Les Matelles : l’exposition "Carnet d’inspirations", une réussite !

Reportage

La Maison des Consuls aux Matelles accueille jusqu’au mois de novembre une exposition de 8 artistes sur le thème du trait. L’inauguration du mardi 5 avril a permis de découvrir un lieu moderne et ouvert sur le village.

Lisa Crespy devant les œuvres de Floriane San Sebastien © M_Weisbuch

Restaurée en 2015, la Maison des Consuls offre deux espaces. Au sous-sol, la collection permanente du Néolithique et au niveau supérieur un musée d’art contemporain. L’inauguration de Carnet d’inspirations mardi 5 avril, était présentée par le maire des Matelles et président de la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup Alain Barbe, la vice-présidente en charge de la Culture Martine Durand-Rambier et la jeune commissaire d’exposition Lisa Crespy.

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Alain Barbe © M_Weisbuch

Une vision

Sur une proposition du directeur du Pôle culture, patrimoine et communication Didier Fournials, l’exposition propose 8 variations sur le thème du trait. “Un matin, j’ai vu le givre sur les fils de palissage des vignes transformer le paysage” confie Didier Fournials. Il suggère ce thème à Lisa Crespy. “L’idée du carnet d’inspirations m’est venue tout de suite” enchaîne la commissaire d’exposition. Elle suggère aux artistes de relever le défi et de montrer “comment d’un trait, d’un fil, on peut donner forme à un espace.”

Le trait sans fin

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Œuvre de Ganaëlle Maury © M_Weisbuch

Le trait ou le fil peuvent être abordés pour leur aspect étirable à l’infini. Ils guident le regard des visiteurs dans une errance et leur esprit dans une contemplation. Ils proposent une immersion dans un jeu de formes où les notions de début et fin semblent abolies. Telles les sculptures en fil d’acier de Charles Serruya. Une de ses œuvres accueille les visiteurs à l’entrée. Une sphère composée de visages dessinés par un seul fil d’acier provoque un sentiment d’unité et de variété comme si on y découvrait les mille facettes de l’humanité.

Cette capacité à produire la sensation de l’infini est aussi l’enjeu de l’œuvre de Ganaëlle Maury. L’artiste venue du graffiti prend toute sa place avec des formes végétales dessinées au trait fin. Elles semblent croître et occuper avec grâce tout l’espace qui s’offre à elles, allant jusqu’à donner le sentiment qu’elles suivent le cours d’une vie qui nous échappe et que seul notre imaginaire peut suivre.

Usage de la couleur

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Œuvre de Pablo Garcia © M_Weisbuch

D’autres artistes ont choisi de libérer leur trait en s’affranchissant des deux dimensions de la représentation à plat. Pablo Garcia propose une superposition de couleurs et de volumes pour représenter l’explosion d’un fumigène. Ici, le trait découpe les formes qui sont comme les instantanés d’une explosion. L’artiste les agence en s’appropriant un mur et un plafond du musée. La détonation semble éclabousser le lieu de couleurs pures où se mêlent violence et rêverie sombre.

Dans une autre pièce, l’artiste Floriane San Sebastien nous ramène à l’enfance et au carnet intime. Elle puise dans ses souvenirs des instants secrets ou partagés qu’elle restitue en compositions abstraites où surgit la figure de la petite fille. Là aussi, le trait s’émancipe du cadre du tableau et des 2 dimensions. Il devient sculpture, créant autour de lui tout un univers suggéré par des formes familières.

Regard intérieur

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Œuvre de Laure Boin © M_Weisbuch

Dans l’exposition Carnet d’inspirations, le trait est également l’enjeu d’un travail de figuration des idées, des obsessions et des rêves. Avec Abdelkader Benchamma, le regard du visiteur est plongé dans un univers fascinant, oscillant entre ordre et chaos. Son trait reprend certains codes de la gravure, créant un fond sage et policé pour mieux en faire surgir l’inconnu, l’imprévu ou l’inquiétant. Ses compositions attirent l’œil par la variation des interprétations qui se présentent, devenant une richesse pour le regard.

Laure Boin, artiste du questionnement, s’emploie elle aussi à confronter notre regard extérieur nourri de préjugés à notre regard intérieur où se loge une vérité prisonnière. Ses grands dessins à la mine de plomb mettent à nu tout une symbolique. Il ne reste dans ses œuvres que le corps humain posé dans des palmeraies envahissantes, renversant un instant le rapport de force entre l’homme et la nature.

La main

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Œuvre de Chourouk Hriech © M_Weisbuch

Que serait le trait sans la main ? Car la place de l’être humain se mesure à ce qu’il fait de ses mains. Chourouk Hriech vit son travail d’artiste comme une danseuse ; tout son corps est impliqué dans la création. Sa main se laisse guider sur un écran vidéo où se transforment les nuages d’un ciel venté. L’artiste, imprégnée de l’art antique, cherche à atteindre une forme de rapport originel à la création. Comme si elle retrouvait le souffle de l’inspiration et le laissait prendre possession de son corps et s’épanouir par sa main.

C’est aussi pour rendre hommage au geste de la main que Chloé Degit-Gros a composé une œuvre tissée. L’être humain pense avec ses mains, les outils préhistoriques nous le disent assez. Là, l’artiste rend hommage au long et laborieux travail de la main qui cherche, comme l’archéologue grattant le sol pour s’enfoncer dans son plus lointain passé et retrouver le fil perdu de son histoire.

Un musée, un lieu

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© M_Weisbuch

Le lieu de l’exposition Carnet d’inspirations est l’œuvre de l’architecte Irène Martin, dont l’audace a été saluée par les élus. “Avant, nous avions un petit musée de la préhistoire, même s’il était labellisé Musée de France. Vieillissant, la commune l’a cédé à la gestion communautaire. Ça a été une très belle rencontre avec Irène Martin. Elle a apporté une touche contemporaine avec la grande baie vitrée. Il fallait oser, dans un petit village plutôt conservateur” a déclaré Alain Barbe. “Les architectes ont eu un prix pour ce bâtiment, ils ont été reconnus par leurs pairs” a ajouté Martine Durand-Rambier.

Dans ce village “qui n’est pas un village à touristes”, a rappelé Alain Barbe, au cœur des rues étroites se love la Maison des Consuls. Un lieu ouvert sur le village par une immense baie vitrée qui inonde le musée d’une lumière locale et de la vision des pierres des maisons voisines. L’exposition Carnet d’inspirations est une réussite qui tient à la mobilisation d’une équipe motivée par la cheffe de service Coralie Pages-Bouet. Au milieu des pièces où les œuvres des 8 artistes sont exposées, des blancs et des sièges invitent les visiteurs à prendre leur temps pour regarder.

Informations pratiques

Carnet d’inspirations
Du 6 avril au 27 novembre 2022
A la Maison des Consuls, rue des Consuls, aux Matelles
Téléphone : 04 99 63 25 46
Site Internet : www.maisondesconsuls.fr

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