Montpellier Métropole : le réseau Bustram, une révolution en termes de transports

Silencieux, rapides, fréquents, accessibles, décarbonés donc non polluants, les Bustrams, qui seront mis en service dès 2025, devraient révolutionner les modes de transport dans la Métropole de Montpellier. C'est en tout cas l'avis de l'équipe métropolitaine.

Il aura fallu seulement dix-huit mois à la nouvelle gouvernance de la Métropole de Montpellier pour tracer les grandes lignes d’un réseau complémentaire à ceux de tramway et de bus, “non polluant et incitatif pour la population” : le réseau de bustram, qui entrera en service en 2025 et sera gratuit pour les habitants de la Métropole.

Concertation des maires et des habitants

Pour cela, le président Michaël Delafosse et Julie Frêche, vice-présidente de la Métropole déléguée au Transport et aux Mobilités actives, ont multiplié les concertations avec les maires des villes qui seront desservies par ces bus à haut niveau de service : Castelnau-le-Lez, Le Crès, Vendargues, Castries, Grabels, Cournonsec, Cournonterral, Pignan, Lavérune.

Et le résultat a pris forme sur le papier. Les tracés de 5 lignes de bustram ont été définis, et une grande concertation des habitants est lancée via le site Internet https://bustram.montpellier3m.fr/ et 5 réunions de concertation (la première se tiendra le 15 février à 18h à Montpellier) afin de moduler si besoin les horaires des bustrams et les positionnements des futures stations, mais non les tracés, qui sont quasiment définitifs.

La TaM est chargée de mettre en œuvre ce projet pour le compte de la Métropole.

Les tracés

Les tracés des 5 lignes de bustram sont les suivants :
• La ligne 1 reliera la place de l’Europe à Montpellier à l’Espace Gare à Castries (Castries, Vendargues, Salaison, Le Crès, Sablassou, Place de l’Europe à Castelnau-le-Lez et Antigone à Montpellier).
• La ligne 2 remplacera l’actuel bus La Ronde, et ira du quartier Sabine à la gare Montpellier Sud de France en passant par Tonnelles, Père Soulas, Saint-Éloi Aiguelongue, Charles-de-Gaulle à Castelnau.
• La ligne 3 partira du stade Pierre-de-Coubertin, Hauts-de-Massane, Mosson pour rejoindre le centre-ville de Montpellier (Arc de Triomphe / Peyrou).
• La ligne 4 desservira l’ouest de la Métropole, en passant par Cournonsec, Cournonterral, Pignan, Lavérune, et le rond-point Gennevaux.
• La ligne 5 partira de l’Arc de Triomphe à Montpellier et rejoindra le Parc Euromédecine 2 à Grabels.

trace bustram

Des bustram à haut niveau de service, pour circuler rapidement

Grenoble, Nantes, Dunkerque et Nîmes ont développé des bus à haut niveau de service. En instaurer dans la métropole de Montpellier nécessite des chantiers supplémentaires qui seront menés jusqu’à 2025, une autre répartition de l’espace, des voies réservées aux bustrams pour qu’ils ne soient pas prisonniers des embouteillages dans la circulation automobile. Des voies cyclables accompagneront ce réseau et les abords trop urbanisés seront végétalisés.

De gros travaux devront être réalisés sur certains axes, notamment pour faire circuler les bustrams sur une voie centrale. “Ce sera moins impactant que les travaux d’un tram, mais dans certains quartiers ce sera difficile pendant cinq à six mois”, reconnaît Michaël Delafosse. Il préfère cette solution qui permettra de désengorger la ville de Montpellier plutôt que “l’inertie qui a régné avant [son] mandat en matière de transports, et qui a conduit aux bouchons actuels”. Montpellier est en effet la 9e ville la plus embouteillée de France.

Ces voies “rapides” pourront être utilisées par les services de secours.

Des bustrams prioritaires et cadencés, non polluants

Circulant sur des voies dédiées ou sur des axes centraux leur permettant d’éviter les embouteillages, les bus à haut niveau de service seront prioritaires : le feu passera immédiatement au vert à leur approche. Selon les lignes, ils seront de 38 à 83 % en site propre. Dans les zones où la circulation est fluide, la circulation sera partagée avec les automobilistes.

105 stations, implantées tous les 500 mètres face-à-face les unes des autres, seront réparties le long des 5 lignes. Adaptées, visibles, elles bénéficieront d’un aménagement spécifique, à l’image des stations de tramway, avec un affichage visuel des horaires. Les stations comme les bustrams seront adaptés aux personnes à mobilité réduite et un signal sonore avertira de l’approche d’un bustram. Certains bustrams seront d’un seul tenant, d’autres, plus longs, seront articulés.

Le réseau de bustram sera totalement décarboné, puisque ces véhicules, électriques (énergie moins chère que l’hydrogène vert), n’émettront aucune particule dans l’environnement. Point important, les bustrams seront silencieux et ne produiront donc pas de nuisances sonores pour les riverains.

Le réseau de bustram proposera 57 km de lignes, dont 35 km aménagés en site propre. 110 000 nouveaux habitants supplémentaires seront desservis, dont 55 000 actifs. Pour cela, 60 bus seront acquis par la Métropole, qui compte bien faire jouer à fond la concurrence entre les équipementiers.

Les bustrams seront en service de 5h00 du matin à minuit, avec un Bustram toutes les dix minutes de 7h à 19h ou 20h, puis toutes les quinze à vingt minutes. “Il faut faire des nocturnes et rendre la fréquence attractive grâce au cadencement des bustrams. Ainsi, le service sera quasi équivalent à celui d’un tramway“, a assuré le président de la Métropole. La stabilité des temps de parcours devrait être assurée.

Un artiste habillera les bus à haut niveau de service de manière emblématique, avec une thématique par ligne.

De nombreux villages et villes de la Métropole desservis

L’enjeu est de desservir 90 % des habitants de la ville-centre avec une offre de bus à haut niveau de service, par exemple les quartiers Cévennes, Hauts de Massane, mais aussi des villes et villages comme Castelnau-le-Lez, Le Crès, Vendargues, Castries, Cournonsec, Cournonterral, Pignan, Lavérune, Grabels.

Les bustrams desserviront aussi de grands sites d’emploi jusqu’ici non desservis, comme la Zac Eurêka, la Pompigane,la zone d’activité du Millénaire, l’ICM, Euromédecine I et II, la Zac des Baumes, Sup Agro…

Dès 2025, 70 % des habitants de la métropole vivront à proximité de stations de bus à haut niveau de service. Des aires de covoiturage seront créées à certains endroits, de même que de petits parkings pour faciliter le drainage d’habitants de petits villages voisins vers le réseau de bustram. Car un tracé droit a été privilégié pour améliorer la rapidité des bustram ; ils ne desservent donc pas de petits villages comme Fabrègues, Saussan, Restinclières, Beaulieu, Saint-Drézéry. Les habitants des villages voisins rejoindront donc ces petits parkings avant de monter dans un bustram.

Côté sécurité

Le procédé Mobileye, déjà déployé sur 30 bus normaux actuels du réseau TaM, fera partie des équipements de série des bustrams. Il a en effet fait ses preuves pour permettre aux conducteurs d’être avertis d’abord par un signal visuel, puis par un signal sonore, quand un piéton ou un cycliste se situe dans l’un de ses angles morts.

Par ailleurs, la police des transports, composée de 42 agents dont 15 en permanence sur le terrain, patrouillera avec les contrôleurs pour assurer la sécurité des passagers et des conducteurs.

Investissement

L’investissement total s’élève à 255 millions d’euros pour l’acquisition du matériel et les travaux de voirie. L’Etat devrait contribuer au projet de bustram à hauteur de 20 millions d’euros au titre du plan de relance, et la Région devrait elle aussi apporter un accompagnement financier.

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Commentaires

  1. Attention un bus ne sera jamais un tram et ce n’est pas une révolution même s’il est électrique et circule en site propre. Il n aura jamais la capacité de transport du tram ni son confort. C’est le transport du pauvre et quand je vois les milliards dépensés en région parisienne pour les RER, tram, métro, etc. Montpellier agglo restera à sa portion congrue .

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