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BEZIERS - Discours de Robert Ménard - Journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine

Mesdames, Messieurs, Indochine ! Ce nom a la résonance des mondes à jamais perdus,…

Mesdames, Messieurs,

Indochine ! Ce nom a la résonance des mondes à jamais perdus, à jamais engloutis.
Indochine ! Quand l'Asie était française. Quand Saïgon ou Hanoï ressemblaient – du moins en apparence – à n'importe quelle préfecture de chez nous. Quand la France républicaine, sûre d'elle-même, se répliquait à l'infini au bord des rives du Niger, dans les massifs de l'Atlas ou le long des entrelacs du Mékong.

Indochine ! Une guerre de presque dix ans. Et pourquoi ? Dans un premier temps, pour l'Empire. La IVème république voulait garder ce que la IIIème avait construit à la suite de Napoléon III.
Pour, ensuite, lutter contre le communisme, qu'il soit chinois ou russe. Et toujours aux côtés des populations locales, si diverses d'ethnies, de langues, de croyances.

Dix ans de guerre menée par un corps expéditionnaire sans moyens matériels, sans l'appui de la nation et, souvent même, malgré l'hostilité et le sabotage des communistes, des communistes d’ici. Oui, combien de soldats français sont morts parce que, dans nos usines, des traîtres avaient rendu leurs munitions inutilisables ?

Cette guerre, nous l'avons perdue. Et cette défaite sur le terrain, malgré d'innombrables batailles gagnées, bien que le Vietminh soit sorti laminé de Dien- Bien-Phu, cette défaite annonçait d’autres défaites à venir.
Car si nous avons perdu en Indochine, c'est parce que nous avons fait la guerre à moitié, parce que nous avons demandé à des milliers d'hommes de mourir quand des millions d’autres s'en moquaient.

Sept ans plus tard malgré, cette fois, une victoire sur le terrain – entière, écrasante, totale -, malgré cette victoire militaire, l'Algérie était abandonnée et un million d'hommes, de femmes et d'enfants étaient livrés au couteau des égorgeurs ou voués à l'exil.

Voilà la leçon de l'Indochine. Quand on commence moralement à reculer, quand on renonce à la lutte, alors, on lâche tout, on perd tout.

Je veux rendre ici hommage aux soldats d'Indochine qui furent, à l'instar des soldats de Napoléon ou de la Grande Guerre, parmi les meilleurs de l'histoire de France. Hommage aux parachutistes coloniaux, hommage à la légion étrangère, hommage aux tabors marocains, hommage aux indochinois qui représentaient un tiers de nos effectifs.
Hommage aussi à leurs chefs : le général Leclerc, le général de Lattre de Tassigny, le général Salan, le colonel Bigeard. Et tant d'autres. Mais aussi hommage aux jeunes officiers, comme Hélie Denoix de Saint Marc. Hommage aux sous-officiers, qui formaient cette armature qui nous permit de tenir bon, si longtemps, sur le terrain. Hommage enfin aux soldats qui, pour beaucoup, en rejoignant l'armée, savaient qu'ils partaient pour l'Indochine et sa guerre, et non pour quelque garnison tranquille d'Allemagne de l'Ouest.

Puissent les soldats français de ce siècle qui commence, puissent-ils être toujours dignes de leur exemple.
Vive le Corps expéditionnaire d'Extrême-Orient ! Vive la France !

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