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TOURISME - L'histoire incroyable du Canal du Midi, symbole incontournable de notre beau Languedoc

Le Canal du Midi Classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, le Canal du Midi est un…

Le Canal du Midi 

Classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, le Canal du Midi est un symbole incontournable de notre beau Languedoc.
Construit sous le règne de Louis XIV, par Pierre Paul Riquet, génial concepteur, pour relier l'Atlantique à la Méditerranée, l’ouvrage constitue un fleuron du tourisme local, 350 ans après sa construction.
 

Un défi incroyable 

 

Le creusement de ce canal est une vieille idée. Nombreux et parfois utopiques sont les projets imaginés pour relier par un canal l'océan Atlantique et la mer Méditerranée.

Une raison politique et économique

La construction d'un tel ouvrage est imaginée afin d'éviter aux bateaux de commerce de prendre la mer et de contourner la péninsule Ibérique. À cette époque, le transport maritime comporte de nombreux dangers comme le brigandage, les pirates et corsaires barbaresques.

Entre 1539 et 1617, divers projets en ce sens sont présentés au Roi mais ils sont successivement abandonnés car un problème demeure : l'alimentation en eau du canal.

En 1662, Pierre-Paul Riquet, un percepteur de la gabelle en Languedoc, propose un projet plus convaincant que les précédents.

Lorsque Louis XIV reçoit sa proposition par courrier, il y voit l'opportunité de priver l'Espagne d'une partie de ses ressources, et l'occasion de marquer son règne d'une œuvre impérissable.

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Lettre de P.-P. Riquet à Colbert, en date du 15 novembre 1662, par le secrétaire de Riquet

« Monseigneur,
Je vous escrivis de Perpinian le XXVIII du mois dernier au subject de la ferme des gabelles du Rouissillhon et aujourd’huy je fais mesme chose de ce village, mais sur un subject bien esloigné de cette matière là. C’est sur celle du dessein d’un canal qui pourroit se faire dans cette province du Languedoc pour la communication des deux mers Océane et Méditerranée, vous vous estonnerés Monseigneur que j’entreprenne de vous parler d’une chose qu’apparemment je ne cognois pas et qu’un homme de gabelle se mesle de nivellage…
Mais vous excuserez mon entreprise lors que vous saurés que c’est de l’ordre de monseigneur l’archevesque de Tolose que je vous écris. Il y a quelque temps que ledit seigneur me fit l’honneur de venir en ce lieu, soit à cause que je luy suis voisin et omager ou pour savoir de moi les moyens de fere ce canal, car il avoit ouy dire que j’en avoit faict une estude particulière, je luy dis ce que j’en savois et luy promis de l’aller voir à Castres à mon retour de Perpinian, et de le mener sur les lieux pour lui en fere voir la possibilité.
Je l’ay fait, et ledit seigneur en compagnie de Monsieur l’évesque de Saint-papoul et de plusieurs autres personnes de condition a esté visiter toutes choses qui s’estant trouvées comme je les avois dites, ledit seigneur archevesque m’a chargé d’en dresser une rellation et de vous l’envoyer, elle est icy incluse mais en assez mauvais ordre, car, n’entendant ni grec ni latin et à peyne sachant parler françois, il ne m’est possible que je m’explique sans bégayer ; aussi ce que j’entreprens est par ordre et pour obéyr et non pas de mon mouvement propre.
Touttesfoix Monseigneur s’il vous plaic de vous donner la peine de lire ma rellation vous jugerés qu’il est vray que ce canal est faisable, qu’il est à la vérité difficille à cauze du coust mais que regardant le bien qui doibt en arriver l’on doibt fere peu de concidération de la despence. Le feu roy henry quatriesme ayeul de notre Monarque désira passionnement de fere cet ouvrage, feu Monsieur le Cardinal de Joyeuse avoit commansé d’y fere travailler et feu Monsieur le Cardinal de Richelieu en souhaitoit l’achèvement, l’histoire de France, le recueil des œuvres dudit Cardinal de Joyeuse et plusieurs autres éscrits justiffient cette vérité ; mais jusques à ce jour l’on n’avoit pas pansé aux rivières propres à servir ni sceu trouver de routtes aizées pour ce canal, car celles qu’on s’estoit alors imaginées estoient avec des obstacles insurmontables de rétrogradation de rivières et de machines pour élever les eaux.
Aussi je crois que ces difficultés ont tousjours cauzés le dégoût et recullé l’exécution de l’ouvrage mais aujourd’huy Monseigneur, qu’on trouve de routtes aizées et de rivières quy peuvent estre facillement destournées de leur anciens lits et conduites dans ce nouveau canal par pente naturelle et de leur propre inclination, touttes difficultés cesent, excepté celle de trouver un fond pour servir aux frais du travail.
Vous avez pour cela mille moyens Monseigneur, et je vous en présente encore deux dans un mien memoire cy-joint afin de vous porter plus de considérer que la facilité et l’assurance de cette nouvelle navigation fera que les destroits de Gilbratar cessera d’estre un passage absolument nécessaire, que les revenus du Roy d’Espaigne à Cadix en seroit diminués et que ceux de notre Roy augmanteront d’aultant sur les fermes des entrées et sorties des marchandises en ce royaume, oultre les droicts qui se prendront sur ledit canal qui monteront à des sommes immenses, et que les subjects de sa Majesté en general proffiteront de mille nouveaux commerces et tireront de grands avantages de cette navigation, que sy j’aprans que ce dessein vous doibve plaire je vous l’envoyeré avec le nombre des ecluses qu’il conviendra fere et un calcul exact des toises dudit canal, soit en longueur soit en largeur. »

 

 

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Le génie d'un homme

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Pierre Paul Riquet a eu le génie de pouvoir résoudre le problème principal qui se posait : l'alimentation permanente et totale en eau.
Dans la Montagne Noire, aux environs de Castelnaudary, il a déterminé le point exact de partage des eaux entre les versants atlantique et méditerranéen. Par la suite, il a dévié et capté l'eau des ruisseaux alentours, l'a stockée dans un lac de barrage qui fut créé à cet effet (St-Féréol). Et pour finir, il a transporté ces eaux jusqu'au Seuil de Naurouze, où le partage entre Est et Ouest se fait, alimentant les deux versants du Canal du Midi, l'un vers Toulouse, l'autre vers l'Hérault et Marseillan.

Ce projet est suffisamment abouti pour que Louis XIV autorise le lancement des travaux par un édit royal en octobre 1666 après l'accord de Colbert.

Les travaux sont lancés en deux phases.  La première débute en 1667, elle consiste à relier Toulouse à Trèbes et est estimée à 3 600 000 livres. Mais, les finances de l'État ne sont pas très positives et les États généraux du Languedoc ne sont pas prêts à financer un tel projet. Alors, en échange du droit de propriété et d'exploitation du canal, Pierre-Paul Riquet propose de financer sur ses fonds propres une partie des travaux.

La deuxième entreprise de travaux, entre Trèbes et l’étang de Thau commencera en 1668.

 

 

 

Des ouvrages d'art exceptionnels

Sur le cours héraultais du canal, de nombreux ouvrages d'art se succèdent, qui sont autant de solutions apportées aux obstacles topographiques rencontrés. D'ouest en Est, n'hésitez pas à aller découvrir ces trésors :

 

– Le Tunnel de Malpas : 

Il s'agit du premier tunnel au monde creusé pour un canal, juste aux abords de l'Oppidum d'Ensérune.
 

– Les 9 écluses de Fonsérannes : 

Un véritable escalier d'eau permettant de franchir 21,50m de dénivelé, sur un peu plus de 300m

 

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– l’écluse ronde d’Agde :

Construite en pierre volcanique, cette écluse unique au monde permet de croisement de trois eaux (Canal du Midi, le fleuve Hérault, et le Canalet).

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mais aussi le pont canal de Béziers quand le canal passe au dessus de l'Orb, les ouvrages du Libron avec la déviation d'un cours d'eau par un ingénieux système de vannes ou encore la pointe des Onglous , lieu symbolique où les eaux du canal se mélangent à celles de la lagune de Thau.

 

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Des travaux colossaux 

Les travaux colossaux entrepris dureront quatorze ans et mobiliseront 12 000 ouvriers, dont 700 femmes.

En 1681, le canal arrive à Béziers. Cependant, en octobre 1680, Pierre-Paul Riquet meurt d’une grosse fièvre  durant les travaux. Il ne voit donc pas la fin de son projet. C’est son fils, Jean-Mathias qui terminera le rêve de son père, assisté de l'ingénieur du roi, La Feuille.

Pendant presque deux siècles, jusqu’à la révolution industrielle du XIXe, le canal du Midi va permettre aux marchandises et voyageurs de circuler. Les péniches étaient tirées par des chevaux sur les chemins de halage.

 

Une nouvelle vie avec le développement du tourisme fluvial

350 ans après sa construction, le canal du midi constitue un fleuron du tourisme fluvial : bateaux de location, bateaux-restaurants et bateaux-promenades s’y sont développés à partir des années 1960 sous l'impulsion de Britanniques puis a explosé dans les années 1980.

Plus fréquenté que la Seine, il assure à lui seul un cinquième du tourisme fluvial français, et 80 % des passagers sont étrangers, essentiellement des Allemands, des Suisses et des Britanniques.

On compte environ 10 000 passages de bateaux par an à l'écluse de Fonserannes.

Le canal permet d'employer directement environ 2 000 personnes. Les retombées économiques annuelles dues à l'activité du canal sont d'environ 122 millions d'euros.

 

Site classé au patrimoine mondial de l'humanité 

Depuis 1996, le canal du midi et les écluses sont classés à ce titre. Avec 320 000 visiteurs par an, c'est le 3e site touristique visité en Languedoc-Roussillon, après le pont du Gard 
et la cité de Carcassonne.

 

Le canal du midi, c'est :

– 14 ans de travaux
– 241 km de long, de Toulouse à l'Etang de Thau
– 63 écluses et 350 ouvrages d'art
– 10.000 bateaux par an aux Ecluses de Fonséranes
– 90.000.000 m3 d'eau par an pour alimenter le canal

 

 

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