Marseillan : Marie-Christine Fabre de Roussac, élue de terrain et engagée dans les missions humanitaires

Hérault Tribune Pro Reportage

En cette journée internationale des droits des femmes, la rédaction a souhaité mettre en avant des femmes au parcours inspiré, inspirant. Rencontre avec Marie-Christine Fabre de Roussac à Marseillan.

Depuis le 29 mars 2015, Marie-Christine Fabre de Roussac est Conseillère départementale du Canton d’Agde, adjointe au maire déléguée au tourisme et à la culture. Elle a une activité de chambres d’hôtes au Domaine de la Bellonette à Marseillan et œuvre activement pour l’association Un goûter pour Mada. Portrait de cette femme aux multiples casquettes.

Quel a été votre parcours?
Je suis Marie-Christine Fabre de Roussac, j’ai bientôt 62 ans, j’ai 2 enfants et mon mari est décédé il y a déjà longtemps. Il était le propriétaire de cette maison familiale qui est dans la famille depuis 1890. Je me suis mariée très jeune puisque j’ai connu mon mari à 19 ans. J’avais passé mon bac et réussi le concours d’entrée à l’école d’infirmières, je voulais être infirmière en bloc opératoire. Comme mon mari travaillait déjà et qu’il avait son cabinet, je me suis retrouvée assistante dentaire à ses côtés pendant plus de vingt ans. Je lui ai servi de ‘petites mains’ et de secrétaire. On a vécu ensemble 24h/24 pendant trente et un ans.

Depuis le 29 mars 2015, vous êtes Conseillère départementale du Canton d’Agde, et adjointe au maire déléguée au tourisme et à la culture. Pouvez-vous nous décrire votre fonction au Département ?
J’ai été élue en 2008 à la mairie de Marseillan, c’est comme ça que Sébastien Frey m’a choisi pour être sa suppléante. Avec Sébastien, nous avons une amitié forte depuis très longtemps, alors j’ai accepté. J’ai accepté sans trop savoir où j’allais mettre les pieds mais cela se passe très bien. J’ai continué dans la mouvance de ce que je faisais à la mairie, je suis surtout au conseil d’administration d’Hérault Tourisme puisque je suivais ce sujet à la mairie depuis 2008. Je suis également à la commission tourisme économie et aussi à la pêche, viticulture, forêt au sein du Département et dans plusieurs petites commissions où le président nous laisse siéger en tant qu’élue. Il nous fait confiance et on lui fait confiance. Même si nous ne nous sommes pas du même bord politique on travaille pour l’intérêt de la population.

Vous êtes également correspondante au nouvel Office de tourisme intercommunal Archipel de Thau Méditerranée ?
Le tourisme, c’est un petit peu mon bébé. Nous avons des vignes, des chambres d’hôtes, depuis pratiquement vingt ans. Le tourisme était vraiment ce qui m’intéressait. Je ne me voyais pas aller au service technique, car je n’y comprenais rien. J’étais présidente de l’Office de tourisme de Marseillan. Cette fusion intercommunale fait de notre OTI la plus grande de France. Depuis le 1er janvier les 4 OT du territoire ont rejoint les 10 villes qui n’en avaient pas.

Avez-vous mis en place ou changé des choses depuis votre arrivée ?
Par exemple au niveau de la culture, on a instauré à Marseillan une ‘carte pass’ pour que les gens viennent plus facilement à la culture, pour essayer de les attirer. Nous faisons payer aux gens cette carte à l’année pour aller au théâtre 22 €. Nous programmons 25 spectacles par an, ce qui fait moins d’un euro le spectacle.
Sur le tourisme ça a été pareil, on essaie de faire un tourisme pérenne qui devienne un tourisme à l’année en essayant de diversifier. Cette année, nous allons accueillir Escale à Marseillan, le pré-escale à Sète pendant trois jours, du 8 au 12 avril. C’est une sorte d’avant-saison pour tous les professionnels. Nous allons mettre en place avec l’hôtellerie un tourisme de qualité et si possible à l’année. Les choses avancent petit à petit, mais il faut du temps.

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Cela fait 16 ans maintenant que vous œuvrez avec Cathy Corbier pour l’association Un goûter pour Mada ?
C’est Cathy Corbier, ma sœur de cœur, qui œuvre depuis 16 ans. Je l’ai rejoint il y a 7 ans car elle m’avait emmenée à Madagascar une année. Je n’avais jamais fait d’humanitaire, mais cela me plaisait bien. Je lui avais demandé pourquoi aller à Madagascar chaque année, elle m’avait dit ‘je te répondrai au retour dans l’avion’. Au retour, je n’ai pas eu besoin de reposer cette question, j’avais compris. Depuis nous partons chaque année. Pour elle comme moi, nos cœurs sont partagés entre ici avec nos familles et là-bas pour notre action. C’est absolument merveilleux et on attend toujours d’y repartir, d’aller voir ceux que l’on appelle ‘nos enfants’, cela fait beaucoup, car nous en avons 1 400. On les voit grandir, on les voit évoluer, on arrive à les suivre jusqu’à la sortie du collège. Au moins ils ont cette opportunité d’aller à l’école et de pouvoir manger grâce à l’association dont Cathy est présidente.

En parallèle, vous accueillez des hôtes et des tournages au Domaine de La Bellonette ?
Cela a commencé bien avant la politique, c’était une des premières chambres d’hôtes qui ait été créée à Marseillan. Je dois être la plus ancienne. C’était amusant, un jour nous avons vu des Suisses arriver, car ils étaient passionnés d’ornithologie et ils avaient suivi un oiseau. Ils m’ont demandé si nous faisions chambre d’hôtes. On les a hébergés puisque nous avions des chambres et tout est parti de là. Et nous avons commencé à avoir ces 4 chambres d’hôtes depuis dix-neuf ans.

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Les tournages ont commencé il y a une vingtaine d’années également. A l’époque j’avais rencontré Marin Rosenstiehl qui s’occupe des tournages pour la région Occitanie. Nous avions accueilli une première série télé Poussière d’aigle. Depuis on a eu des séries comme Demain Nous Appartient ou Candice Renoir. Les gens qui suivent peuvent voir Candice Renoir enfermée ou enlevée dans la cave. Nous avons accueilli également Mélanie Laurent, lors du plus gros tournage tourné ici. Entre la déco et la préparation ils sont restés trois mois. Elle avait tourné ici son second long-métrage Respire. Il y a deux ans François Ozon est venu tourner une scène de son dernier film avec des enfants dans le parc et nous avons également Netflix avec Balle Perdue ou encore Tandem sur France 2. Cette activité se produit une ou deux fois par an.

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Avec toutes ces activités, avez-vous une journée type ?
Il n’y a pas de journée type, ce n’est pas cela un travail d’élue, nous n’allons pas pointer de 8h à 12h et de 14h à 18h. Certaines journées vont être hyper chargées jusqu’au soir quelquefois tard, et le week-end. J’essaye souvent de garder le dimanche pour être en famille ou autre. Mais le samedi très souvent il y a des manifestations, des assemblées générales. Les gens nous sollicitent ou nous envoient une invitation personnelle. Je me dis que si je suis là c’est grâce à eux donc au maximum j’essaye de répondre présente. Mais si tout se déroule en même temps, sur cinq villes différentes du canton, donc c’est compliqué. On essaye de gérer au mieux, c’est vrai que cela m’arrive de faire 70 heures par semaine ou plus pour la mairie ou pour le département. J’aime bien aller là où j’ai organisé quelque chose donc je suis comme on dit une élue de terrain.

Quels sont vos projets, vos ambitions, vos rêves ?
Nous aimerions accueillir ici des congrès, des mariages, des séminaires ou d’autres manifestations de ce type. Ce sont des projets pour mes enfants pour l’avenir. Mon rêve c’est vraiment l’humanitaire, maintenant que j’y ai goûté… J’ai des amis rencontrés sur Facebook, il n’y a pas que des désavantages d’être sur les réseaux sociaux, il y a également de bonnes choses. Par exemple j’ai rencontré un médecin qui œuvre lui aussi à Madagascar. Il va dans les villages de brousse difficiles. C’est tout un groupe de la France entière voire plus, appelé Armada. Ils ont un site Internet et chaque année, réalisent plusieurs voyages à Madagascar et ils réalisent 1 500 interventions en quinze jours. Je les accompagnerai en mai 2023, je vais leur servir de petite main pour leur passer le matériel, pour nettoyer. C’était mon rêve et mon rêve va s’exaucer.

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