Montpellier : Océane, instagrameuse de "We love Montpellier", une influenceuse qui ne se laisse pas influencer

Hérault Tribune Pro Reportage

Océane embrasse la ville de ses grands yeux et partage tous les bons plans de sorties qu’elle déniche sur "We love Montpellier" qu’elle a créé en 2019 et qui compte 15 000 abonnés. L’influenceuse a accepté de revenir sur son parcours et sa vision très personnelle de son second métier. Optimiste, elle a conservé une simplicité et une spontanéité qui sont sa marque de fabrique.

Photo © Mathieu Weisbuch

Quand et comment votre aventure d’instagrameuse a-t-elle commencé ?

Océane : “J’ai créé We love Montpellier pendant l’été 2019. J’avais décidé de ne pas partir en vacances en me disant que ce serait l’occasion idéale de redécouvrir ma région, qui est l’une des plus touristiques de France. Je me suis mise à faire plein de choses à Montpellier et aux alentours et j’ai pensé que ça pourrait intéresser d’autres personnes d’obtenir des idées de sorties. J’ai lancé le compte ! Rapidement, le plaisir que j’y ai pris a été communicatif et toute une communauté s’est mise à me suivre. Avec cela, l’arrivée des premiers partenariats… Et aujourd’hui nous sommes 15 000 ! Durant le Covid, j’ai beaucoup partagé sur les entreprises qui restaient ouvertes et proposaient de nouveaux services. Les établissements ont été très demandeurs.”

Comment avez-vous géré votre organisation quand votre activité d’instagrameuse est devenue plus importante ?

Océane : “Au début ça allait car j’avais quitté mon travail à temps plein et monté ma propre entreprise de communication. J’ai été rédactrice et community manager à mon compte pendant un an et demi. Je gérais librement mon temps entre mon métier et mon activité d’influenceuse, il était plutôt facile de jongler entre les deux. Depuis septembre, j’ai repris mon travail au sein de l’agence Janvier pour retrouver de la stabilité. Je vais avoir vingt-sept ans, je voulais être plus posée avec mon chéri et pouvoir lancer des projets d’achat (rires). Ayant maintenant un poste à responsabilités à plein-temps, cela me demande beaucoup d’organisation. En plus, je suis bénévole à France Bleu Hérault pour la chronique Food : Côté Saveurs, la découverte de la semaine. J’adore ce rythme ! Je me sens stimulée en permanence. Je fais mes collaborations et travaille sur mes contenus le soir, le week-end ou à la pause déjeuner.”

Comment définissez-vous votre style sur Instagram ?

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Présentation d’un créateur de bijoux © Welove_montpellier

Océane : “Je ne partage que des contenus que j’ai réalisés moi-même. Tout est testé et validé avant de paraître, et toutes les photos sont les miennes. Je me déplace à chaque fois pour aller découvrir l’univers de chacun et échanger. J’ai également une ligne éditoriale à laquelle je n’ai jamais dérogé : uniquement des bonnes adresses à Montpellier et aux alentours. On sait pourquoi on vient sur ce compte, on recherche quelque chose et je crois que bien souvent, on le trouve ! Mon métier m’a probablement aidée à aiguiser mon regard ‘instagrammable’, j’essaie de travailler sur un feed aéré, avec un bon équilibre des couleurs. J’avance à l’instinct et je pense que les gens apprécient ma spontanéité, ils sentent que c’est authentique. Mon compte n’a pas vocation à être publicitaire ou trop professionnel.”

Est-ce une manière de dire que vous limitez votre développement ?

Océane : “Non, je ne me limite pas. J’aimerais m’améliorer sur la partie vidéo, qui est devenue centrale sur les réseaux sociaux, et donc faire évoluer mon compte TikTok en amenant doucement mes abonnés vers la plateforme. Je développe également mon compte Mapstr, qui permet de retrouver toutes mes bonnes adresses sur une carte interactive.”

Quelle est votre relation avec vos abonnés ?

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© Mathieu Weisbuch

Océane : “J’entretiens une relation très simple avec eux. On me contacte parfois pour des conseils personnalisés, pour l’organisation d’un mariage ou d’un anniversaire par exemple, et certains m’envoient eux aussi des recommandations. J’ai un vrai socle montpelliérain. Il y a aussi des abonnés de Paris ou Marseille qui viennent en vacances chez nous. Ils veulent organiser leur séjour, alors ils s’adressent à moi. Il y a une vraie relation de confiance. J’essaie de garder cet élan de simplicité et de proximité.”

Et votre relation avec les entrepreneurs ?

Océane : “Montpellier bouge beaucoup, il y a toujours de nouveaux projets et de nouveaux entrepreneurs à mettre en lumière. Je ne pense pas qu’un jour je serai à court de ressources. J’ai remarqué au fil du temps que le compte sert beaucoup aux particuliers pour avoir des idées de sorties, mais aussi aux professionnels, qui s’en servent d’annuaire pour trouver de potentiels partenaires. J’essaie au maximum de développer des relations sur le long terme avec les personnes avec qui je collabore.”

C’est quoi pour vous être une influenceuse ?

Océane : “Cela me fait bizarre quand on me reçoit et qu’on me dit ‘ah c’est vous l’influenceuse !’. Je réponds, ‘non, moi c’est Océane’ (rires). Parfois, les personnes qui me contactent pensent que nous sommes plusieurs. Je reçois des messages du type : ‘bonjour l’équipe We love Montpellier !’(rires). En tant que créatrice de contenus, il est important de donner des idées en étant honnête. J’assure au maximum la qualité de ce que je propose. Je ne veux pas que les gens soient déçus lorsqu’ils vont à une adresse que je recommande.

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Test dans un restaurant © welove_montpellier

Le métier d’influenceur est difficile à faire valoir. J’ai dû faire de la pédagogie auprès de certaines personnes qui me disaient que j’avais la vie facile. Il est vrai que je suis invitée au restaurant, et que je profite de plein de choses, d’autant plus depuis que j’ai créé la catégorie Week-end qui présente des hébergements dans un rayon de deux heures autour de Montpellier. Mais celui qui en profite le plus c’est mon chéri, parce que lui, il n’a rien à faire ! (rires). Moi, je travaille, je réfléchis aux contenus que je vais créer, je filme, je prends des photos, parfois je monte même sur place et poste en direct. Ensuite je retouche, je rédige beaucoup mes publications aussi. Je ne me plains pas du tout, au contraire, j’adore le faire, cela me stimule énormément. Mais parfois, j’ai envie de profiter en étant juste Océane, sans We love Montpellier, et ça fait du bien. J’ai trois vies : ma vie privée, ma vie professionnelle en agence de communication et ma vie de créatrice de contenus. Je distingue vraiment les trois. Mon entourage m’a toujours encouragée et ça fait du bien. Ils trouvent que je reste moi-même. Je ne joue pas un rôle, je ne me mets pas en scène. J’ai juste envie d’être utile.”

L’activité d’instagrameuse est-elle considérée comme un métier à part entière ?

Océane : “Cela devrait être le cas. Pour le moment je ne monétise pas mon activité sur Instagram. Mais en 2022 je vais demander une rémunération, même si ça n’est pas beaucoup, pour les jeux concours que j’organise. Ils apportent une grande visibilité aux partenaires et cela me demande du travail. Pour le reste je ne suis pas rémunérée, et je n’en ai pas envie à l’heure actuelle. Je souhaite garder mon indépendance. Je comprends ceux qui veulent gagner leur vie comme influenceurs. Mais je crois qu’à partir du moment où l’argent entre en jeu, l’avis est biaisé et l’honnêteté des publications peut être remis en cause. Personnellement je n’ai aucun intérêt à faire cela, car ce qui fait la qualité de We love Montpellier, c’est vraiment la confiance que les gens m’accordent. Si je me mets à diffuser des choses auxquelles je ne crois pas, ou qui baissent en qualité, ma communauté ne me suivra plus. Bien sûr, certains influenceurs savent très bien faire la part des choses et rester honnêtes, mais ils sont rares.”

Est-ce qu’on vous demande d’utiliser votre image personnelle ?

Océane : “Oui cela m’arrive. Je réagis au cas par cas. Certains partenaires le demandent mais cela n’est pas forcément nécessaire, alors j’arrive à les convaincre et cela m’évite de parler face caméra (rires). Mais prochainement je vais avoir une collaboration avec Citroën, et là mon image va être engagée, on me verra.”

Quels contenus avez-vous partagés pour la journée des droits des femmes le 8 mars ?

Océane : “Des contenus sur des femmes que j’aime beaucoup à Montpellier ou des entreprises dirigées par des femmes pour lesquelles j’ai eu un coup de cœur. S’il y a des initiatives lancées par des associations, qu’elles n’hésitent pas à me taguer dans leur story, je repartagerai avec plaisir.”

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© Mathieu Weisbuch
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