Pédophilie dans l’Église : l'indemnité prévue fait déjà débat

Créée en janvier 2022 après la publication du rapport Sauvé, un dossier recensant l’ampleur de la pédocriminalité dans l'Église, l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) a annoncé ce mercredi 1er juin le montant des indemnisations pouvant être demandées par les victimes.

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Finalement, les personnes abusées sexuellement par des prêtres pourront obtenir une compensation financière de l’Église qui ne dépassera pas les 60 000 €. Une somme qui fait d’ores et déjà l’objet de nombreuses critiques.

L’heure de la reconnaissance et la réparation

Avant l’annonce du montant de l’indemnité, Marie Derain de Vaucresson, présidente de l’Inirr, a dressé le 1er bilan de l’activité de la structure ad hoc soutenue par l’Église de France. Entre janvier et mai 2022, l’instance a reçu 735 demandes de victimes. De sexe masculin à 69 %, elles sont majoritairement âgées de 55 à 70 ans.

Si chaque cas est traité selon ses spécificités, l’institution repose sur le même fonctionnement. Après avoir été accompagnée par un référent pour qualifier les faits et estimer le préjudice, la victime est présentée à un collège constitué de psychologues, avocats, magistrats, médecins, ainsi qu’un prêtre, tous volontaires. Selon sa demande, cet examen peut mener à une indemnisation financière ou une autre forme de reconnaissance comme un accompagnement de soutien ou une cérémonie symbolique. 

D’après la responsable, moins de 60 % des victimes auraient demandé de l’argent. Cette indemnisation serait avant tout un moyen de manifester la reconnaissance de la responsabilité institutionnelle de l’Église.

Un montant jugé trop bas

À l’annonce du montant de l’indemnité, plusieurs victimes, ainsi que des avocats, ont donné de la voix pour dénoncer la faiblesse du plafond des compensations, fixé à 60 000 €. Certains en ont profité pour pointer du doigt les dossiers traités jusqu’à présent. Sur les plus de 700 demandes de reconnaissance envoyés à l’Inirr, seulement 10 ont conduit à une indemnité, le plus gros versement ayant atteint les 21 000 €.

Face à la critique, Marie Derain de Vaucresson a tenu à justifier la hauteur du plafond, en expliquant que celui-ci était bien supérieur à celui de la justice civile, rappelant que les victimes de viol pouvaient recevoir 25 000 €. La somme choisie par l’institution française serait également plus haute que celles des autres Églises européennes.

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