Montpellier Stream Show : "faire de Montpellier la capitale du streaming"

Reportage

Plus de 10 000 personnes sont attendues au Montpellier Stream Show, qui se déroulera le samedi 1er octobre et le dimanche 2 octobre au Parc des Expositions de Montpellier.

Ce salon dédié aux jeux vidéo et à la réalité virtuelle sera organisé en 8 espaces thématiques. Le grand hall proposera de nombreuses activités.

Dans la zone verte, la plus impressionnante, les visiteurs pourront s’habiller avec des combinaisons haptiques, jouer en équipe, s’affronter avec un casque de réalité virtuelle. Ainsi, par exemple, lorsqu’ils se tireront virtuellement dessus, ils ressentiront des impacts sur la zone touchée par le biais de la combinaison. Il y aura une trentaine de jeux vidéo indépendants à tester, des jeux produits par des étudiants à tester. Un jeu concours permettra au public de désigner son coup de cœur.

Sur place, les joueurs pourront découvrir un espace pop culture, un espace Web3 mettant en avant les jeux vidéo qui utilisent ces technologies, un espace Univers Gaming avec les marques qui gravitent autour du gaming (Huawei offrira une compétition de jeux sur mobile), un espace où le centre Porsche Montpellier proposera des simulateurs de conduite sur des voitures de Formule 1 professionnelles.

“De 7 à 77 ans et plus, il y aura de quoi satisfaire tous les publics”, assure Beka Gudadzé, co-fondateur de l’événement. Mais attention, on ne pourra pas se procurer de jeux vidéo sur place, uniquement des produits dérivés.

Des expériences immersives

Les organisateurs souhaitent proposer un maximum d’expériences immersives aux visiteurs, et créer de la proximité entre la communauté des streamers et les streamers. L’objectif est également que les différentes communautés se mélangent.

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Questions à Beka Gudadzé

A qui s’adresse votre événement ?

Beka Gudadzé : “Nous nous adressons à la tranche des 15-30 ans est très familière de Twitch, ainsi qu’aux familles, aux néophytes. Concrètement, les parents trouvent très étrange que leurs enfants passent un nombre d’heures phénoménal à regarder des trucs sur leur ordinateur. Il y a beaucoup de métiers qui se créent dans les jeux vidéo, et le profil des gameurs séduit de plus en plus les entreprises. Nous ferons passer ce message.

On sait rarement que pour donner naissance à un seul jeu vidéo, il faut que près 300 métiers différents travaillent ensemble. C’est un travail à plein temps par exemple de concevoir les lumières d’un jeu vidéo. Il y a aussi les textures… Tous ces métiers-là sont méconnus et les parents bloquent dessus par manque de connaissances. Ils préfèrent que leur enfant fasse maths sup ou maths spé plutôt qu’il fasse du design ou du level design.

Le Montpellier Stream Show présentera de nombreuses propositions pédagogiques. Nous avons la chance d’avoir une dizaine d’écoles partenaires dans les jeux vidéo. Cet été, sur France Bleu, dans notre émission Entrez dans le game, nous avons expliqué les termes du gaming à une audience qui n’y est pas familiarisée. Lors de notre événement, il y aura des conférences. Des experts de chaque secteur parleront des gamers et du fait qu’ils représentent des profils intéressants pour les entreprises, deux tables rondes concerneront le Web3 (métaverse, NFT…) et la commission de régulation qui sera lancée à l’Assemblée nationale pour réglementer ce secteur d’activité. Les deux personnes chargées de cette commission seront présentes au Montpellier Stream Show. Lors de notre événement, on déconstruira un jeu vidéo pour expliquer comment il est conçu, quelles sont les phases…”

Comment s’annonce votre programmation ?

Beka Gudadzé : “Nous avons mis deux ans à la mettre au point. L’objectif était de la rendre la plus éclectique et complète possible. De nombreux streamers seront sur place. Certains produisent des talk-shows, d’autres sont des purs gamers, il y a des joueurs de Triple A, d’autres qui préfèrent les jeux indépendants, des streamers qui touchent des jeunes et d’autres un public trentenaire, des TikTokeurs, des Instagrameurs, des streamers de Twitch, des profils variés…

Des streamers tête d’affiche proposeront des shows spéciaux pour cet événement, sur la grande scène centrale. C’est l’attraction principale de l’événement. Et environ 200 influenceurs passeront sur tous les stands pour donner une visibilité nationale à nos partenaires, aux exposants, aux jeux présentés…

Quelle est la genèse de cet événement ?

Beka Gudadzé : “On est une équipe de passionnés de jeux vidéo. L’idée de faire un ‘event gaming’ est née en 2019. La pandémie de Covid est arrivée, bousculant toutes les certitudes concernant l’événementiel, notamment dans le gaming. Auparavant, les événements e-sports étaient souvent pratiqués, c’est-à-dire des événements de jeux compétitifs où des joueurs s’affrontaient pour gagner et décrocher un ‘cash prize’ ; un événement très sérieux qui ne permet pas de toucher le grand public ni les marques. Un business model très complexe à mettre en place. Ce type d’événement est, la plupart du temps, subventionné par des institutionnels.

Pendant le Covid il y a eu un boom énorme du milieu du streaming, chaque streamer a triplé ou quadruplé son nombre de followers. Cette augmentation quantitative s’est doublée d’une évolution des usages. La part du e-sport a tendance à décroître, alors que la catégorie qui augmente le plus sur Twitch est le ‘just chatting‘ (moment où le streamer se connecte et échange avec sa communauté de façon interactive). Il y a aussi des événements comme la ‘pixel war’, la construction d’une œuvre collective par plusieurs internautes.

Nous nous sommes dit que ce qui était en capacité de driver un maximum de public dans un événement c’étaient les streamers, et que des centaines de milliers de personnes qui avaient découvert des streamers pendant le Covid, s’y étaient attachés. Sortis de cette phase de Covid, ils avaient la volonté de les voir en physique”.

De quels soutiens avez-vous bénéficié ?

Beka Gudadzé : “Ce projet a été incubé par Montpellier Business School, qui a été notre premier partenaire financier. L’association Push Start nous a beaucoup accompagnés dans la réalisation de cet événement. Elle structure la filière du jeu vidéo en Occitanie”.

La Ville de Montpellier soutient les Industries Culturelles et Créatives. Est-ce pour cette raison que vous avez choisi d’y localiser votre événement ?

Beka Gudadzé : “Absolument ! L’enjeu, considérable, est de faire de Montpellier la capitale du streaming. Il y a un écosystème très puissant à Montpellier. Nous avons la chance d’accueillir un ZEvent. Même si cet événement est online, il se passe à Montpellier. Il est reconnu au niveau national. Nous y ajoutons un événement physique. L’Occitanie est la deuxième région de France la plus représentée en termes de studios indépendants. Et beaucoup de streamers habitent Montpellier. Nous puisons dans la popularité de ces streamers pour offrir un maximum de visibilité nationale, multicanale, à de petites structures locales indépendantes.”

Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Beka Gudadzé : “Il y a un fort enjeu autour du fait que le jeu vidéo soit apparenté à de la culture, c’est important pour cet écosystème. Concrètement, nous avons un logement de trois ans au Parc des Expositions. Sauf revirement de situation extrême, Montpellier Stream Show aura donc lieu pendant trois ans. L’idée est que nous nous développions aussi bien en France qu’à l’international dans les années à venir. La société de production Hurricane, qui organise le Fise, nous suit dans ce projet”.

Regarder la bande-annonce du Montpellier Stream Show :

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