Montpellier : Sexy Débris, la 1re exposition née du dispositif Sortie d’écoles

Reportage

Né sous l’impulsion du directeur de la Halle Tropisme, Vincent Cavaroc, le dispositif Sortie d’écoles repose sur la collaboration de l'École supérieure des Beaux-Arts (ESBA) de Montpellier, l’Institut supérieur des arts et du design de Toulouse et le tiers-lieu.

Soutenu par la DRAC Occitanie, il vise à faciliter l’insertion professionnelle des jeunes artistes par le biais d’une résidence aux ateliers Tropisme. Ce mercredi 6 avril, une restitution des travaux du premier duo en résidence a ouvert ses portes à la Halle. Une occasion de revenir sur cette aventure de 4 mois avec les 2 jeunes artistes choisis, Mathilde Cordbi et Pacôme Ricciardi.

Comment s’est faite votre rencontre ?

Pacôme Ricciardi : “Mathilde et moi, nous nous sommes rencontrés dans le cadre de la résidence Sortie d’écoles. Sa candidature a été sélectionnée par le MO.CO ESBA et la mienne par l’IsdaT. Nous avons été présentés l’un à l’autre au cours de réunions, visios et nous étions que tous les deux pendant certaines visites. Cela nous a rapproché. Le fait que nos deux ateliers soient voisins a aussi aidé. Personne n’a exigé de nous qu’on collabore mais nous avons commencé à échanger et présenter nos univers. C’était une vraie rencontre. En plus moi, j’arrivais de Toulouse donc je n’avais pas d’amis à Montpellier et je me suis accroché à Mathilde…(rires)”.

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Comment est née votre collaboration ?

Mathilde Cordbi : “Nous avons vite discuté de nos travaux, nos univers, nos envies. Finalement, nous nous sommes vite rendu compte que nos productions ne possédaient pas de liens évidents, mais qu’il y avait des thématiques qui nous intéressaient tous les deux notamment autour de la question de la consommation. De son côté, Pacôme a longtemps travaillé sur le rapport au corps dans ses peintures, quelque chose qu’il voulait abandonner. Mes précédents travaux portaient sur la nourriture, la recette, les aliments transformés et les déchets qui survivent une fois la consommation réalisée. Partir sur le débris était une façon de poursuivre le thème en allant plus loin et en abandonnant ma pratique habituelle. C’était l’un de nos points de ralliement : quand nous sommes sortis des études, nous avions la volonté de faire autre chose”.

De cette volonté commune, vous avez décidé de lancer Sexy Débris

Pacôme Ricciardi : “Au fil des mois, Mathilde et moi nous nous sommes rapprochés, j’ai même déménagé dans son atelier. Nous avons eu l’envie de faire une exposition ensemble pour montrer ce que nous avions produit pendant les 4 mois de résidence, c’était aussi l’occasion de dévoiler les premières œuvres du dispositif Sortie d’écoles puisque nous sommes le premier duo sélectionné. Là encore, nous n’avions pas d’obligation de présenter nos pièces, c’était un choix libre, ce qui est une vraie liberté pour un artiste. Nous avions l’envie, mais nous ne savions pas quelle thématique suivre, il faut dire que l’idée de présenter nos travaux dans une même temporalité est arrivée au milieu de la résidence aux ateliers Tropisme. Nous avons réfléchi longtemps et finalement nous avons trouvé ce fil conducteur de Sexy DébrisLa notion de “débris” était commune à nos réalisations, car nous aimons tous les deux travailler sur les questions de consommation.”

Mathilde Cordbi : “Nous avons voulu inclure la notion de “sexy” dans le titre de notre exposition car celle-ci englobe de nombreux sujets tels que la séduction, l’érotisme, le fantasme et le charme”.

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À partir de ce thème, vous avez donné vie à des peintures et des sculptures. Quelles ont été vos principales inspirations ?

Pacôme Ricciardi : “Je me suis inspiré de Crash, le livre de J.G Ballard, adapté en film par Cronenberg. Il suit des personnes dont la sexualité tourne autour des accidents de voiture, car ils sont passionnés par l’idée d’interpénétration. Pour eux, c’est très organique. Mon travail s’est souvent porté sur les choses organiques et, après avoir vu le film et feuilleté l’ouvrage, j’ai eu envie d’explorer le sujet en peinture. Mon idée était de rendre “sexy” cette destruction. J’ai commencé à peindre des carrosseries et elles se sont rapidement transformées en tissu. J’aime cette relation entre le figuratif et l’abstrait dans ces réalisations. Au milieu de ces créations désarticulées, on reconnaît des éléments qui nous ramènent à la voiture tels que les pneus, les phares ou encore la signalétique”.

Mathilde Cordbi : “Les réalisations que je présente aujourd’hui sont inspirées du narval, longtemps surnommé la “licorne des mers” en raison de sa corne. J’ai relié la corne de l’animal à la notion de “débris”, car c’est l’un des éléments qui survit sur le squelette du mammifère, et le “sexy” au charme d’une histoire, celui du mythe de la licorne. J’ai utilisé 2 procédés. Le premier porte une idée de reproductibilité avec l’utilisation de moules pour reproduire la corne de l’animal. Le second repose sur l’utilisation de frites de natation que j’ai taillées manuellement pour reproduire les détails du mammifère alors les pièces sont toutes uniques. Pour l’exposition, nous avons décidé de les présenter comme des trophées, mais des trophées qui s’effondrent, tout comme le mythe qu’ils portent.”

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