2016, année fructueuse pour le secteur du bricolage

Le secteur du bricolage affiche un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros pour 2016. Une tendance portée par le regain du marché de l’immobilier et l’envie des particuliers de réaliser des projets de bricolage toujours plus importants.

Quand l’immobilier va, le bricolage va… Avec un chiffre d’affaires qui a crû de 1,9 % en 2016 après deux années de croissance plus modérée, les professionnels sont satisfaits. Le 3 mai à Paris, l’Union nationale des industriels du bricolage du jardinage et de l’aménagement du logement (Unibal) et la Fédération des magasins de bricolage et de l’aménagement de la maison (FMB) ont présenté les résultats d’un secteur qui pèse 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il a profité de la bonne tenue du marché de l’immobilier, avec des mises en chantier qui ont progressé de plus de 10 %, et des transactions dans l’ancien qui ont concerné 848 000 biens, deux tendances qui intéressent également le bricolage, qu’il s’agisse d’installer une cuisine dans le premier cas, ou de réaménager l’espace dans le second. Ce secteur bénéficie aussi d’ambitions toujours plus grandes des Français, qui se lancent dans des projets de bricolage plus importants et s’équipent en conséquence.

« Le point spécifique du marché du bricolage, c’est une approche par projet, comme refaire la salle de bains ou la cuisine. Il s’agit de projets transversaux qui vont toucher beaucoup de rayons, et pour des budgets importants », explique Juliette Lauzac, chargée d’études chez Unibal. Le marché du bricolage est très éclaté entre différents segments : le segment plomberie-salle de bains-cuisine, le plus important, ne représente que 15 % du total, suivi du jardin (14 %) et de la peinture-droguerie-colle (12 %). Les autres, comme l’outillage, la quincaillerie ou la décoration, pèsent chacun moins de 10 % du total.

Cette année, « globalement, la croissance est bien répartie sur les différents secteurs. L’outillage et la quincaillerie, qui participent à tous les projets, ont très bien fonctionné », précise Juliette Lauzac. Nouveauté, le segment de l’équipement à la personne connaît une belle croissance : 13 % en plus pour les chaussures de sécurité, par exemple. « Les Français ont envie de bien s’équiper pour bricoler », commente Juliette Lauzac. Dans la même tendance, ajoute-t-elle, « les consommateurs recherchent des produits facilitants » qui leur permettent de réaliser des opérations auparavant réservées aux professionnels, comme un matériau en plomberie qui ne nécessite pas de soudure. La quincaillerie de l’ameublement – comme les poignées de portes (+ 8 %) – a aussi séduit les consommateurs. « Il y a une attention marquée sur le côté esthétique », constate Juliette Lauzac.

Le seul segment en baisse est celui de l’électricité, à cause de la fin des ventes de détecteurs de fumée, qui avaient connu un pic l’an dernier, suite à l’obligation faite aux particuliers d’en équiper leur domicile.

Une année 2017 bien orientée

Le marché du bricolage, plutôt stable et mature, s’appuie sur un réseau composé de distributeurs de nature différente, et qui maille déjà très efficacement le territoire, estiment les professionnels. La GSB – grande distribution spécialisée dans le bricolage – pèse pour 77 % du marché des particuliers du bricolage. Son chiffre d’affaires a crû de 1,6 % l’an dernier ; c’est-à-dire la plus forte progression, à l’exception du e-commerce. Elle comporte une douzaine de réseaux qui proposent divers formats de magasins. La « big box », de style Leroy Merlin, proposant l’offre la plus large qui permet de mener à bien les plus grands projets, et est de loin le format le plus rentable. « Cela reflète l’assortiment, car les grandes enseignes proposent des produits de valeur faciale plus importante, donc les paniers moyens sont plus élevés », décrypte Juliette Lauzac. D’autres formats proposent des offres moins étendues. Deuxième circuit, les négoces, qui servent avant tout les professionnels, pèsent pour 15 % du marché des particuliers. Suivent la quincaillerie (3 %) et la grande distribution (2 %). Quant au e-commerce, s’il ne pèse que 3 % du marché, il affiche un taux de croissance de 25 %. Il s’agit d’un « effet de rattrapage » pour un secteur jusque-là en retard dans ce domaine, commente la chargée d’études.
Pour 2017, les professionnels du bricolage se montrent d’un optimisme mesuré : ils prévoient un taux de progression situé entre 1 et 2 % pour l’ensemble de l’année. Les premiers mois ont connu une tendance positive mais irrégulière, et pour la suite, si le contexte électoral freine les projets, « des basiques restent bien orientés », explique Juliette Lauzac. Ainsi, d’après une étude du groupe Xerfi, les mises en chantier et les ventes dans l’ancien devraient continuer de croître en 2017. Par ailleurs, avec 29 % des logements équipés d’un chauffage insatisfaisant et 13 % qui souffrent de problèmes d’humidité, les carences du parc immobilier représentent une « marge importante de progression pour les années à venir », conclut Juliette Lauzac.

Anne DAUBREE

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