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HERAULT - AGDE - Pourquoi un référendum ? Lettre ouverte au député de la 7ème circonscription

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Pourquoi un référendum ?
Lettre ouverte au député de la 7ème circonscription


Monsieur le Député, avec neuf de vos collègues vous avez entrepris une démarche a priori séduisante, celle d’appeler la population à s’exprimer par voie référendaire sur plusieurs sujets que vous voudriez voir traités rapidement.
Le problème (si problème il y a ), c’est que toutes ces questions ont été abordées lors de la campagne présidentielle et lors des législatives et, qu’à chaque fois, les électeurs ont tranché dans le sens que vous souhaitez puisqu’ils vous ont élus. Réinterroger la population sur des sujets déjà évoqués, n’est-ce pas quelque part vous délégitimer vous-mêmes ?
Outre le fait qu’organiser un référendum coûte en temps (or vous voudriez voir légiférer sur certains textes avant 2014) et en argent (et ce n’est pas ce qui manque le moins), un référendum à choix multiples tel que vous le préconisez entraînerait nécessairement de la confusion : le risque est grand de voir l’ensemble rejeté par l’électeur alors qu’une seule des questions lui poserait problème.
Vous avez déjà reçu mandat  pour régler les questions que vous soulevez ( Statut du président, non cumul des mandats, séparation justice – exécutif , droit de vote des étrangers), pourquoi donc renoncer à vos prérogatives ? Sous prétexte que vous n’obtiendriez pas la majorité des 2/3 requise pour faire passer les textes de loi ?
Va pour le vote des étrangers peut-être, mais les autres sujets font toujours consensus dans l’opinion s’ils ne le font pas parmi les députés et les sénateurs.
Alors foncez, intervenez directement à l’Assemblée et mettez les élus faux cul ou frileux devant leur responsabilités; que ceux qui, par exemple, refusent le non cumul des mandats assument leur choix devant leurs électeurs.
 
Comme le sujet doit être débattu dans les jours qui viennent, vous « oubliez » à juste titre, dans votre questionnement, le problème de la réforme bancaire.

L‘engagement de campagne qui était de séparer « ce qui relève du crédit, du dépôt, bref du service à l’économie, de ce qui appartient aux opérations de spéculation » est en passe de se transformer en réformette :  La séparation complète des activités de dépôt des activités d’investissement spéculatif devrait être la règle ( c’est ainsi qu’a fonctionné le système bancaire de tous nos pays jusqu’en 1984 ), or, la loi en cours de discussion prévoit de filialiser une infime partie de l’activité bancaire (1 % pour la Société Générale).
Alors qu’une vraie séparation obligerait les banques de dépôt à consacrer l’ensemble de leurs fonds  à l’activité économique du pays, si les banques continuent à spéculer avec les dépôts des particuliers, les PME et l’artisanat auront toujours autant de difficultés à se financer. La garantie de l’État doit être réservée aux activités d’intérêt général, financement de l’activité réelle et dépôt des épargnants. Pour toutes les autres activités, il n’y a aucune raison de donner cette garantie.
Les évènements récents ( « découverte » d’investissements financiers du Crédit Agricole et de la BNP dans les îles Caïmans et ponction avortée sur les comptes bancaires chypriotes) devraient vous pousser à l’audace.
Nous comptons sur vous.
 
Mais, revenons-en au référendum.
Cette « arme » démocratique  pour être efficace devrait être utilisée avec parcimonie  pour traiter de questions non abordées avant l’élection ou pour lesquelles le gouvernement et les élus n’ont pas reçu de mandat clair.
Ainsi, alors qu’il n’y a pas d’autre issue à la récession que de mettre sur les rails une politique coordonnée de relance, il serait certainement utile de nous interroger sur la nécessité de poursuivre une stricte rigueur budgétaire voulue par Bruxelles et certains de nos partenaires européens :
Doit-on ou non prendre le risque de hausser le ton pour inciter les Allemands et les Européens du Nord à soutenir la croissance et compenser ainsi les effets de l’austérité en France et dans l’Europe du Sud ?…
Encore faudrait-il que, quel que soit le résultat, le Parlement s’interdise de remettre en cause le vote du peuple « souverain ».
 
                                                                                                                           Antoine Allemand

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