Vécu, Mireval : Mathilde, "après une vie stressante à Paris, je suis devenue agricultrice bio"

Reportage

Mathilde travaillait pour un grand groupe immobilier à Paris. Soumise à un rythme de travail effréné, circulant dans les bouchons, respirant l'air pollué, elle a choisi de se mettre au vert. C'est ainsi qu'elle a décidé de se reconvertir et de devenir agricultrice bio…

Changer de vie pour son enfant

“C’est quand je suis devenue maman que je n’ai plus supporté de vivre à Paris”, commence Mathilde. “Je n’avais pas la force d’infliger à mon nouveau-né, Bastien, l’existence épuisante que je menais, tout comme mon compagnon. Nous rentrions chez nous à des horaires variables, entre 20h00 et 22h00. Cela posait des problèmes pour la garde de notre bébé, mais surtout pour son épanouissement : il ne nous voyait quasiment jamais ! C’était contre-nature”.

Mon compagnon Richard et moi avons commencé à évoquer une installation éventuelle en province. J’ai de la famille dans l’Hérault, donc cela a fait pencher la balance en faveur de cette destination. Mais j’avais aussi envie de changer de métier. Il n’était plus question pour moi de continuer à être agent immobilier. J’arrivais à saturation. De son côté, Richard ne se plaisait pas à son travail. Il était victime de harcèlement de la part de son supérieur hiérarchique”.

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Une reconversion à deux

“Nous avons donc réfléchi à nous reconvertir sur le plan professionnel. Et comme nous avions envie de travailler ensemble, nous avons examiné les possibilités qui s’offraient à nous. Ressentant un réel besoin de nous rapprocher de la nature, et réprouvant les méthodes de l’agroalimentaire, nous avons décidé d’apporter notre pierre à l’édifice de l’écologie en devenant agriculteurs bio. Mais le chemin n’a pas été de tout repos”, se souvient Mathilde.

“Nous avons décidé de contacter tous les agriculteurs bio de l’Hérault pour apprendre notre nouveau métier sur le tas, aux côtés de celui qui serait intéressé par cette expérience et par notre force de travail. Et dans le même temps, nous avons cherché une habitation sur place. Cela n’avait rien d’évident sur le papier. Pourtant, un agriculteur s’est montré intéressé par notre proposition. Il souhaitait prendre sa retraite sous cinq ans, et a vu là l’occasion de transmettre son savoir, voire son entreprise. Nous avons immédiatement saisi cette opportunité, d’autant que c’était un fervent partisan du bio”, explique Mathilde.

Un entourage circonspect

Néanmoins, l’entourage familial et amical du couple ne partage pas son enthousiasme pour son nouveau projet de vie. “Nos parents ont été abasourdis lorsque nous leur avons dit que nous allions devenir agriculteurs et partir vivre dans le Sud. Ils nous ont reproché les années d’études qu’ils avaient financées pour rien et de nous éloigner d’eux. Ils nous ont fait valoir les nombreuses incertitudes liées au métier d’agriculteur. Nos amis n’ont pas fait mieux, à l’exception d’un ou deux… Leur réaction n’a pas été facile à vivre. Nous espérions obtenir plus de soutien de la part de nos proches…

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Vivre à un nouveau rythme

Mais le couple persévère dans sa décision : “Nous avons négocié des ruptures conventionnelles au travail, vendu notre appartement parisien et emménagé dans une maison avec jardin à Mireval, dans l’Hérault, tout près de la ferme. Nous avons passé les années suivantes à apprendre un nouveau métier, avec ses plaisirs et ses contraintes. Nous rapprocher de la nature, vivre au rythme des saisons, tout cela était complètement nouveau pour nous. Tout comme nous coucher totalement fourbus après une journée dans les champs de fruits ou de légumes ! Nous avons énormément gagné en qualité de vie. Le rythme était totalement différent. Il était logique car il suivait les besoins de la ferme. Il n’était pas désincarné”.

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Aucun regret

“Notre fils a passé ses premières années de vie en pleine nature, et nous en sommes très heureux pour lui. Il vit près des animaux de la ferme, voit pousser les fruits et les légumes, comprend d’où viennent les fraises, les asperges, comment est produit le lait… Rien n’est abstrait dans ce qu’il mange car rien ne provient de l’industrie agroalimentaire. Il ne consomme que des produits naturels et bio. Prochainement, il aura une petite sœur qui grandira tout comme lui, dans un lieu respectueux de sa vie, et non dans un enfer pollué et bruyant. Chaque jour, nous nous réjouissons d’avoir pris la décision de changer radicalement de métier et de vie, même si, à l’évidence, nos revenus sont moins importants qu’auparavant” conclut Mathilde.

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