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Droit

Le cri d’une femme désespérée

  J’ai 44 ans, je suis la maman divorcée d’un jeune homme de 18 ans et aujourd’hui je suis perdue. Je passe de l’incrédulité à l’incompréhension jusqu’aux larmes. Je m’appelle Valérie Rubino, certains me connaissent, d’autres non, mais j’espère que cet appel, ce message que je lance aujourd’hui, vous touchera et que vous saurez me […]

 

J’ai 44 ans, je suis la maman divorcée d’un jeune homme de 18 ans et aujourd’hui je suis perdue.
Je passe de l’incrédulité à l’incompréhension jusqu’aux larmes.

Je m’appelle Valérie Rubino, certains me connaissent, d’autres non, mais j’espère que cet appel, ce message que je lance aujourd’hui, vous touchera et que vous saurez me comprendre et peut-être, qui sait, peut-être, m’aider.
J’ai élevé seule mon fils, et pour une famille monoparentale, j’ai réussi à faire en sorte qu’il ne s’éloigne jamais du droit chemin, gérant seule le quotidien, son éducation et je suis fière d’avoir un fils auquel j’ai inculqué de vraies valeurs, le respect et l’importance du travail entre autres.

Je travaille à la Mairie de Marseillan depuis bientôt 1 an ½ en CAE (contrat aidé qui permet aux collectivités de se voir reverser par l’Etat, 90% du salaire qu’ils payent à l’employé qui bénéficie de ce contrat).
Il faut savoir que je perçois depuis 1 an ½, 791 € net par mois.

Ce contrat ne peut atteindre que 26 heures hebdomadaires pour que ce taux de reversion soit de 90%, et j’en faisais 25.

Après 3 contrats (c’est le maximum), je viens d’apprendre il y a 3 semaines, que, contrairement à ce que le Maire a promis lors de ses voeux au personnel municipal, en janvier dernier, à savoir «de pérenniser les emplois précaires », mon contrat s’arrêtant le 4 novembre prochain, on ne me garderait pas.

POINT, pas plus de commentaire, pas d’explication, rien.

J’occupe le poste de coordinatrice de projets et depuis le 3 mai 2009, j’ai mené à bien de A à Z des projets, tels entre autres, les Floralies, le concours « maisons et balcons fleuris », le mois de l’environnement, « regards de femmes », le concours des illuminations de Noël, le concours des « peintres sous la halle », les journées du patrimoine, la programmation théâtrale de l’année, la semaine de l’Europe, la gestion des expositions de peinture, etc……

Je couvrais les projets allant de l’environnement en passant par la culture, le patrimoine et l’Europe.
Plus récemment, tout a été regroupé dans la « culture » et je ne m’occupais plus de l’environnement (rien à voir avec moi, mais plutôt à une redistribution de délégation des élus).

J’ai toujours tenté d’effectuer mon travail de façon irréprochable, d’ailleurs, je n’ai jamais eu quelque remarque que ce soit, concernant ce que je faisais, ce qui me semble t’il, signifie que mon travail satisfaisait tant mes chefs que les élus.

Mon poste ne va nullement être supprimé puisqu’une personne d’un autre service, va y être affectée, alors qu’elle n’a aucune notion du travail que je faisais (ce qui n’est nullement de sa faute, on ne lui a pas donné le choix).
C’est donc, que la Mairie a besoin de quelqu’un pour continuer ce que JE faisais.

Mon médecin a dû me mettre en arrêt maladie, une semaine avant mes congés, pour état dépressif.
J’ai enchaîné sur mes congés mais je passe mon temps à pleurer.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que le 5 novembre prochain, à 44 ans, je serai sans emploi et je percevrai environ 500 € d’allocation chômage.
Qui parvient à vivre avec cette somme ?
Je suis jetée à la rue, sans travail, avec à mon âge, un espoir réduit de retrouver rapidement un emploi et surtout sans un mot, sans une explication, sans un geste de compassion.

J’ai travaillé sans compter les heures, sans ménager ma peine, parfois les week-end et le soir jusqu’à 20h pour les vernissages d’expositions, sans jamais me plaindre, toujours volontaire, ne posant mes congés que dans la logique des projets sur lesquels je travaillais, afin de ne pas interférer dans ceux-ci.

J’ai énormément donné de ma personne pour prendre de plein fouet cette terrible nouvelle : « votre contrat s’arrête, vous partez ».

Je suis anéantie, je ne dors plus, j’ai peur de l’avenir. Que vais-je devenir ? Comment vais-je payer mes factures et subvenir à nos besoins, en même temps, avec si peu d’argent ?

Trouver un emploi, de nos jours, n’est déjà pas chose aisée, mais à 44 ans, cela l’est plus encore qu’à 20 ou 30 ans.

Je vis dans la peur du lendemain, je ne réalise pas qu’on puisse faire une chose aussi inhumaine que celle-ci, c’est profiter du système au détriment des gens.
Ces contrats qui sont sensés remettre le pied à l’étrier aux demandeurs d’emploi, les employeurs s’en servent en fait pour avoir « de la main d’oeuvre » à moindre coût.

Là, ce n’est pas à l’étrier qu’on m’a mis le pied, c’est au derrière, et ne manque, que « casse-toi, on t’a bien utilisée, on a plus besoin de toi, tu ne nous rapportes plus rien » (traduction personnelle que j’imagine, mais tellement véridique).

J’ai commencé à chercher un emploi, mais à ce jour, rien.

Je possède une solide expérience mais on préfère les personnes plus jeunes ou parfois moins expérimentées car d’aucuns pensent qu’elles seront plus malléables et moins exigeantes en matière de salaire.

Je ne suis pas exigeante côté salaire, je voudrai juste un travail, et je suis suffisamment intelligente pour toujours suivre la « politique » de l’entreprise qui m’emploie, c’est pour moi une ligne de conduite à laquelle je ne déroge jamais.

Aujourd’hui, j’écris cette lettre parce que j’ai besoin d’être entendue, d’être comprise, d’être soutenue, car je suis terrorisée et perdue.

Je ne sais pas vers qui me tourner, je suis comme quelqu’un à qui on vient de planter un couteau dans le dos ………….parce que naïvement j’ai cru aux promesses lors des voeux de début d’année, j’ai cru que mon travail payerait et que je me verrai titularisée.

Et bien, non !!!
Je suis « dégagée » par des gens qui n’ont aucun état d’âme et surtout qui ont une notion étrange du « renvoi d’ascenseur », qui ont été bien contents à une époque de m’avoir à leurs côtés, de les aider bénévolement.

Franchement, m’embaucher 1 an ½ et me virer ainsi, ensuite n’était pas un service à me rendre.

Je suis sûre que ces personnes n’ont aucun problème pour dormir, malgré ce qu’ils viennent de me faire.

C’est une honte, ça s’appelle jouer avec la vie des gens, la vie d’une femme seule avec un enfant qui va se retrouver sans emploi dans 2 mois et qui est totalement perdue, effondrée et terrorisée par l’avenir.

J’espère que vous aurez pris la peine de me lire jusqu’au bout, même si j’ai été un peu longue et que vous me comprendrez.

VALERIE RUBINO

photo : Valérie Rubino


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