Portrait du sculpteur Francisco Vazquez Diaz par l'Association pour la Mémoire du Camp d’Agde

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Association pour la Mémoire du Camp d’Agde

 

« Ils sont passés par le Camp »

 

Nous poursuivons notre série « Ils sont passés par le camp » avec un portrait du sculpteur Francisco Vazquez Diaz, plus connu sous le nom de  Compostela.

 

Les célèbres pingouins de Compostela 

 

 

Sa vie

Francisco Vazquez Diaz est né le 7 septembre 1898 à Saint-Jacques-de-Compostelle (province de Galice). Il commence très tôt à travailler la sculpture dans différents ateliers de la ville et dans les années 1920, afin de consolider ses connaissances et sa pratique, il part à Madrid. C’est à ce moment là que, pour se différencier d’un artiste connu du nom de Daniel Vazquez Diaz, il prend le pseudonyme de Compostela, en référence à sa ville natale.

Pour l’exposition universelle de Séville en 1929, il est chargé de la décoration du Pavillon de Galice. Puis, en 1930, il obtient  une bourse auprès du Congrès Espagnol, ce qui lui permet de partir étudier la sculpture à Paris durant deux ans.

À son retour, il réalise une série d’expositions à Madrid, Saint-Jacques-de- Compostelle et à La Corogne.

Le coup d’état du 18 juillet 1936 marquant le soulèvement franquiste contre la République espagnole le surprend alors qu’il est à Paris.  Il décide de retourner à Madrid défendre la République et s’engage dans le 5e régiment, célèbre groupe militaire constitué de miliciens volontaires issus du Parti Communiste et des Jeunesses Socialistes Unifiées. Il s’engage parallèlement au Syndicat Professionnel des Beaux -Arts et devient l’artiste le plus actif de la section de sculpture. Il devient très vite le sculpteur officiel du 5e régiment, son travail consistant à réaliser des masques mortuaires des soldats tombés au combat en vue de réaliser plus tard des sculptures de ceux que le gouvernement Républicain  considérait comme des héros.

En 1937 il réalisa le buste du chef militaire Enrique Lister, fondateur du 5ème régiment et originaire comme lui de Galice, afin qu’il soit exposé au Pavillon espagnol de l’exposition universelle de Paris en 1937. Ce même pavillon dans lequel Picasso exposa  « Guernica », véritable cri de douleur et d’horreur qu’il jeta à la face du monde quelques mois après la destruction du village-martyr basque par les avions allemands de la Légion Condor.

Comme de nombreux combattants républicains, Compostela se trouve à la fin de l’année 1938 dans la région de Barcelone, luttant avec l’énergie du désespoir contre l’avancée des troupes franquistes. A la chute de Barcelone, il prend la route de l’exil, passe à pied la frontière à Cerbère et se retrouve dans la foule des 500 000 exilés regroupés au poste frontière du Perthus.  De là il connait l’enfer du Camp d’Argelès où il dort à même le sable dans le froid et le vent glacial. Puis il partira à Saint Cyprien où il tombe malade et est évacué dans un navire hôpital à Marseille où il reste quelques temps. Convalescent, il est envoyé au centre du Lazaret, établissement  hospitalier situé à la Corniche à Sète et se retrouve au camp d’Agde où il reste quelques mois.

Quand on lui offre l’opportunité de partir à l’étranger, il n’hésite pas, et, le 19 décembre 1939, il  s’embarque pour la République Dominicaine. Un an plus tard, il émigre à Puerto Rico où il s’installe définitivement. Il épouse Margot Arce Blanco, hispaniste et célèbre critique littéraire, fonde une famille et se consacre à sa passion pour la sculpture : il continue à produire des œuvres et enseigne cet art à l’Université de Puerto Rico. Il meurt en 1988 dans la petite ville portoricaine de San Juan.

 

 

Son œuvre

Malgré les blessures et les traumatismes que les horreurs vécues à la guerre lui ont laissés et malgré la douleur de l’exil, Compostela a puisé dans sa nouvelle patrie et auprès de sa famille la force et l’inspiration nécessaires à la réalisation de ses œuvres et à la transmission de sa passion :

Ses œuvres sont le reflet de la distanciation avec laquelle il appréhendait la vie et les êtres humains. A cet égard,  ses séries animalières sont le reflet de la condition humaine. La série des pingouins qui reste son œuvre la plus connue et la plus commentée dans les milieux artistiques contemporains,   est teintée d’un humour corrosif mais indulgent  envers ses congénères.

Il est mondialement considéré comme le père de la sculpture portoricaine. En effet, il a été le fondateur de l’atelier de sculpture à l’Université de Puerto Rico et a formé des générations de sculpteurs au travail sur  le marbre et le bois.

En 2011 une exposition anthologique de son œuvre s’est déroulée à l’Université de Puerto Rico et en 2016, cette même université a reçu en donation toutes les archives et les œuvres du sculpteurs : dessins réalisés en Espagne et durant sa période des camps d’internement, dessins préparatoires de la série des pingouins, manuscrits, documents photographiques, œuvres réalisées à Puerto Rico …tout est désormais regroupé, consultable et visible au MHAA (Musée d’Histoire d’Anthropologie et d’Art) de Puerto Rico.

 

 

 

Nous vous donnons rendez-vous le mois prochain avec le peintre Arthur Kéry Escoriguel.

 

 

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