Portrait d’artiste : Philippe Jacq, un trait d'union entre les civilisations

Son travail est protéiforme. Philippe Jacq revisite les canevas et tapisseries de nos grands-mères…

Son travail est protéiforme. Philippe Jacq revisite les canevas et tapisseries de nos grands-mères en les rebrodant, en les assemblant, en les grattant et en les peignant. Proches de l’art singulier, ses tapisseries, patiemment retravaillées, nécessitent de longues heures de travail. L’artiste est également céramiste. Ses installations, “Jardins” et “Poupées” laissent une forte impression. Son propos général vise à réconcilier les peuples.

> Extrait de l’article publié dans “l’Hérault Juridique & Economique” du 10 juillet, dans lequel Philippe Jacq commente pour l’HJE sept de ses créations récentes, abritées dans son atelier montpelliérain.

Philippe Jacq est né et a vécu une dizaine d’années en Algérie avant de s’installer en France. Dans son enfance, il a été marqué par les violentes chasses au sanglier auxquelles l’emmenait son père, dans les oueds. Depuis, la figure du cerf, sorte de métaphore du père, habite ses œuvres, sur tapisserie ou en céramique. Les animaux sont souvent des transpositions de l’être humain dans ses créations. Ses tapisseries, qui prônent la tolérance culturelle et religieuse, mêlent des canevas occidentaux – représentant des scènes de chasse à courre, des animaux, des couples romantiques, des tableaux célèbres de l’histoire de l’art – avec des représentations orientales parfois religieuses – La Mecque, le harem. L’artiste déjoue les codes et crée de nouvelles relations, entre les civilisations notamment. Sur le plan technique, il récupère de vieux canevas, d’anciennes tapisseries et des morceaux de tissu usagés qu’il assemble entre eux, comme a pu le faire Rauschenberg en son temps. Ses créations, qui revendiquent leur proximité avec l’artisanat, relèvent à la fois d’un travail de mémoire (il redonne vie à des tissus abandonnés) et de prise de distance par rapport aux événements. Ses titres à rallonge incitent à aller au-delà de l’image, à chercher un sens. Habituellement très foisonnantes, les tapisseries de Philippe Jacq deviennent de plus en plus épurées, au fur et à mesure que se développe sa nouvelle série des Drapeaux, à l’image de United Kingdom of Sahara.

Photographié à côté de sa création «Le Chasseur à l’affût du souvenir de Bambi», Philippe Jacq la décrit ainsi: « Dans une mosquée transformée en centre d’art, une sculpture d’artiste armé d’un fusil commence à être engloutie sous les eaux provenant du pont du MOMA. Au loin, le musée Guggenheim, cerné par les flammes, s’embrase. Et tout autour, les animaux de la forêt fuient l’artiste au fusil. Dans cette représentation, je tourne l’art en dérision ».

L’autre pan de ses créations est constitué d’installations en céramique. “Dans mes céramiques plane souvent l’idée de la confrontation avec la mort. J’y évoque pêle-mêle les grandes problématiques géopolitiques, les super héros et les jouets (car j’aime faire référence à l’enfance), la cause animale, le climat de violence générale…”, indique l’artiste.

Virginie MOREAU

© photo : Virginie MOREAU / HJE.

> Pour en savoir plus, consultez le site Internet de l’artiste : www.philippe-jacq.net

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