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MEZE - Réunion Elus – Profession Ostréicole - Synthèse- Compte-rendu amendé par la section régionale.

Quelques élus UMP de tous niveaux rencontrent les responsables de la profession conchylicole du…

Quelques élus UMP de tous niveaux rencontrent les responsables de la profession conchylicole du bassin de Thau le Lundi 16 octobre 2006 à 16 h à la maziosn du temps libre à Méze.

Présents :

Boris BAQUE (Section Régionale), Didier ASPA (Coopérative des 5 ports), Philippe ORTIN (Président section régionale), Denis REGLER (Directeur Section régionale), Jean Pierre MOLINA (Producteur), Yves de LAGARRIGUE (Syndicat Conchylicole Loupian), Nicolas GOUDARD (Section Régionale), Gilles D'ETTORE (Maire d'Agde), Stéphan ROSSIGNOL (Conseiller Régional), Christian JEANJEAN (Député), Michel GUERINEL (attaché parlementaire JEANJEAN), Alain VEYRAT (CCI, UMP), Michel FERRIER (UMP), Michel BARRAL (attaché parlementaire du Député Jean Pierre GRAND), Roger GARCIA (UMP Balaruc), Michel BREL (UMP Sète), Didier SAUVAIRE (Maire de Balaruc-les-Bains), Jean Pierre RAYNAUD (UMP Bouzigues), Gilles PHOCAS (Conseiller Municipal UMP Mèze).

Chacun se présente

Michel FERRIER et Gilles PHOCAS, posent le cadre de cette rencontre : « Il ne s'agit pas de récupération politique, mais le rôle et la responsabilité d'un mouvement comme l'UMP et de ses élus est de se saisir, tant au niveau local que national, des gros problèmes qui touchent tout le spectre de la population dans sa diversité et ses spécificités »

Stéphan ROSSIGNOL fait un historique du CEPRALMAR et de l'action de la région en guise de rappel.

Gilles PHOCAS affirme alors que les élus sont à l'écoute des professionnels. Tout peut-être dit.

Les professionnels de Thau représentent 700 exploitations, 2000 emplois directs et autant d'emplois induits. Notre lagune génère 10% des huîtres produites sur le territoire national.

Le problème de la gestion des crises est évoqué. On a l'impression d'être face à une froide application des textes et même au-delà selon le sacro-saint principe de précaution. Il s'avère également que la « lecture française » des règlements européens est souvent différente, et plus sévère, que celle qui est appliquée dans les pays voisins (et concurrents).

La demande est forte d'une sectorisation de l'étang. Comme dans la plupart des autres zones de production, les professionnels souhaiteraient pouvoir bénéficier d'un zonage (à Thau on est dans la situation où lorsqu'un point précis de l'étang connaît des relevés défavorables, même représentant une étendue infinitésimale par rapport à l'ensemble de la zone de production, tous les producteurs du bassin ont à subir des restrictions de commercialisation).

Le déclassement en B, même si sa légitimité n'est finalement pas très contestée, n'a pas débouché sur les « avantages » promis au moment de la décision. En effet, la profession, bien qu'ayant joué le jeu en grande majorité, se retrouve encore une fois empêchée par des restrictions.

La microbiologie permet d'affirmer que l'impact de l'urbanisation, des bassins versants, la faiblesse de l'assainissement sont à mettre en cause dans bon nombre de problèmes rencontrés.

Michel FERRIER évoque le cas des restaurateurs qui eux aussi sont contrôlés sévèrement, mais contrairement à la profession ostréicole, lorsqu'il y a un problème sanitaire chez l'un d'entre eux, la fermeture ne concerne que leur établissement et non l'ensemble de la profession.

Cette gestion administrative et règlementaire génère de l'inconstance dans les capacités d'approvisionnement notamment des grands circuits de distribution… Les contrats avec les grandes enseignes sont ainsi fragilisés voire dénoncés.

D'OU L'INTERET D'UNE DEMARCHE EN FAVEUR DE LA SECTORISATION DE L'ETANG.

La réunion a permis aussi d'énumérer un certain nombre de solutions a des problèmes identifiés depuis un certain temps.

MALAÏGUE : L'eutrophisation de l'étang, d'ailleurs relevée au niveau européen qui a sanctionné la France, est du en grande partie aux phosphates présents dans les lessives ainsi que des nitrates, mais qui ne sont pas traités par les lagunages. Le Nord du bassin de Thau est exclusivement équipé de ces lagunages pour le traitement des effluents.

La prolifération d'algues (favorisée par l'apport de phosphates) dont la décomposition consomme tout l'oxygène, associée à une courantologie déclinante sont de véritables facteurs aggravants et même déclenchant la Malaïgue.

Les professionnels ne sont pas unanimes en ce qui concerne l'ouverture à la mer.

Solutions évoquées : Turbines alimentées par des cellules photovoltaïques évoquées par Christian JEANJEAN. Celui-ci s'est rendu au Canada et des techniciens doivent venir à Palavas (qui sait ce qu'est l'eutrophisation) pour avancer un peu plus sur ce sujet.
Christian JEANJEAN informera les professionnels de la date de cette venue pour les associer à sa démarche.
Ramassage des algues : Cela a été fait dans certaines régions (et par les professionnels dans le port du Mourre-Blanc) et on a pu constater que cette action bien que manuelle est encore un très bon moyen d'atténuer les effets néfastes.

Les professionnels évoquent aussi les problèmes générés parles rejets d'eaux noires des pénichettes, et qui sont loin d'être marginaux.

Il est proposé que soit installée une base pour la vidange des cuves à eaux noires à chaque entrée du Bassin de Thau avec pour obligation de vidanger là pour les plaisanciers sous peine de ne pas être autorisés à naviguer sur l'étang.

Gilles D'ETTORE évoque la volonté politique qu'il faut avoir pour moderniser l'assainissement des bassins versant en qualifiant les lagunages de « l'âge de pierre de l'assainissement », et d'évoquer le cas d'Agde ou une station moderne est en fonctionnement.

De concert avec Gilles PHOCAS, il évoque les financements à hauteur de 50% par l'agence de l'eau dans le cadre de ses contrats.

Didier SAUVAIRE, évoque la complexité des problèmes qui se posent à l'élu local. Tout le travail qui a été fait à Balaruc en ce qui concerne les problèmes de réseaux.

L'urbanisation, la cabanisation sont évoqués. Le sous dimensionnement de l'assainissement dont découle cette urbanisation que les professionnels jugent trop débridée.

Les tentatives de dérogation au Schéma de mise en valeur de la mer apportent de l'eau à leur moulin.

Comment peut-on avoir l'autorisation pour agrandir les zones urbanisables sur les POS alors que l'assainissement n'est pas dimensionné en conséquence, s'interroge un professionnel ?

La situation est assez grave. En effet, la gestion des problèmes à court terme, la gestion à plus long terme, tout est urgent et prioritaire.

Le prix de l'eau, finalement très bas dans notre région est évoqué… Le manque de courage politique à conduit les élus à ne pas intégrer le prix de l'assainissement nécessaire dans celui de l'eau. Les fermiers en charge des réseaux ne sont d'ailleurs pas assez réactifs. C'est encore un changement des mentalités, des usages, une certaine pédagogie à employer avec les usagers qui permettra defaire accepter cette éventuelle prise en comte du coût REEL de l'assainissement dans le prix de l'eau.

Gilles D'ETTORE ajoute que, opposer tourisme et métiers de l'étang est une erreur. Les destins des uns et des autres sont liés. Liés par la qualité des eaux, c'est pourquoi il propose de concevoir le territoire de la 7ème circonscription comme un ensemble avec un pôle, l'étang, où les métiers traditionnels auront la primeur et un pôle (Agde) ou le tourisme pourrait continuer à ce développer. Le résultat serait un territoire complémentaire dans lequel il ne faudrait pas oublier la viticulture…

Alain VEYRAT est le dernier intervenant pour expliquer comment sur les bords du Lac Léman « eutrophié », le combat d'une association à permis l'interdiction totale des phosphates dans les lessives en Suisse, ce qui a sauvé le Lac et qui a vu réapparaître des espèces qui avaient disparues. Alain VEYRAT déplore qu'en France, on n'ait pas eu ce courage par rapport à nos voisins européens de règlementer de façon draconienne l'utilisation des phosphates dans les lessives.

Cette réunion a permis de constater, qu'en face des élus, on a une profession responsable et ouverte au dialogue, proposant des solutions et comprenant les contraintes budgétaires… Toutefois, le temps presse, et l'inquiétude est grande et justifiée de voir beaucoup de nos producteurs disparaître dans les années voire les mois à venir suite aux vagues successives (environ tous les 6 mois) de problèmes sanitaires ou non sur cet étang. Des solutions urgentes et palliatives sont donc demandées.

DOLEANCES DE L'UMP LOCALE:

Au niveau national : Nos élus doivent lancer une action en vue de la limitation voire de la suppression des phosphates dans les lessives COMME CELA EST LE CAS CHEZ TOUS NOS VOISINS EUROPEENS.
La sectorisation de l'Etang de Thau doit être étudiée et le national doit orienter le préfet afin qu'il s'ouvre au moins à cette discussion.
Cela passe peut-être par l'implication des députés dans ces deux sujets.

Au niveau régional : Nos élus conseillers régionaux doivent faire pression sur l'exécutif régional, afin que celui-ci prenne en compte la réalité d'un territoire singulier, et non comme un territoire d'expérimentation ou tout se calcule en pourcentage à partir d'un bureau. Les élus présents majoritaires au conseil régional et notamment en charge des domaines qui nous intéressent doivent être responsabilisés sur la situation de notre étang. Ainsi, l'opposition doit faire entendre sa voix sur ce sujet. Autant l'aspect pédagogique que médiatique peut engendrer une prise de décision positive en matière politique et économique.

Au niveau local : L'assainissement étant à la charge de l'intercommunalité, il est temps que les représentants des collectivités admettent qu'il est de leur responsabilité, et pas seulement vis à vis des professionnels, mais vis à vis de la population toute entière , d'assurer un assainissement exempt de reproches.
Pour cela, il faut admettre dès aujourd'hui, que dans l'échelle des priorités, ce sujet représente la priorité des priorités. Les arbitrages budgétaires doivent être mis en œuvre en conséquence (notamment par rapport aux charges de structures des EPCI), toutes les pistes de subventions et de financement doivent être sérieusement étudiées ainsi que les solutions diverses plus ou moins innovantes.

Chacun s'est quitté à 18H15 avec à l'esprit qu'il faut qu' il y ait une suite à ce genre de réunion. Il sera difficile d'avoir des résultats immédiats, mais la prise en compte et la communication sur ces problèmes ainsi qu'une large diffusion de l'information vers le bas, mais aussi vers le haut est la seule solution pour avancer.

Il faut que les professionnels sachent que les responsables UMP de la 7ème circonscription vont s'atteler à cette tâche dès à présent pour éviter entre autre que l'on ne parle de ses sujets qu'en temps de crise grave.
Michel FERRIER Gilles PHOCAS

Ajout : du 7/11/2006

QUELQUES MOTS SUR LE RETRAITEMENT DES DECHETS CONCHYLICOLES :

L'usine actuelle, située au Mourre Blanc est celle que M. PIETRASANTA a imposé aux professionnels.

Cette usine qui devait revaloriser les coquilles d'huîtres (calcaire marin), et qui ne devait ainsi rien coûter n'a pas tenu toutes ses promesses loin de là.

Pour un investissement de l'ordre de 30 millions de Francs de l'époque (24 millions de fonds Européens), la structure copiée sur celle de la Rochelle ne pouvait traiter un coquillage n'ayant pas les même caractéristiques que sur la côte Atlantique/Manche.

En effet, sur la côte Ouest, il y a l'impact des marées, ce qui fait que le coquillage n'est immergé que la moitié du temps. Résultat, notre coquillage à nous est beaucoup plus saturé en micro-organismes et en eau que ceux des amis de l'océan.

Il faut beaucoup plus de gaz pour sécher, encore plus pour inerter la coquille, s'ensuit un coup excessivement important pour faire fonctionner tout cela.

Au total et aujourd'hui, on a :

– Aucune revalorisation, donc aucune recette d'exploitation,
– Un coût d'exploitation de l'ordre de 800 000 € par an financé à moitié par les collectivités, et à moitié par les professionnels,
– Un stockage des coquilles séchées qui pose des problèmes juridiques (le terrain utilisé est un terrain communal de Mèze mis à disposition gracieusement). Il faudrait compter 400 000 € en plus annuellement pour effectuer une mise en décharge dans les règles de l'art.
– L'usine provoque des nuisances olfactives très fortes pour la population si bien que le Maire de Mèze n'en autorise le fonctionnement que la nuit,
– Les services du syndicat mixte ont évalué à environ 10 millions d'Euros le coût d'une mise en conformité avec les objectifs de départ pour cette structure.

On voit bien au regard de ses points expliqués que cette usine ne pourra jamais être mise en conformité…

Il faudra s'en contenter, essayer d'améliorer ce qui peut l'être en terme de financement, en concertation avec les professionnels…

A moins que des mesures d'hygiène ou de qualité de l'air ne viennent tout simplement interdire la poursuite de son exploitation… NB : Air Languedoc est présidée par Yves PIETRASANTA… aucune mesure de la qualité de l'air n'a jamais été effectuée à Mèze.

NDLR : Un dossier complet a été remis par Gilles Phocas au premier ministre lors de son entretien avec le premier ministre sur le sujet de la conchyliculture.

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