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Agde - Pourquoi je quitte le parti communiste

Il y a quatre ans, mes amis et mes proches s'étonnaient de me voir…

Il y a quatre ans, mes amis et mes proches s’étonnaient de me voir rejoindre le PCF, qu’ils considéraient comme un parti ringard et sans avenir.
Je défendais mon engagement en arguant de la nécessité de se battre contre la montée de l’extrême droite dans notre pays, confirmée par la présence du leader du Front national au second tour de l’élection présidentielle.

Au cours des luttes sociales des derniers mois (le traité constitutionnel européen, le CPE) je n’ai eu qu’à me louer d’appartenir à un grand parti politique, capable de mobiliser des forces humaines et des moyens considérables, en quelques heures.
Le PCF a montré qu’il était une puissance politique incontournable et généreuse, apte à partager son temps d’antenne, ses tracts et sa force militante.
Tous mes camarades me disaient que le centralisme démocratique était mort et enterré et que le parti fonctionnait désormais sur un modèle véritablement démocratique, qu’aucune décision ne pourrait être imposée de la direction, que les refondateurs avaient gagné. J’ai cru en avoir une nouvelle preuve, au dernier congrès, où les doctrinaires Gremetz et Gérin furent sévèrement marginalisés.

D’ailleurs, de nombreuses voix s’élèvent, aujourd’hui, pour réclamer le départ de Marie-George Buffet , du secrétariat national, car elle ne respecte pas les choix du dernier congrès qui se voulait un congrès d’ouverture.

Lorsque l’aventure antilibérale a commencé , je m’y suis jetée, avec enthousiasme. Avec beaucoup d’autres communistes. Car les communistes sont tous des antilibéraux.

Nous, les antilibéraux, sommes parvenus, en quelques mois, à construire une démarche d’alternance politique , à écrire un programme de 125 propositions et à réussir des meetings énormes dans tout le pays (4000 à Montpellier). Il ne nous manquait plus qu’un candidat pour nous représenter à l’élection présidentielle.

Pour éviter que la règle de la majorité, qui favorisait par trop les communistes très nombreux dans le mouvement, ne s’applique au choix de notre candidat, nous avions mi en place un mode original de désignation : le double consensus.

Notre candidat devait faire consensus dans les collectifs unitaires créés dans tout le pays mais aussi auprès des organisations qui composaient l’attelage de la structure antilibérale. Il n’a jamais été question de vote.

La direction du PCF en avait décidé autrement. Elle a provoqué un vote dans les collectifs pour finir par imposer sa candidate, Marie-George Buffet. Fini le double consensus. Une méthode brutale que certains ont qualifiée « d’OPA inamicale » ; Un comble pour un parti anticapitaliste.

Aujourd’hui, le PCF est coupé en deux, ceux qui soutiennent la direction malgré le coup de force qu’elle a imposé aux autres formations antilibérales et ceux qui dénoncent son attitude proprement stalinienne.
Je fais partie de ces derniers et je choisis de quitter le parti communiste français dont les pratiques ne correspondent pas à mes attentes en matière de démocratie.

A Agde, la section du PCF, pilotée par un secrétaire de section tout acquis à la direction nationale , a soutenu, majoritairement, la candidature de Marie-George Buffet, qui n’est plus, aujourd’hui, que la candidate des communistes.

Pourtant, je prédis des lendemains qui déchantent, à la section d’Agde.
Nombre de mes camarades ont voté pour le retrait de Marie-George, ils ne quitteront sans doute pas leur parti qui est comme leur seconde famille mais ils sauront faire entendre une voix critique.
A l’extérieur du parti, les dégâts sont déjà considérables, l’image d’un parti communiste, rajeuni, modernisé, ouvert et démocratique, a volé en éclats.

Avec des conséquences incalculables sur le plan électoral.
Moi, j’ai d’autres combats à mener dans la mouvance antilibérale qui, je l’espère, construira bientôt une véritable force politique, capable de lutter efficacement contre le libéralisme sauvage, ce capitalisme moderne qui génère des souffrances sociales inhumaines.
La responsabilité de la direction du PCF dans l’échec éventuel d’une candidature antilibérale aux élections présidentielles pèsera lourd sur l’existence même de ce parti historique.
Le parti des fusillés (car ils furent des milliers à être fusillés, par les nazis, pour fait de résistance) n’est plus qu’une peau de chagrin. Chagrin des militants qui ne poursuivent qu’un rêve, celui de la justice sociale.
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Ce témoignage personnel a vocation à clarifier ma position politique avant que ne s’engagent d’autres échéances.

Geneviève Confort-Sabathé
Qui est-ce ? – Fiche TrominosCap :
https://www.herault-tribune.com/?p=p04&action=view&Tr_Id=163

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