'en est-il ? : Nos élus viennent de voter, en leur Grande Majorité, un avenant à la convention liant la ville à la SEBLI pour l'aménagement du centre ville.
On laisse ainsi à des « pros » le soin de gérer l'aménagement. Pourquoi pas ? D'autant plus que le service urbanisme de la ville a été expédié sous d'autres cieux.
Donc, pas de quoi fouetter un chat… Sauf qu'il s'agit de la troisième mouture du projet en moins de six mois :
– Une première fois, la ville a confié à la SEBLI le soin de réhabiliter trois îlots en cœur de ville (Terrisse, St Vénuste et Bout du Pont) : Une opération programmée qui devait permettre d'attirer des investisseurs extérieurs appâtés par la défiscalisation.
– Trois mois plus tard, premier avenant : le périmètre initial est élargi aux immeubles situés « en miroir » des premiers (Il ne faudrait pas que la vue de quelques bâtisses délabrées puisse offusquer la vue des futurs investisseurs).
– Dernier acte : le périmètre d'action de la SEBLI est étendu à la totalité de la ville ancienne y compris les faubourgs; ce sont désormais 800 immeubles qui sont concernés (contre 72 lors du 1er avenant).
Cela veut dire aussi que la collectivité locale a abandonné son droit de préemption sur la totalité de la ville ancienne au profit de la SEBLI. Que va en faire cette société dont la règle est le profit avant le service au public ?

Et pour quel projet ?
Un tel processus d'extension du champ de compétence de la SEBLI pourrait être compris, si, après une première réalisation réussie, on avait décidé de poursuivre l'expérience. Or, nous en sommes à la 3ème modification alors que rien n'a encore été entrepris… Pourquoi donc ne pas augmenter le périmètre d'action une 4ème voire une 5ème fois et l'étendre à la totalité du territoire de la commune ?
Il est d'ailleurs étonnant qu'on ait fait voter aux élus présents une extension qui pouvait paraître anodine car répétitive, sans préciser ce que la SEBLI a l'intention de faire. Espérons qu'en conseil privé ces élus en ont appris un peu plus, car, pour le public qui assistait à la séance du conseil municipal, pas l'ombre d'une explication. Or, si les séances du Conseil sont publiques c'est parce qu'elles devraient être le premier lieu d'information, il en va ainsi de la démocratie et de la transparence…
Tout ce que l'on a pu savoir c'est que 230 des 800 immeubles sont déclarés « vétustes » (doit-on imaginer un programme de démolition derrière ce mot ?), et qu'on va réhabiliter 2000 m2 de logements par an (comment ? on n'en sait rien).
En revanche, il n'est pas prévu de promesse de revente pour les actuels propriétaires, du moins pour ceux d'entre eux qui auraient les moyens de racheter à la SEBLI les locaux qu'ils occupent aujourd'hui. Autrement dit, la population autochtone peut être amenée à vider les lieux ; mais comme l'a précisé G. d'Ettore interpellé par C. Ignatoff : « Comment auriez-vous fait, sans déposséder des gens de temps en temps ? ».
Quel projet poursuit donc l'équipe municipale ? : S'il s'était agi d'un programme bien pensé tout aurait dû être bouclé à la première présentation. Il n'en a rien été. On travaille à la petite semaine et, pire, la cible élargie, si elle se transforme en saupoudrage, fera perdre toute efficacité au programme de réhabilitation.
Comment d'ailleurs le Maire compte-t-il mener ses propres projets sur la vieille ville (déménagement des quais…) si tout le périmètre a été abandonné à la SEBLI ? La Commune va-t-elle racheter à la SEBLI ce que cette dernière aura préempté ou, même, (ça c'est déjà vu) aura préalablement racheté à la …Commune?
Dernière question et qui n'est pas des moindres : il existe en cœur de ville un patrimoine architectural certain dont pratiquement aucun élément n'est classé, que vont en faire des gens qui n'ont aucune attache locale et dont le souci n'est que la rentabilité ?
Ce n'est pas l'installation de la ZPPAUP qui, jusqu'à aujourd'hui, a empêché la casse ; on peut alors imaginer la suite…

Resserrons la ceinture
Par ailleurs, au point de vue urbanistique global, quelle est la politique poursuivie ?
Monsieur le Maire s'est fait fort d'annoncer que la ville, grâce ou à travers lui, ne franchirait pas la barre des 30 000 habitants. Pourquoi 30 000 et pas 40 ou 200 ? Là n'est pas le problème : en fait, il ne maîtrise rien.
Le bétonnage systématique a déjà bien démarré avec sa bénédiction : le « poumon vert » de la ville est devenu « ceinture verte » et, bientôt, ceinture tout court.
Et quand bien même déciderait-il (et ce n'est pas le cas) de « geler » un certain nombre de zones non constructibles, comment pourrait-il empêcher que le bâti existant, constitué pour une large part de résidences secondaires, ne se transforme, si tel est le désir des propriétaires, en résidences principales ?
Pour tenir son chiffre va-t-il passer la population au fil de l'épée ?

Pour vivre heureux, vivons archi pelés
Nous nous trouvons confrontés à une politique de gribouilles faite d'effets d'annonce et de coups de pub et qui commence à lasser car elle utilise des fonds publics à seule fin de propagande.
Des exemples de ces dérapages (ceux là même que d'Ettore reprochait à son prédécesseur) on en a tous les jours : dernièrement une demie page du quotidien régional a été louée pour redire ce qui avait été annoncé lors de la cérémonie des vœux et maintes fois réécrit dans le journal de la ville (avec, au milieu de vœux pieux, une seule réalisation effective : la réhabilitation du square Picheire…menée par la communauté d'agglo après avoir été inscrite au budget pendant 5 années consécutives…)
Il est vrai que nous avons la chance de nous ébattre dans un « archipel de vie » (Encore une belle trouvaille pour refaire et défaire les logos, les drapeaux et toute la signalétique…c'est cher et ça peut rapporter…euh…pas gros).
Outre que la connotation de cette accroche n'est pas très heureuse (style lieu de vie à l'antichambre du trépas) prenons garde que les pôles de l'archipel ne délimitent très bientôt un triangle des Bermudes.
En attendant, vivre peut-être heureux mais surtout archi pelés, c'est tout le bonheur que l'on nous souhaite.
 

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