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Portrait de l’Hérault : Safi N’Diaye, le rugby entre dépassement de soi et inclusion de l’autre

A l'occasion de la soirée de présentation de la flamme olympique de Montpellier, nous avons rencontré l'une des porteuses : Safi N'Diaye, qui n'en a pas tout à fait fini avec l'engagement sportif.

A 35 ans, l’ancienne deuxième ligne et capitaine du MHR et compte 91 sélections en équipe nationale. C’est la 2e joueuse française la plus capée après Laëtitia Salles. Safi N’Diaye est native de Castres, et après des débuts en junior au Castres RF, elle rejoint le MHR en 2011. En 2013, elle est pour la première fois sacrée championne de France avec les bleues. Avec l’équipe, elle remportera le titre six fois, ainsi qu’un tournoi des six nations en 2016. A l’international, ce sont également trois médailles de bronze aux coupes du monde 2022, 2017 et 2014. Si la joueuse a mis un terme à sa carrière en 2022, après une carrière longue de 20 ans, son engagement, sportif et social, n’a jamais cessé

Avoir des exemples, de la visibilité, c’est très important pour l’émancipation”

Depuis 2012, Safi N’Diaye concilie sa carrière sportive avec son métier d’éducatrice à l’Institut Nazareth de Montpellier. Cet établissement ITEP (Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique) de la Fondation de l’Armée du Salut, accueille un public jeune, qui rencontre des difficultés psychologiques et relationnelles. Récemment diplômée en management de club sportifs professionnels, elle travaille depuis un peu plus d’un an comme manageur général du MHR féminin et Ambassadrice du sport de la ville et de la Métropole de Montpellier. Elle intervient régulièrement dans les établissements scolaires pour promouvoir son sport, notamment auprès des jeunes filles. “On travaille pour qu’il y ait de moins en moins de préjugés et cela passe par la visibilité. Plus on verra du rugby féminin à la télé et plus ça sera normal de le pratiquer […] Avoir des exemples, de la visibilité, c’est très important pour l’émancipation. Je veux montrer aux jeunes filles qu’elles ont le droit de rêver, de croire, qu’avec de l’engagement et du soutien elles peuvent arriver à ce qu’elles veulent”, affirme Safi N’Diaye.

“La vraie victoire, ce serait qu’il y ait plus de licenciés dans les clubs”

Lors de la cérémonie de présentation de la flamme olympique de Montpellier, elle est revenue sur cette promotion du rugby féminin, notamment en période de jeux olympiques, et plus spécifiquement à Montpellier, qui veut se donner les moyens de la réussite sportive.

“Les joueuses du MHR féminin que j’accompagne ont la chance d’évoluer dans un stade Sabathé flambant neuf : terrain, vestiaires, infrastructures…  Et la ville de Montpellier est en train de faire davantage de travaux pour qu’on ait un terrain à hauteur du haut niveau qui est joué ici. On a de super conditions de jeu. Tous les clubs qui viennent jouer à Montpellier sont de cet avis et plusieurs sélections ont déjà demandé de venir s’entraîner au stade Sabathé pour préparer les JO ”, explique l’ex-joueuse. Les jeux olympiques, une compétition qui est justement l’occasion d’une mise en lumière de sports moins médiatisés, à l’image du rugby féminin. La vraie victoire, ce serait qu’il y ait plus de licenciés dans les clubs. Plus de jeunes filles, plus de jeunes garçons et j’espère que ces enfants auront envie de prendre une licence quand ils verront tous ces athlètes briller. On sait l’importance de faire partie d’un groupe, de grandir par le sport et de se dépasser. C’est très important et j’espère que les JO seront une belle fête pour cela”.

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