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AGDE - Alexandre LARREY : L’idée d’un Contre Pouvoir Citoyen

Si il existait, pour définir ma liberté, « une bonne réponse »  à la récurrente question…

Si il existait, pour définir ma liberté, « une bonne réponse »  à la récurrente question du clivage : êtes-vous de gauche ou de droite ? Je la reformulerai à chaque fois que l’on me la demande, mais l’idéologie politique étant tellement prégnante en chacun de nous, que celle-ci n’est pas prête de faire l’unanimité.

Pourtant, les différents partis de part et d’autre, qui composent notre paysage politique, sont en faillite. L'élection du Président Macron en a accéléré l'écroulement, mais celui-ci vient de bien plus loin encore, ce n’est plus les politiques qu’il faut changer, c'est l'idée même de parti politique qui est à repenser. La révolte citoyenne qui grondait en sourdine jusque là et qui s’est révélée le 17 novembre 2018, quand plusieurs milliers de Français sont descendus dans la rue pour protester contre la dérive d’un système, nous a fait prendre conscience que nous arrivions à la fin d’un cycle.

Le pouvoir d'orientation et de contrôle démocratique du champ politique, exercé historiquement par les partis et leurs élus en sont considérablement fragilisés. Devant cet affaiblissement du politique, la présence d'un “contre-pouvoir” citoyen est une exigence démocratique encore plus nécessaire aujourd'hui qu’auparavant.

Ce contre-pouvoir qui en fait se fabrique dans la société, depuis des années par bon nombre d’initiatives citoyennes diverses et variées, prend en charge ce que les pouvoirs publics font mal ou ne font pas, voire ne savent ou ne veulent pas faire. Ainsi, des femmes et des hommes, s’engagent quotidiennement pour leurs concitoyens , sans attendre les décisions d'institutions politiques dont, encore une fois, n’attendent  plus grand-chose de nos élus, pour faire grandir cette autre société, plus juste, plus libre, plus fraternelle et surtout plus durable qu'ils souhaitent  pouvoir transmettre à leurs enfants.

Ces actions citoyennes, sont trop souvent fragmentées, dispersées et incapables alors : de peser autant qu'il le faudrait sur les choix de politiques publiques. 

Le monde associatif, dont je fais allusion, doit parvenir à s’unir pour devenir un initiateur et un acteur majeur de cette co-construction citoyenne du bien public commun de demain ; en étant un interlocuteur, voire un partenaire, puissant et exigeant des gouvernances territoriales.

Redonner le pouvoir d’agir aux citoyens

Nous nous devons de ne plus nous contenter de seulement voter et/ou de protester, mais dorénavant, entrer dans une phase de travail et prendre conscience de notre responsabilité civique :

  • Par exemple, se détourner de l’idée qu’une fois son mandat obtenu par scrutin uninominal majoritaire, l’élu acquiert une fonction de délégation et de représentation dont la mission consiste à définir les “besoins” des citoyens, de concevoir et produire les biens et services qu'ils jugent aptes à les satisfaire et de les offrir à leur consommation. Cesser de croire que par son élection, l’édile gagne la légitimité démocratique et qu’elle se traduit par ses choix et ses décisions.
  • Refuser que les citoyens soient limités, à un rôle de simples demandeurs et consommateurs des bienfaits de l'État, et de ce fait, régulièrement insatisfaits et périodiquement révoltés… pour, au contraire, les poser comme acteurs de leur citoyenneté dans un processus continu de co-construction des biens et services publics de la société qu'ils ont en partage. Des citoyens actifs et responsables, ce qui n'exclut nullement, bien au contraire, l'exercice d'une fonction critique.
  •  Reconnaître la force créatrice de l'action autonome des citoyens. Que ce soit par besoin ou par dévouement, ils savent s’organiser collectivement pour veiller les uns aux autres.
  •  Mettre en pleine visibilité les réalisations citoyennes, au niveau local et national ; en montrer la portée pratique, éthique, sociale et politique.
  •  Mettre en débat, à tous les niveaux d'exercice de la responsabilité publique, le sens et la portée des initiatives citoyennes pour nourrir les contenus et les modes de mise en œuvre des politiques publiques.
  •  Offrir des opportunités de rencontre et d'échange entre les porteurs d'initiatives citoyennes afin qu'ils puissent partager leurs compétences pour élaborer et conduire des projets communs. 

Il n’est pas question de vouloir faire disparaitre “l'État” ; en reconnaissant et en développant les initiatives citoyennes, mais de leur assurer la légitimité et la force nécessaire pour qu’elles puissent produire et installer des biens publics. Nous n’ignorons pas le rôle qui est imparti à l’état, non seulement dans l'exercice de ses fonctions régaliennes mais également dans l'élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques.

En revanche, c’est à une toute autre conception de la mission, de l'organisation et du mode d'exercice de la responsabilité publique à laquelle nous appelons.

Se rassembler et se structurer

Pour relever ces défis qu'appelle l'urgence d'une refondation démocratique de très nombreuses et diverses initiatives sont déjà en chemin, mais ils leur restent à communiquer entre elles et à se mettre en réseaux pour faire converger leurs réflexions, leurs projets, leurs actions.

Ce qu'il leur faudrait ainsi faire ensemble ou du moins mener conjointement s'inscrit dans quatre principaux champs d'action :

  1. Identifier, recenser, répertorier la multiplicité des initiatives locales, portées par des citoyens qui ont entrepris de produire ensemble les biens ou services communs qui leur intéressent.
  2. Organiser la communication nationale et locale sur ces initiatives, les enjeux qu'elles prennent en charge, la conception de la place des citoyens dans la production de biens communs et faire porter cette communication directement par les porteurs d'initiatives eux-mêmes.
  3. Accompagner la mise en place de “communautés d'action” locales ou de collectifs locaux de “pouvoir d'agir « pour regrouper au plan local les différents acteurs volontaires à la construction d'une autre société. 
  4. Mettre en place une capacité collective de ces forces citoyennes à mener des actions de lobbying auprès des pouvoirs publics et à construire ici et là les conditions matérielles et formelles d'une co-production équilibrée de politiques publiques.

Mener à bien ces tâches urgentes et essentielles requiert des moyens importants et les politiques locales des municipalités doivent pouvoir y contribuer. Les élections municipales 2020 sont donc une immanquable opportunité pour celles et ceux qui croient aux rassemblements des idées.

C’est pour cela que le mouvement Sentinelle Citoyenne soutien et participe à la co-construction du projet municipal AGDE EN COMMUN.

 Un premier défi difficile…et qu'il serait irresponsable de ne pas relever ! Mais  comme le disait un certain Charles de Montalembert, « Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s’occupe de vous tout de même. »

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