Université d'été du Medef : « Les ordonnances… une première étape importante »

Pour son Université d’été 2017, dix-neuvième du nom, le mouvement patronal veut prendre Macron au mot. Pour sa dernière prestation en qualité de président, Pierre Gattaz a mis le fond et la forme en action devant un public conquis. Stand up ovations et gros espoirs.

Le climat était à l’image du moral des troupes, les 29 et 30 août derniers, au campus HEC de Jouy-en-Josas, siège historique de l’Université d’été du MEDEF. Caniculaire, orageux, mitigé sans être inquiétant. Les grandes eaux ne sont pas tombées sur la tête des patrons. Un bon présage, alors que pesait sur les 7 500 adhérents le poids d’une annonce gouvernementale imminente. Rétrospectivement, on comprend mieux l’absence de tacle à l’encontre d’Emmanuel Macron et la quiétude apparente des grands pontes du mouvement qui, sans doute échaudés par plusieurs tentatives de réformes jamais abouties, n’ont certes pas souhaité vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Mais quand même…

Le baroud d’honneur de Pierre Gattaz, qui lâchera les rênes en début d’été prochain, sentait plus le bilan que la révolte ou la rancœur, avec cette petite lueur d’espoir qui sied aux prémices de la convalescence. L’économie française n’est pas tirée d’affaire, mais le ciel est à l’éclaircie. On le reniflait au hasard des rencontres, au nombre de rendez-vous d’affaires, aux chemises sans cravate et à l’affluence dans les stands, proportionnelle  à la discrétion relative des politiques.

Les grandes manœuvres sont passées, et les syndicats sont épuisés par de longues luttes anti-réformes. Le MEDEF, lui, entend tirer les marrons du feu et rétablir sa vision de l’entreprise. D’où quelques envolées au lyrisme poignant dans le discours inaugural du président Gattaz, micro, oreillette et profil conquérant, qui rêve d’une France « confiante d’avoir su profiter des grandes mutations technologiques, formidables opportunités de croissance pour notre pays. Qui profite de ces mutations pour ouvrir des marchés et retrouver une croissance de 2 à 3 %. Oui, c’est possible ». « Confiance et croissance » était justement le grand thème de cette édition 2017 visionnaire.

Les ordonnances

La réforme, remède à tous les maux économiques ? A coup sûr elle peut s’avérer un traitement efficace, pour peu que la poso­logie soit respectée, qu’elle soit immédiate, concentrée, correctement ordonnancée. Restait à voir de ses yeux le cachet gouvernemental, après un diagnostic approuvé par le patient MEDEF. Seule ombre au tableau, aucune prescription au niveau des seuils qui régissent les négociations et charges des entreprises,  un frein à l’embauche pour les PME en crise de croissance,  qui préfèrent créer de la filiale plutôt que de franchir la toise  des 50 salariés.

Pour le reste, le principe de confiance adopté  par les patrons lors de l’Université 2017 n’aura souffert d’aucun rétropédalage, faisant réagir le président Gattaz en mode positif : « ces ordonnances sont une première étape importante dans la construction d’un droit au travail en phase avec la réalité des entreprises » a-t-il scandé lors de son intervention post-université. Sans jamais vraiment se départir d’une petite pointe de méfiance à l’égard des « postures politico-politiciennes », message personnel à bon entendeur.

Sinon le monde, ce sont les temps qui changent : on n’avait plus entendu, à Jouy-en-Josas, pareille ovation depuis… Manuel Valls, à l’heure de son incroyable déclaration d’amour aux entreprises, il y a trois ans déjà. Depuis, le patronat était sur la défensive. On parlait certes d’optimisme, mais plus de confiance. Pour son dernier tour de piste à HEC, Pierre Gattaz s’est offert une sortie… présidentielle. Pourtant, à réécouter son discours, rien n’est encore gagné. Mais avec la confiance… Cette confiance « qui ne se donne pas, qui ne se mérite pas, mais se décrète » comme l’a souligné Raphaël Enthoven. La philosophie a rarement tapé aussi juste en si peu de mots.

L’Université 2017 bouclée, place aux annonces, le 31 août, et aux immédiates réactions côté MEDEF, conforté dans ses attentes par l’officielle intervention. « Les ordonnances contiennent des pistes intéressantes, qu’il faut maintenant transformer en réalité pour que les salariés et les entrepreneurs puissent en comprendre les bénéfices et développer leurs entreprises. Nous restons très vigilants, car les détails seront cruciaux pour la bonne mise en œuvre de cette réforme. » Pour le président Gattaz, pas vraiment de surprise, de l’attentisme encore, mais  ce fil de confiance à l’élasticité aléatoire.

La réforme du code du Travail est enclenchée, les patrons sont rassurés, les partenaires sociaux mitigés. Reste à entamer un long processus de pédagogie pour que la montagne législative n’accouche pas d’une souris.

Isabelle AUZIAS pour Réso Hebdo Eco
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