Gignac, Jean-François Soto : “Gignac est une ville qui se projette, une force de proposition”

Hérault Tribune Pro Reportage

À l’occasion d’un entretien, le maire de Gignac Jean-François Soto, également président de la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault, est revenu sur les réalisations et les projets qui participent à l’amélioration du quotidien des habitants de son territoire.

Aujourd’hui, vous êtes au milieu de votre 2e mandat. D’après vous, comment Gignac a-t-elle évolué au cours des dernières années ?

Jean-François Soto : “Entre le début de mon 1er mandat en 2013 et aujourd’hui, il y a eu une vraie transformation du côté de la population. Sociologiquement, c’est puissant. Nous avons toujours des gens qui reviennent au pays, à leurs racines, après les études ou leur carrière, mais je rencontre de plus en plus de nouveaux habitants qui arrivent ici sans aucune attache locale. Lorsque je les interroge, ils me disent que Gignac possède tous les aménagements qu’ils recherchent. Ils me parlent des épiciers du centre-ville, des boulangers, des 2 librairies qui viennent d’ouvrir… Il faut dire que la ville est dans le mouvement, nous avons un beau marché qui ramène du monde, de belles programmations culturelles et sportives. Il nous manquait des équipements en matière de santé et nous sommes en train de nous structurer autour. C’est pour cela que le dossier du Pôle Santé est aujourd’hui le plus fort projet du territoire.

Du côté de la municipalité, nous avons décidé de maintenir le niveau de nos investissements entre les deux mandats pour assurer une continuité et ne pas limiter nos ambitions. Pendant le 1er mandat, nous avions un budget total de 120 millions d’euros. Pour le second, nous sommes partis sur un budget d’environ 110 millions d’euros afin de couvrir les nombreux projets mis en œuvre, tels que l’installation du Pôle Santé, le chantier de la Halle des sports, la création du centre de formation des pompiers, la rénovation des façades des écoles et de l’Hôtel de Laurès… Pour l’ensemble de ces projets, Gignac a pu compter sur l’investissement et l’accompagnement de partenaires de longues dates, à savoir l’Etat, la Région Occitanie, le Département de l’Hérault, la Communauté de communes Vallée de l’Hérault et de nombreux acteurs privés.

Quand on regarde les chiffres, le montant des investissements est élevé, particulièrement pour une commune de 6 594 habitants, mais Gignac grandit et cela doit se faire dans de bonnes conditions. Notre objectif n’est pas d’exploser démographiquement mais de créer l’armature nécessaire pour que la croissance se déroule dans les meilleures conditions”.

Comment expliquez-vous cet élan vers Gignac ?

Jean-François Soto : “Gignac possède de nombreux avantages. L’un d’entre eux est qu’il est possible de traverser la ville en 15 minutes, du nord au sud et de l’est à l’ouest. Cette accessibilité est une force incroyable qui crée une belle proximité entre les habitations et les nombreux services proposés. Gignac a une maternelle, une école primaire, un collège, 2 lycées, des équipements sportifs et des commerces dans le centre-ville ou à 2 pas. Cela crée du mouvement et ce n’est pas près de s’arrêter. Tous ces aménagements amènent du monde, nous le voyons tous les jours, il y a des gens partout. Dans la journée, on atteint régulièrement les 10 000 personnes dans la ville et les commerçants bénéficient de ce dynamisme. D’ailleurs, de nombreuses entreprises s’implantent et grandissent à Gignac. À titre d’exemple, un magasin Picard va bientôt s’installer dans la commune et le Centrakor vient d’inaugurer une extension de 900 m2.

Cet élan vient aussi du rajeunissement de la population gignacoise. En moyenne, Gignac compte 70 naissances par an et 35 décès. Ce solde positif nous motive à créer davantage de services à destination de la jeunesse, des équipements qui nous permettent de convaincre les familles et les jeunes entrepreneurs de s’installer. 

Le 21 mars 2022, nous avons signé un contrat de réciprocité avec la Métropole de Montpellier qui va nous permettre de gagner en visibilité et en attractivité. Avec l’arrivée des bus à haute qualité de service, nous allons pouvoir mettre en avant nos atouts et promouvoir notre économie auprès des habitants de la métropole et des travailleurs qui souhaitent vivre hors de Montpellier.

Enfin, quand les gens me disent qu’ils sont venus à Gignac, ils me parlent souvent de la qualité des magasins qui s’y trouvent. Nous pouvons être fiers des entreprises installées sur le territoire. Dans le même registre, la ville peut se vanter d’avoir une belle offre en matière de restauration. Ici, les habitants et les visiteurs peuvent manger des plats bistronomiques, des pizzas, des sushis, de la cuisine aveyronnaise, des tartes… Été comme hiver, ils peuvent trouver un endroit où boire un verre ou manger un morceau”. 

Quels sont les grands projets qui ont marqué vos mandatures ?

Jean-François Soto : “Pour un élu de la République, faire construire un musée, un hôpital ou un établissement scolaire est le Graal. Nous avons mené un véritable combat pour inaugurer le lycée Simone-Veil en septembre 2020. C’est un vrai accomplissement, surtout quand on sait à quel point les territoires s’entretuent pour avoir ce type d’aménagement.

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©Gilles Cohen / Vallée de l’Hérault

Être la commune qui va accueillir le centre de formation des pompiers est la cerise sur le gâteau. Il va s’agir du seul lieu de formation de tous les pompiers volontaires et professionnels de la région Occitanie. Les équipements qui seront installés reposeront sur les nouvelles technologies et permettront de reconstituer  virtuellement les conditions d’intervention. Cela risque d’attirer des professionnels de toute la France ainsi que d’autres corps constitués tels que les militaires, le GIGN ou encore le Raid”.

Quels dossiers vont rythmer la vie de la municipalité dans les prochaines années ?

Jean-François Soto : “Ils sont très nombreux. En 2024, nous allons fêter les dix ans de mandature et quand nous sortirons la liste de toutes les réalisations, elle sera longue. Parmi les grands dossiers que nous allons accompagner, il y a la construction d’une passerelle piétonne sur l’A 750 afin de sécuriser les abords et de faciliter les déplacements, le chantier du Pôle multimodal qui devrait débuter à la fin de l’année, un projet de cinéma… 

Le Pôle Santé a aussi vocation à évoluer avec le temps. Nous accueillerons peut-être un scanner ou un IRM dans les deux ou trois ans. Nous allons également recevoir 50 salariés en centre-ville, au niveau de l’ancienne station-service, avec l’agence de solidarité. La plupart des projets seront livrés en 2024 ; il s’agira d’une année charnière. Avec tous ces dossiers, je pense que nous aurons réussi notre pari et que je pourrai partir à la retraite…”

Vous avez plusieurs fois mentionné votre envie d’installer un cinéma à Gignac. Où en êtes-vous ?

Jean-François Soto : “Aujourd’hui, nous n’avons pas de cinéma, cependant nous organisons 3 projections les mardis au Sonambule. Nous avons une très belle salle mais il faut penser plus grand. Parce qu’un cinéma est déjà implanté sur son territoire, j’ai informé le maire de Clermont-l’Hérault, Gérard Bessière, de notre envie de bâtir un cinéma. Après réflexion, il m’a proposé que nous le fassions ensemble. Je ne suis pas opposé à l’idée, mais je veux qu’il y ait un délibéré sur le projet d’ici l’été 2023. Sinon nous le ferons seuls. Je peux vous garantir qu’il y aura un cinéma à Gignac en 2025.

Nous avons déjà bien avancé sur le projet. Mon plan est d’installer le futur cinéma dans l’ancienne cave coopérative, c’est un grand espace et il y a déjà un parking. Côté investissement, nous sommes prêts à mettre plus de 2 millions d’euros dans le projet. Grâce à cette enveloppe, nous allons vite trouver des opérateurs privés motivés à l’idée de se greffer. Si le partenaire ajoute 1 ou 2 millions d’euros au dossier, il y a moyen de construire un très beau cinéma.”

Comment Gignac a-t-elle évolué en matière d’urbanisme au fil des ans ?

Jean-François Soto : “À Gignac, il y a toujours des grues et des pelles, preuve que ça bouge tout le temps. Je m’amuse à comparer ça à New York, la ville qui ne dort jamais. Cependant, en matière d’urbanisation, on a misé sur la revalorisation de l’existant. On ne détruit pas. Je préfère cela à la construction de mers de maisons et de barres d’immeubles. Nous avons d’ailleurs arrêté les projets de construction semblables à celui de la Draye. Quand je vois ce genre de réalisations, ça me fait hurler.

Souvent, les nouveaux habitants viennent parce qu’ils tombent sous le charme de nos maisons vigneronnes, qui ont conservé leur cachet. Pour garder ce charme, nous avons récemment procédé à la réfection de certaines voiries telles que la Grand-rue et installé des éclairages qui ne nuisent pas au paysage. Nous allons bientôt refaire le square de la Fontaine pour lui redonner toute sa splendeur. Avec ces chantiers, nous avons aussi entamé une réflexion sur l’usage du patrimoine. Nous avons longtemps abordé cette question avec le dossier de l’Hôtel de Laurès.” 

Justement, quelle est votre ambition pour cet édifice ?

Jean-François Soto : “Quand je suis arrivé à la mairie, j’ai arrêté un projet de Hérault Habitat qui allait conduire à la construction de X logements sociaux sur l’emplacement de l’Hôtel de Laurès. On a privilégié la sauvegarde et la restauration. Nous avons rapidement échangé sur l’usage du lieu, car il faut donner du sens à ce qu’on fait à l’intérieur. Notre projet est de faire dans l’Hôtel de Laurès un projet comparable à ce qui a été fait à l’Hôtel Richer de Belleval, à Montpellier. Le projet devrait se concrétiser en 2024. Pour la partie restauration, nous sommes intéressés par un ou deux chefs. Le but serait de ramener une ou deux étoiles Michelin à Gignac. Le cadre de l’Hôtel de Laurès sera également amélioré par le départ de la gare routière et l’aménagement d’un jardin de l’autre côté de la rue.”

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Hôtel de Laurès ©Google Maps

Quand un projet s’arrête, un autre commence…

Jean-François Soto : “Il est vrai que Gignac ne s’arrête pas. Nous avons bien travaillé le projet municipal et nous le déployons depuis 2014 contre vents et marées. Aujourd’hui, on continue, on structure et on crée l’armature nécessaire pour accueillir les changements. D’autres projets se profilent ; nous sommes très sollicités. Cette énergie me rend plutôt confiant quant à l’avenir de la ville, surtout qu’il y a un bon climat pour évoluer. Ici, les dynamiques entraînent les dynamiques, qu’elles soient municipales, associatives, commerciales ou liées à la santé et à l’éducation.”

Vous avez choisi de maintenir les investissements malgré le niveau d’endettement de la commune. Quelles concessions avez-vous dû faire ?

Jean-François Soto : “Effectivement, nous sommes dans une situation de surendettement ; c’est l’un des points faibles de Gignac. Elle fait partie des 10 communes les plus endettées du département, même si cela ne se voit pas. Cette charge financière pousse à faire des choix, mais j’ai rapidement décidé que nous n’allions pas jouer les Calimero. Nous avons tout de suite procédé à la rénovation de la place de Verdun, nous avons créé le festival Or notes, nous avons bataillé pour la construction du lycée Simone-Veil…

Néanmoins, nous avons dû faire des concessions sur l’équipement sportif qui a accompagné la naissance de l’établissement scolaire. En effet, quand on fait un lycée, on se doit de construire un gymnase dans le même temps. J’ai rapidement dit que nous allions être plus ambitieux et nous avons choisi d’élever une Halle des sports. Si l’endettement de la ville était plus faible, nous aurions travaillé sur la construction d’un palais des sports. Mais à un moment donné, il faut raison garder.”

Comment voyez-vous l’avenir de Gignac ?

Jean-François Soto : “Gignac est une ville qui se projette, une force de proposition, nous sommes des producteurs de confiance. Dans cinq ou dix ans, il y aura tout ou quasiment tout dans la ville. Nous serons forts sur tous les piliers : la santé, l’économie, la culture, l’enfance et la jeunesse, l’agriculture, l’environnement, les pratiques sportives… Depuis le début, nous nous donnons les moyens d’y arriver. Nous ne travaillons pas pour demain mais pour les vingt ou trente prochaines années. Dès 2024 et la livraison des grands dossiers de la commune, ce sera flagrant. Nous aurons fait les investissements, nous aurons des équipements neufs et modernes adaptés à toutes les conditions d’accueil et de sécurité. À la fin, nous allons accueillir tout le monde.”

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