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Montpellier Métropole acquiert des manuscrits des Mémoires de Cambacérès

Issu des Collections Aristophil, l'ensemble de manuscrits était mis en vente en ligne le jeudi 19 novembre par l’Hôtel Drouot à Paris. Cet ensemble remarquable, acquis pour la somme de 46 800 euros TTC, enrichira le fonds concernant cet homme illustre étroitement lié à l’histoire de Montpellier, conservé à la médiathèque centrale Émile-Zola.

La Métropole de Montpellier vient d’acquérir aux enchères un important ensemble de manuscrits des Mémoires de Cambacérès, dans leurs versions successives, avec de nombreuses additions autographes. Issu des Collections Aristophil, celui-ci était mis en vente en ligne le jeudi 19 novembre par l’Hôtel Drouot à Paris. Conçus après la chute de l’Empire, alors que Cambacérès vivait en exil à Bruxelles, la rédaction des Éclaircissemens fut entreprise en 1818, après son retour à Paris, jusqu’à sa mort.

Ces Mémoires sont restés inédits jusqu’à leur édition par Laurence Chatel de Brancion (Mémoires inédits, Perrin, 1999, 2 vol.).

Les “Éclaircissemens” en trois livres

Les “Éclaircissemens” se divisent en trois « livres ». Le premier explique les motifs de l’œuvre, résume les origines de l’auteur et raconte sa vie politique depuis le début de la Révolution jusqu’à son entrée au ministère, en 1799. Le deuxième suit la carrière de Cambacérès jusqu’après la proclamation de l’Empire en 1804, et le troisième, consacré à l’Empire, est resté inachevé et s’interrompt en 1813. Cambacérès a vraisemblablement dicté ces Mémoires à son ancien secrétaire des commandements, secrétaire général du ministère de la Justice, et son neveu par alliance, Jean-Olivier Lavollée.

Une collection déjà riche

Parmi les documents exceptionnels du fonds montpelliérain se trouvent les Notices chronologiques et historiques concernant la ville de Montpellier par Vincent-Louis Soulier (1824) contenant la notice biographique de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et la relation de son séjour à Montpellier, le 7 novembre 1807, acquises par Montpellier Méditerranée Métropole entre 2017 et 2019 ; mais aussi un recueil de correspondances autographe adressées au Général Clarke pendant la campagne de Prusse de 1806 à 1807 jusqu’à la paix de Tilsit (un ensemble de 48 lettres signées, datées du 11 octobre 1806 au 19 juillet 1807, acquis en 2017) ; à signaler également une reliure signée Jean-Georges Purgold aux armes de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, duc de Parme (2018), et une reliure signée Jean-Claude Bozérian au chiffre de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (2019).

Une vie au service de l’Etat

Le Conseil d’État doit beaucoup à Cambacérès. C’est lui en effet qui, avec Sieyès, introduisit cette nouvelle institution dans la Constitution de l’an VIII. Issu d’une famille de magistrats de Montpellier, il vint à Paris comme député du Tiers-État aux États Généraux en 1789. Membre de la Convention en 1792, affecté au Comité de législation, il s’affirma comme l’un des plus subtils juristes de son temps. Après la mort du roi, qu’il vota dans la crainte, non sans avoir âprement défendu le parti contraire, il fit retraite et entreprit le classement des 15 000 décrets votés depuis le commencement de la Révolution.

La chute de Robespierre, le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), le fit revenir sur la scène politique. Il présida successivement la Convention, le Comité de salut public puis, sous le Directoire, le Conseil des Cinq-Cents. Après le coup d’état du 18 brumaire et l’arrivée au pouvoir de Bonaparte, il devint, en 1799, deuxième Consul. C’est à ce titre qu’il participa à la fondation du Conseil d’État.

Il choisit lui-même les 29 premiers conseillers et présida plusieurs fois leur assemblée en l’absence du Premier Consul, puis de l’Empereur. Afin de favoriser la réconciliation des Français, il fit en sorte que le premier avis qu’elle rendit vise à abroger les lois d’exception émises à l’encontre des nobles et parents d’émigrés. En 1806, il fut à l’origine de la nomination des premiers maîtres des requêtes, qui siégèrent à la commission du contentieux nouvellement créée.

Cambacérès fut associé à la genèse de toutes les grandes institutions de l’Empire et à son œuvre législative. Il fut, avec Portalis et Tronchet, l’un des rédacteurs du code civil. Il occupa les plus hautes charges et fut couvert d’honneurs : président du Sénat et du Tribunat, archichancelier de l’Empire, prince et duc de Parme.

A la chute de l’Empire, il fut proscrit par Louis XVIII et partit pour Bruxelles. Il fut toutefois rappelé en 1818 et mourut à Paris le 8 mars 1824.

(Source : Conseil d’Etat)

 

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